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Theatreinparis fait parler dans la langue de Shakespeare les pièces de Molière

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Avec la start-up française Theatreinparis, les salles de spectacle parisiennes voient leur public potentiel augmenter. En effet, elle propose de surtitrer les spectacles mais aussi d’accompagner les non francophones qui veulent découvrir la culture locale. La jeune pousse a aussi développé avec Atos des lunettes connectées pour généraliser cette pratique.

Theatreinparis fait parler dans la langue de Shakespeare les pièces de Molière
Theatreinparis fait parler dans la langue de Shakespeare les pièces de Molière © copyright Alexis Pichot - Theatreinparis.com

Panurgisme journalistique aidant, on finirait par identifier numérisation et uberisation, en donnant une définition péjorative du second terme, soit un service low cost assuré grâce à des opérateurs moins protégés. Il n’en est rien. La start-up theatreinparis le prouve : loin d’être un parasite qui viendrait manger la part d’un gâteau existant, cette jeune société créée en février 2014 vise plutôt à stimuler un secteur traditionnel en lui apportant de nouveaux clients.

 

Dans le rôle du secteur traditionnel : le théâtre. Dans celui des nouveaux clients apportés : les touristes étrangers de passage à Paris, soit un potentiel de plus de 20 millions de personnes quand la capitale ne compte que deux millions d’habitants stricto sensu. Dans le rôle de la bonne idée : le surtitrage des spectacles, mais pas seulement. "Nous avons réalisé un travail de design de services pour imaginer de quoi avait besoin le client international, qu’il soit expatrié durablement ou de passage, pour aller dans un théâtre", explique Carl de Poncins, un des fondateurs de l’entreprise, ex-ingénieur passé par l’industrie automobile et les matériaux innovants.

 

Adapter l'expérience client pour les touristes

Qu’importe que les spectacles soient surtitrés, si l’étranger en goguette l’ignore. D’où l’idée de développer aussi une billetterie en ligne en langue anglaise ou de distribuer un programme dans la même langue en en adaptant le contenu. Par exemple, on explique qui est l’acteur vedette, star des planches parisiennes inconnu au-delà du Havre, et le contexte culturel de la pièce. Et sur place, l’accueil des touristes est assuré par un employé parlant l’anglais.

 

C’est donc toute l’expérience  de l’utilisateur que la start-up prend en charge. "Nous avons voulu développer une logique partenariale avec les théâtres en leur apportant à la fois de nouveaux clients mais aussi des services qui jusque-là n’existaient et que certaines scènes n’auraient pas les moyens de développer individuellement ", poursuit Carl de Poncins. Toujours dans cette idée, la société propose des spectacles dans d’autres villes françaises sous marque blanche.

 

neuf théâtres parisiens partenaires

Comme toute start-up qui se respecte, theaterinparis a son storytelling. Soit l’histoire d’un colocataire australien du fondateur, las de fréquenter des australiens dans les bars australiens de la capitale. "Il voulait découvrir la culture locale et n’y arrivait pas", se souvient Carl de Poncins.

 

Aujourd’hui, theatreinparis compte 18 salariés. Parti avec trois théâtres partenaires en 2014, elle en revendique neuf fin 2015. En septembre 2016, la salle Gaveau proposera les services de theatreinparis pour la comédie musicale Oliver Twist. Ainsi, après avoir levé 100 000 euros, la start-up prépare une nouvelle levée de fonds d’environ un million courant 2016.

 

L’entreprise ne manque pas de projets. Ayant participé au voyage d’études à New York, organisé par l’ambassade de France, elle ne s’interdit pas de voir comment elle pourrait développer son savoir-faire outre-Atlantique, avec d’autres perspectives commerciales. Car nombreux sont les touristes qui parlent ce qu’il faut savoir pour faire des affaires, ce qui représente un niveau insuffisant pour suivre une pièce de théâtre. Discret, le jeune dirigeant n’en dira pas plus, tout en ne cachant pas un certain enthousiasme pour les contacts qu’il a noués à l’occasion de ce déplacement.

 

passer à la réalité augmentée avec ATos

Mais le sous-titre doit-il nécessairement être en anglais ? Dans un théâtre où ils apparaissent sur un écran au-dessus de la scène, nécessité fait loi. Pour dépasser cette limite physique et attirer de nouveaux spectateurs  en transit (à commencer par la clientèle asiatique), theatreinparis travaille depuis un an avec Atos. Les deux entreprises ont ainsi développé des lunettes connectées sur lesquelles il est possible d’ "envoyer" des surtitres en plusieurs langues.

 

Ainsi, à l'été 2015, lors du dernier festival d’Avignon, pour la création du Roi Lear mis en scène par Olivier Py dans la cour d’honneur du palais des Papes, les spectateurs ont pu choisir entre des surtitres en anglais, en mandarin ou même en français. "C’est de la réalité augmentée, précise Carl de Poncins, les surtitres sont proposées en surimpression en quelque sorte". Pour la première fois, cette technologie (les lunettes) a été utilisée par un théatre parisien : le Comedia pour la comédie musicale consacrée à Mistinguett. Est-ce l'effet de ce spectale ? Toujours est-il que l'entreprise affirme que décembre 2015 est le plus gros mois de sa jeune histoire avec cinq spectacles proposés. 
 

A suivre en 2016 ....

 

Pour voir comment fonctionne le surtitrage sur le spectacle Mistinguett cliquez ici

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