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Une prothèse de main qui cherche un coup de pouce, le pari open source d'InMoov

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Cinquième et dernier épisode de notre série consacrée à l'open source avec une histoire d’innovation. Mais c’est surtout le récit d’une série de rencontres autour d’un objectif commun, celui d'InMoov qui a conçu une prothèse de main fonctionnelle à moindre coût avant de la transformer en robot. 

Une prothèse de main qui cherche un coup de pouce, le pari open source d'InMoov
Une prothèse de main qui cherche un coup de pouce, le pari open source d'InMoov © InMoov

Tout commence avec un raté. Un sculpteur designer, Gaël Langevin, devait réaliser une sculpture de main pour une publicité d’un constructeur automobile français. Et la commande tombe à l’eau. "J’avais alors cette main modélisée mais pas fonctionnelle, se rappelle Gaël Langevin. Comme je ne pouvais pas abandonner un tel projet, j’ai donc cherché le moyen de la motoriser."

Ayant l’habitude de travailler sur ce genre de projets pour ses clients, le designer s’équipe d’une carte Arduino, un circuit imprimé en matériel libre, et de petits moteurs. Il bidouille alors pendant des jours jusqu’à donner vie à la main. Continuant son travail, tel un docteur Frankenstein des temps modernes, il ajoute un bras, une épaule, un torse, une tête… jusqu’à avoir le robot complet et un projet d’envergure, appelé InMoov.

La collaboration des "makers"

Gaël Langevin partage ses efforts sur Internet et reçoit en retour des améliorations de la communauté de fabricants. "Concernant le business model, je suis toujours en recherche, reconnaît-il. J’ai plusieurs pistes comme faire des tutoriaux payants ou vendre le robot en pièces détachées." Il a également été approché par un industriel singapourien spécialisé dans la robotique, qui actuellement lui acheter les robots pour sa ligne de production. Ces humanoïdes auraient alors pour tâche de collecter des pièces produites par des ouvriers et les apporter au prochain poste de production. "Mais je ne suis pas complétement à l’aise avec l’idée, car je souhaite rester dans la logique libre", explique-t-il.  La question du business model reste donc pour l’instant en suspens.

Mais ce qui le préoccupe encore et toujours, c’est cette main. Il faut dire qu’elle a le potentiel de changer la vie de centaines de personnes. Cette main motorisée coûte entre 1 000 et 1 500 euros à la production, soit 10 à 20 fois moins cher que les prothèses articulées actuellement en vente. Par exemple, la BeBionic3, une référence en la matière, est commercialisée à au moins 25 000 dollars. La facture peut ensuite encore s’alourdir de plusieurs milliers de dollar pour obtenir les fonctions en option.

C’est d’ailleurs cette promesse d’une prothèse efficace et abordable qui a attiré l’attention de Nicolas Huchet. Victime d'un grave accident du travail qui l'a privé de sa main droite, il se lance dans l’aventure et créer le site BioNico Hand. "Outre le fait de devenir acteur de mon propre handicap, mon objectif est de démocratiser l’accès à ce genre de prothèses", témoigne Nicolas Huchet. En attendant de trouver un modèle économique viable, un autre homme se jette dans la bataille : Axel Dubois, PDG de SLS France, société de conception et de fabrication assistée par ordinateur de prothèses dentaires, notamment grâce à l’impression 3D. Cet industriel tente d’apporter à Nicolas Huchet ses compétences en gestion pour trouver le meilleur modèle économique.

"My human kit", un label pour démocratiser les prothèses 3D

Au-delà de la prothèse, Axel Dubois et Nicolas Huchet travaillent ensemble pour créer un nouveau label afin d’encourager les industriels à travailler en partie en open source afin d’offrir des produits de santé haut de gamme à un prix abordable. "Le label 'My human kit' pourrait valoriser les entreprises  qui mènent cette démarche de démocratisation, résume Axel Dubois. De plus, rien n’empêchent celles qui y participent de mettre 80% de leur travail en open source et de conserver, avec les 20% restant, leur savoir-faire. Cela leur permettra d’autant plus de se concentrer sur leur cœur de métier et donc d’être compétitive !"

L’open source, Axel Dubois y croit donc. Et il y voit plus qu’une simple démarche humaniste. Il y devine un projet industriel. Dans ce cadre, il participe à un projet de plate-forme libre entre entreprises volontaires, en communauté réduite. Plusieurs PMI s’accorderaient ainsi à partager certaines connaissances hardware et software entre elles, créant ainsi un microcosme d’échanges encadrés et protégés. Une façon de sauter le pas, en limitant le risque de copies à travers le monde !

Morgane Remy

Arduino, la locomotive de l’open hardware

20 euros. C’est le prix de la carte "Uno" d’Arduino, qui intègre un microcontrôleur aisément programmable. Pas étonnant alors que 1,5 million de cartes officielles soient déjà en circulation. "Et je ne serais pas étonné, s’il y avait autant de contrefaçons chinoises", s’amuse Massimo Banzi, un des cinq co-fondateurs d’Arduino.

Peu importe les copies, ce n’est que le prix à payer pour offrir la transparence autour la conception du produit et recevoir en échange l’aide et la connaissance de centaines de milliers de contributeurs. "Le forum d’entraide comprend en effet entre 200 000 et 400 000 utilisateurs actifs, s’aidant les uns les autres, se réjouit Massimo Banzi. Certains d’entre eux ont même créé leur entreprise à partir de prototype créé grâce à Arduino." Déjà des centaines de projets sont partagés sur le forum de la marque, y compris en français.

 

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