Actualité web & High tech sur Usine Digitale

Telecom Infra Project, le fil open source qu'il manquait à Facebook pour tisser sa propre toile internet ?

|
Twitter Facebook Linkedin Google + Email
×

Analyse A l’occasion du MWC 2016 de Barcelone, Facebook a présenté son initiative Telecom Infra Project (TIP) de partage en open source de ses bonnes pratiques télécoms. Comme avec le projet Open compute project (OCP) pour les datacenters, il invite les industriels du secteur à l’accompagner dans cette démarche. Un moyen efficace d'accélérer le mouvement et, dans un but qu’il dit désintéressé, de tisser sa propre Toile avec le triangle Internet.org, TIP et OCP ?

Telecom Infra Project, le fil open source qu'il manquait à Facebook pour tisser sa propre toile internet ?
Telecom Infra Project, le fil open source qu'il manquait à Facebook pour tisser sa propre toile internet ? © Capture MWC

Facebook a profité du MWC 2016 pour lancer Telecom Infra Project,(TIP) la version télécoms d’Open Compute Project (OCP) avec ce dernier, le Californien partage en open source les travaux de conception et d’optimisation de ses datacenters avec d’autres industriels du secteur : AT&T, Deutsche Telekom, Microsoft, Intel, Lenovo, HP Entreprise, Samsung. Objectif : permettre un déploiement du cloud plus rapide et accessible à de plus petites entreprises. Avec TIP, Facebook a décidé de reproduire le modèle pour les infrastructures de télécoms.

 

Des bonnes pratiques télécoms en open source

L’idée ? Partager les bonnes pratiques qui lui ont permis d’optimiser les télécommunications pour son propre usage avec tous ceux qui le souhaitent, et ainsi favoriser une accélération du développement des infrastructures. Comme avec OCP, il invite une communauté d’industriels à faire de même. Parmi les premiers membres, on trouve Nokia, Intel, ou les opérateurs EE, SK Telecom et Deutsche Telekom.

 

Internet.org, le pilier innovation de rupture

L'initiative Internet.org vient compléter ces deux projets avec cette fois des innovations de rupture spécifiquement conçues pour connecter les zones du globe difficiles à relier à Internet via un réseau classiques. Qu’il s’agisse de technologies, de services ou de business model. Internet.org a évolué en plusieurs projets principaux. Le Connectivity lab qui héberge les ailes solaires et la connexion par laser ; Free Basics, l’offre restreinte à quelques sites Internet Free Basics -que l’Inde a refusée- ou encore Express Wi-Fi, qui propose à des petits entrepreneurs locaux de redistribuer le Wi-Fi des FAI. Contrairement à OCP et TIP, Facebook joue ici davantage l’initiateur et le maitre d’œuvre. Mais il partage l’initiative d’autres comme Ericsson, Nokia ou Samsung et a ouvert une plate-forme éponyme de sa fondation pour les développeurs.

 

 

Un nouvel Internet, en moins ouvert ?

Avec OCP, TIP et Internet.org, le Californien tisse une nouvelle toile destinée à accélérer le déploiement d’Internet sur toute la planète. Mais alors qu'Alphabet (maison mère de Google) a choisi de tester et déployer seul ou avec des partenariats industriels plus classiques, certaines infrastructures comme les ballons de son projet Loon, Facebook, lui, bâtit une communauté autour de lui, qui partage des technologies et services pour les datacenters, le cloud et désormais les télécoms. 

 

Un Facebook à coté de Facebook. Ou, qui sait, un Internet à côté d’Internet ? Semblable à l’original, mais un peu moins ouvert… Comme l’ont craint les indiens qui ont interdit Free Basics sur leur sol pour cause d’atteinte à la neutralité du Net. Un sujet balayé en quelques mots par Mark Zuckerberg, invité du MWC 2016 le 22 février : "C’est le premier projet Internet.org qui a été déployé. Nous sommes présents dans 38 pays et avons 19 millions d’utilisateurs. Le refus de l’Inde est décevant… Certes. Mais nous avons continué à déployer Free Basics ailleurs. Facebook n'est pas du genre à s'arrêter sur sa lancée sous prétexte qu'elle bute sur un rocher." Circulez. Rien à voir...

 

Vraiment désintéressé... ou pas

Ces trois projets de connecter le monde présentés par Facebook comme désintéressés, Internet.org en tête, ne convainquent pas tout le monde. Connecter davantage d’internautes, c’est aussi collecter plus de données, pour développer encore davantage ses services et disposer grâce à cela d’un business de plus en plus lucratif...

 

Une équation que Mark Zuckerberg réfute. Comme il l’a répété au MWC où il a réaffirmé adopter de telles démarches pour le bien des habitants de la Planète. Et a conclu en substance : "Après tout, si certains pensent que ce n’est pas notre objectif, ce n’est pas grave. C’est bel et bien notre objectif. Et nous nous concentrons dessus. C’est l’essentiel." Circulez. Toujours rien à voir. 

Réagir

* Les commentaires postés sur L’Usine Digitale font l’objet d’une modération par l’équipe éditoriale.

media

Les cookies assurent le bon fonctionnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l'utilisation des cookies.OK

En savoir plus
Suivez-nous Suivre l'Usine Digitale sur twitter Suivre l'Usine Digitale sur facebook Suivre l'Usine Digitale sur Linked In RSS Usine Digitale