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"Sur les données personnelles il y a une vraie culture de la peur", selon Éric Carreel

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Éric Carreel, le président fondateur de Withings, est le pilote du plan objets connectés.

Sur les données personnelles il y a une vraie culture de la peur, selon Éric Carreel
"Sur les données personnelles il y a une vraie culture de la peur", selon Éric Carreel

L'Usine Digitale - L’utilisation des données personnelles par les acteurs du numérique pose-t-elle problème ?

Éric Carreel - Il faut arrêter avec cette façon de voir. Il ne faut pas simplement regarder les problèmes liés à une technologie, mais aussi ce qu’elle apporte. Il y a dix ans, personne n’imaginait communiquer ses codes de Carte bleue pour payer en ligne. Aujourd’hui, nous le faisons presque tous, parce que des entreprises comme PayPal ont mis en place des outils de gestion du risque. Ce n’est pas en se focalisant sur les risques que l’on avance. Le problème des données personnelles est souvent plus psychologique, lié à la peur, qu’un problème réel. Et on le voit, il y a une vraie culture de la peur. Mais le management de la peur est une affaire compliquée.

Martin Winterkorn, le PDG de Volkswagen, a estimé récemment que "la voiture ne doit pas devenir un monstre de données"…

Les informations essentielles sont déjà récoltées via les smartphones. Volkswagen et d’autres acteurs doivent apprendre à utiliser ces données pour inventer la voiture de demain. Il y a là de formidables enjeux de progrès.

Mais les géants d’internet, eux aussi, sont inquiets…

Les géants américains d’internet essayent d’être très responsables vis-à-vis des données. Ce qu’a expliqué Larry Page, le cofondateur de Google, il y a quelques jours, c’est qu’aujourd’hui, il faut publier les données personnelles, bien entendu anonymisées. Et cela peut sauver des vies. Si on regarde l’histoire de l’humanité et des sciences, la connaissance a souvent servi le progrès et les évolutions technologiques sont massivement adoptées. C’est déjà le cas pour les données. Google et Facebook disposent de beaucoup d’informations. La nouveauté, c’est que, avec le numérique, chaque industrie se trouve désormais en contact direct avec les clients et peut améliorer ses services et ses produits.
 

Retrouvez notre dossier "Les 50 objets connectés français"
 

Quelles sont les pistes pour manager cette peur ?

Nous travaillons avec la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil). Chez Withings, le client nous confie des données, mais il a le droit de les supprimer. Pour autant, c’est par l’amélioration du service rendu que l’on peut le mieux gérer les inquiétudes. Et c’est de la responsabilité de tous les acteurs d’avancer sur ce sujet. Les entreprises qui, plutôt que de gérer les risques, prennent du retard sur la question des services rendus, risquent d’être éjectées du marché demain. Mais l’on peut toujours décider de rester dehors… Les risques se gèrent en marchant pas en s’arrêtant au point de départ. L’histoire a montré qu’en écoutant les jugements a priori, on perd des parts de marché.

Est-ce que les États doivent intervenir ?

En France, la Cnil travaille beaucoup sur ce sujet. Mais il ne faut pas penser franco-français. Aujourd’hui, les données traversent de toute façon les frontières. Une loi serait juste un frein pour l’écosystème national, mais pas pour les outils. Les règles doivent être les plus larges possibles, au niveau européen, voire des États-Unis. Il ne faut pas en faire une spécificité française.

Propos recueillis par Aurélie Barbaux

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