Actualité web & High tech sur Usine Digitale

Stratumn lève 7 millions d'euros pour pousser sa blockchain au cœur des consortiums industriels

Twitter Facebook Linkedin Google + Email
×

Levée de fonds Stratumn a développé Proof of Process, une technologie qui mixe blockchain et cryptographie pour assurer la sécurité des échanges de données entre entreprises dans le cadre de consortiums. Grâce à ce nouveau tour de table, elle entend industrialiser sa solution d'ici les 24 prochains mois. Parmi ses premiers partenaires : Thales, Bouygues Immobilier ou encore CNP Assurance et le Nasdaq. 

Stratumn lève 7 millions d'euros pour pousser sa blockchain au cœur des consortiums industriels
Stratumn lève 7 millions d'euros pour pousser sa blockchain au cœur des consortiums industriels © Blockchain

Stratumn poursuit son ascension. Après avoir levé 600 000 euros en mars 2016, la start-up qui allie blockchain et cryptographie, vient de finaliser un tour de table de 7 millions d'euros auprès d'investisseurs français et américains (Open CNP, le programme de capital-risque de CNP Assurances, Otium Ventures, le Nasdaq et Digital Currency Group). Il s'agit de "la plus grosse levée de fonds jamais enregistrée dans l’écosystème de la blockchain et de la protection des données en Europe", se félicite la jeune pousse.

 

Assurer la traçabilité, l'authenticité et l'intégrité des données

Fondée fin 2015 à Paris par Richard Caetano, Stéphan Florquin et Sébastien Couture, la jeune entreprise a mis au point une technologie baptisée Proof of Process. "Cette technologie permet de sécuriser les échanges interentreprises dans des contextes où il n'y a pas de confiance installée entre elles", expose Sébastien Couture, le directeur marketing. La solution de Stratumn s'applique donc typiquement dans le cadre d'un consortium. "Prenez l'exemple de la construction d'un bien industriel : une ville commande la construction d'un métro à un fabricant, qui lui-même travaille avec une firme de design, des sous-traitants et d'autres partenaires. Ce sont des process qui s'étalent sur plusieurs années et où l'on observe des problèmes de traçabilité, d'authenticité et d'intégrité des données avec les systèmes actuels", poursuit le directeur marketing.

 

En se connectant aux systèmes d'information des entreprises membres d'un consortium, la technologie de Stratumn promet, elle, un échange de données fiable, authentifiable et traçable en temps réel. "Notre technologie permet de savoir qui a fait quoi, dans quel ordre et à quel moment", assure Sébastien Couture. Le "qui" repose sur la signature électronique, le "quoi" sur la donnée elle-même, "l'ordre des événements" sur le "cryptochaînage des informations". Tous ces éléments sont enregistrés et horodatés dans la blockchain privée que partagent les acteurs du consortium.

 

 

 

De gauche à droite : Sébastien Couture, Richard Caetano et Nicolas Julia

 

Une couche open source et une boîte à outils "business"

L'offre repose sur deux couches. Une première couche technique permet de se connecter au système d'information. Elle est constituée d'une suite d'outils disponibles gratuitement en open source. Le business model de Stratumn repose sur la seconde couche, constituée d'un ensemble d'outils dédiés aux grands groupes. Cette boîte à outils permet d'appréhender les questions de déploiement, de gestion, de gouvernance ou encore de maintenance et de formation. Cette offre "business" est commercialisée par le biais de licences annuelles, dont le prix peut varier selon le nombre d'acteurs dans le réseau, le nombre de transactions et d'heures de maintenance.

 

Pour l'heure, la start-up mène une dizaine de projets auprès de grands groupes comme CNP Assurances, Allianz France, le Nasdaq, Thales, Bureau Veritas ou encore Bouygues. "Pour l'essentiel des projets nous sommes actuellement en train de passer de la preuve de concept (POC) au projet pilote", précise Sébastien Couture. Les fonds levés doivent, quant à eux, permettre à la start-up de passer en phase de production d'ici 12 à 24 mois.

 

Industrialiser la solution et doubler les effectifs

Le tour de table doit aussi permettre à Stratumn de doubler la taille de ses effectifs (15 collaborateurs actuellement) dans les 18 prochains mois, d'attaquer les marchés européen et américain et de poursuivre ses efforts en R&D. "C'est l'agencement des technologies qui nécessite énormément de recherche. L'autre point très important sur la partie recherche concerne la gouvernance. Il y a peu d'expérience sur la gestion décentralisée des consortiums, sans acteur central garant des données. Il y a des questions sur l'organisation des systèmes de vote, l'évolution du réseau, la possibilité de faire entrer ou sortir des participants", détaille Sébastien Couture. Bien partie pour s'imposer comme un acteur incontournable dans l'écosystème de la blockchain, la pépite française devra toutefois suffisamment s'armer pour jouer dans la cour des grands. "Sur le marché des grandes entreprises, notre plus gros concurrent c'est IBM", assure Sébastien Couture.

 

Réagir

* Les commentaires postés sur L’Usine Digitale font l’objet d’une modération par l’équipe éditoriale.

media

Les cookies assurent le bon fonctionnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l'utilisation des cookies.OK

En savoir plus
Suivez-nous Suivre l'Usine Digitale sur twitter Suivre l'Usine Digitale sur facebook Suivre l'Usine Digitale sur Linked In RSS Usine Digitale