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Taxis, VTC et maintenant "Loti" : qui sont ces "capacitaires" mobilisés à Paris ce mercredi ?

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Un convoi de 500 véhicules, conduits par des chauffeurs VTC et capacitaires Loti, a relié la gare Montparnasse et Invalides ce 3 février, avec le soutien d'applis comme Uber et Chauffeur privé. Mais quel est ce statut de "Loti" brusquement entré dans le viseur du gouvernement suite à la mobilisation des taxis ?

Taxis, VTC et maintenant Loti : qui sont ces capacitaires mobilisés à Paris ce mercredi ?
Taxis, VTC et maintenant "Loti" : qui sont ces "capacitaires" mobilisés à Paris ce mercredi ? © Chauffeur privé

Si l'on réduit souvent la crise des taxis à un conflit taxis / VTC, voire G7 contre Uber, la situation est plus compliquée. Un troisième statut a discrètement pris de l'ampleur ces derniers mois dans le paysage de la mobilité. On le surnomme "Loti", en référence à la "Loi d'orientation sur le transport intérieur", un texte datant de 1982. On devrait plutôt parler de capacitaire, ou de "transporteur public routier collectif de personnes avec un véhicule de moins de dix places". On reconnaît ses utilisateurs au macaron volet apposé sur le pare-brise de son véhicule, alors que l'autocollant VTC est vert.

 

"Loti", un système de transport collectif... devenu individuel

Le statut Loti est, à l'origine, dédié au transport collectif de passagers, entre 2 et 9 personnes. Il est particulièrement adapté aux zones rurales, où des chauffeurs (y compris des taxis classiques) peuvent se déclarer "Loti" pour répondre à des appels d'offres lancés par des collectivités locales, et desservir ponctuellement des zones où les transports publics collectifs sont absents. Il est fréquent que des transporteurs privés assurent des missions de service public comme le transport à la demande de personnes handicapées ou la desserte de zones isolées.

 

Or, avec l'essor des plates-formes de mise en relation de chauffeurs et passagers, un nombre croissant de travailleurs indépendants, collaborant avec une ou plusieurs plate-forme, s'est emparé de ce statut Loti. Il est plus souple est moins encadré que le statut de VTC : on y accède après une formation beaucoup plus courte, on peut travailler avec tout type de véhicule, il est même toléré, avec le macaron violet, d'emprunter les couloirs de bus. Résultat : selon les calculs de l'Observatoire taxis VTC, la France compterait 70 000 capacitaires Loti en 2015, dont une partie travaillerait pour des plates-formes de type Uber, Snapcar ou Allocab. Alors que légalement, ces conducteurs ne peuvent pas transporter moins de 2 personnes, ce qui ne représenterait qu'une minorité des courses.

 

Haro sur les loti

Suite à la mobilisation des taxis, Manuel Valls est décidé à mettre fin à ce détournement du statut Loti. Son ministre des transports Alain Vidalies a demandé le 30 janvier à vingt services de mobilité de recenser les capacitaires Loti avec qui ils travaillent, puis de se passer de leurs services. Le nombre de chauffeurs disponibles sur ces plates-formes devrait donc brusquement chuter et les prix grimper, à la satisfaction des taxis.

 

L'association Alternative mobilité transports, créée pour défendre les intérêts de ces capacitaires (et qui appelait à manifester ce 3 février), juge que ce sont 20 000 personnes qui pourraient se retrouver brusquement sans revenu, alors que leur activité était tolérée depuis de longs mois.

 

Un nouveau système d'accès à la profession de VTC

Ceux-ci pourraient néanmoins accéder un peu plus facilement qu'avant au statut de VTC. Finies les 250 heures de formation obligatoires pour devenir VTC comme jusqu'à la fin décembre : un arrêté publié au Journal Officiel ce 3 février, jour de la mobilisation des chauffeurs Loti et VTC, prévoit désormais une formation continue de sept heures et un examen de trois heures et demie. Reste à agréer des centres de formation partout en France et à organiser les premiers examens.

 

L'entrée dans la profession de nouveaux VTC, en stand-by depuis le 1er janvier, est donc toujours bloquée, ce qui accroit la nervosité des futurs chauffeurs et plates-formes de mise en relation.

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