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Tout ce qu'une start-up française doit savoir pour réussir son implantation à New York

| mis à jour le 15 mars 2016 à 10H45
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Entretien Patricia Carreras, serial entrepreneuse et présidente du Comité start-up au sein des conseillers du commerce extérieur de la France, est l'auteur du guide pratique “Lancer sa startup aux États-Unis” (édition Eyrolles). Ténacité, optimisme, de bonnes études de marché et... un très bon niveau d'anglais sont indispensables pour réussir son implantation outre-Atlantique, à New-York de préférence.

Tout ce qu'une start-up française doit savoir pour réussir son implantation à New York
Tout ce qu'une start-up française doit savoir pour réussir son implantation à New York

L'Usine digitale : Dans votre livre, vous consacrez tout un chapitre aux différences culturelles entre la France et les États-Unis : quels sont les pièges à éviter lorsqu’on souhaite créer une entreprise sur le sol américain ?  

Patricia Carreras : Il ne faut surtout pas penser que parce que nous portons les mêmes jeans et écoutons la même musique, nous sommes pareils. Dans la manière de communiquer, dans le rapport à l’argent ou dans la prise de risque, nous sommes très différents. Un exemple : lorsqu’un Américain vous dit que votre produit est formidable, il exprime son intérêt mais cela ne veut pas dire qu’il va investir ou acheter. Les Américains ont le compliment facile, ils sont beaucoup plus affables que les Français. Il faut apprendre le langage américain.

 

Certaines startups françaises cartonnent aux États-Unis - Criteo (dont le fondateur, Jean-Baptiste Rudelle, signe la préface de votre livre), Dashlane ou encore Netatmo. Comment sont perçus les entrepreneurs français ?

La perception qu’ont les Américains de nos compatriotes s’est nettement améliorée. Le système éducatif français est désormais bien reconnu et notre réputation est excellente dans les secteurs de la R&D et de l’ingénierie plus largement. En revanche, les Français sont toujours considérés comme peu fiables, notamment au niveau du service client. Le marché américain est gigantesque et les entrepreneurs peuvent être surpris par la taille des commandes mais il ne faut pas mentir : si les délais ne seront pas respectés, il faut le dire. Le langage de l’honnêteté est très important ici.  

 

Faut-il s'intaller à New York ou à San Francisco ?

New York ! Pour le décalage horaire plus favorable - six heures au lieu de neuf. Pour les avantages fiscaux mis en place par l’ancien maire Michael Bloomberg. Pour l’écosystème français, très riche et très efficace. Et en termes de recrutement et de financement, New York n’a rien à envier à San Francisco.

 

Les sommes investies par les capitals-risqueurs et les business angels américains sont faramineuses comparées à ce qu’on observe en France : comment les entrepreneurs français peuvent-ils en bénéficier ?

En étant très persévérant. En contactant 100, 200, 1000 capital-risqueurs ou business angels. Ici, les relations sont beaucoup plus directes - les réponses aussi - et il ne faut pas avoir peur de contacter des personnes qui ne sont pas dans votre réseau. Les Américains sont toujours à l'affût de nouvelles idées donc vos propositions seront lues, mais il faut faire l’effort de relancer une ou deux fois. Ne pas le faire serait perçu comme un manque d’enthousiasme.

 

Quel est le meilleur conseil que vous ayez reçu au cours de votre carrière d’entrepreneuses et quel est le meilleur conseil que vous donneriez aux entrepreneurs français intéressés par les États-Unis ?

Je venais de perdre un gros client et j’étais abattue, quand un ami américain m’a dit : recommence, il y a des milliers d’autres clients potentiels ! Son optimisme m’a redonné du courage et il avait raison. Il ne faut pas avoir peur de l’échec car les opportunités à saisir sont partout.

 

Mon conseil aux jeunes entrepreneurs ? Soyez précis dans votre approche, faites de solides études de marché avant de vous lancer - c’est ce qu’ont en commun les start-up qui ont réussi aux États-Unis. Et parlez anglais ! Si vous n’êtes pas capable de vous exprimer en anglais en face à face avec vos clients ou vos financiers, ce n’est même pas la peine d’essayer. Et n’imaginez pas envoyer un VIE (volontariat international en entreprise), c’est vous, le fondateur, qu’on veut voir.

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