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Virgin, Surcouf, PhoneHouse... le numérique ne fait-il que détruire des emplois ?

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On est d’accord, le dépôt de bilan de de Virgin Mega Store n’est pas tant du à la concurrence déloyale d’Amazon qu’à l’incapacité des repreneurs de négocier le virage de la révolution numérique en cours. N’empêche, cette faillite risque d'envoyer un millier de salariés à Pôle Emploi... 

Virgin, Surcouf, PhoneHouse... le numérique ne fait-il que détruire des emplois ?
Virgin, Surcouf, PhoneHouse... le numérique ne fait-il que détruire des emplois ? © syntec numérique

Pendant ce temps, 626 offres d'emploi attendent preneurs sur digitalents.fr la plate-forme emploi du pôle de compétitivité Cap Digital (et 270 sur Monster.fr rubrique internet et e-commerce).

Certes, ce ne sont pas les mêmes profils et le compte n'y est pas. Mais personne n'est en mesure aujourd'hui de calculer le solde des emplois créés et détruits dans le numérique. L'observatoire du numérique a pourtant défini les indicateurs nécessaires, mais attend toujours les moyens pour fonctionner (http://www.usinenouvelle.com/article/vite-ranimez-l-observatoire-du-numerique.N186246). On sait seulement que Syntec numérique avance 35000 recrutements pour 2013 (on parlait de 40000 en 2012) et lance sa première campagne de sensibilisation des jeunes de 15 à 18 ans aux métiers du numérique, « Les S’Nums ». Mais l'ingénierie est connue pour ses forts taux d'attrition.

De plus récent, nous n'avons que le rapport de janvier 2012 de l'IGF (inspection générale des finances), avec des chiffres forcément pas de la plus grande fraicheur. En regardant le verre à moitié plein, il pourrait donner des signaux d'espoir. Il note par exemple que la France continue à présenter un retard important en nombre d'informaticiens (1,4% seulement de l'emploi total en 2008, contre 1,6% pour Allemagne et 2,4% en Suède). Et leur nombre n'a cru que de 36% entre 2000 et 2008 (contre 54% en Allemagne, mais 15% au Royaume uni et 17% en Suède). On peut donc mieux faire... mais à condition de former vite les compétences nécessaires. Or le nombre de diplômés pour des compétences liées au numérique (16% des diplômés en 2009) est resté désespérément stable entre 2001 et 2009 !

L'AVENIR TOUJOURS DANS LES SERVICES ?

Pour se rassurer, on peut se dire que nous ne sommes pas les seuls. Dans un des secteurs du numérique où la France investit pour rattraper son retard sur les Américains, le cloud, c'est le monde entier qui semble manquer de compétences. Selon le cabinet IDC, en 2012, 1 million de postes seraient restés vacants. Et la pénurie de compétence s'accentue. Une opportunité ?

Pour autant, il faut bien garder en mémoire que le cœur de l'économie numérique en France comme ailleurs (80% en moyenne dans les pays de l'OCDE) est dominé par les services, selon l'étude de l'IGF. Certes, mais si pour eux le hardware ne représente que 23% de la valeur ajoutée du secteur et le soft 77%, où est le service ? Dans le soft ? On comprend mieux pourquoi les auteurs du rapport n'arrivent pas à évaluer les emplois de ce secteur. Mais cela ne serait pas que de leur faute. Selon eux : « le processus de « destruction créatrice » d'emploi lié à la diffusion de la technologie numérique rend difficile la comptabilisation de l'impact net de l'économie numérique sur l'emploi (direct et indirect) ». C'est un peu vrai.

908 000 emplois, seulement ?

Du coup, on saura juste que d'après le chiffrage de l'IGF, le cœur de l'économie numérique représente 3,7% des emplois en France, avec 908000 personnes (331 700 dans les infrastructures, 380 300 dans les applications et services, 136 400 dans les télécoms et 59 400 dans l'économie du net) selon les chiffres 2009 compilés par l'iNSEE et la DGDDI. Le chiffe global serait stable entre 2000 et 2010... mais probablement faux. Car, pour les emplois du Net, les auteurs ont tenté de comptabiliser les emplois des startup (CityVox, Meetic, Calyos, Daylimotion...). Mais ont-ils compté les 1600 emplois chez vente-privee.com et les centaines d'emplois (qui montent à des milliers en période de pointe), dans les quatre centres logistiques d'Amazon en France ?

En fait, il est surement vain de vouloir tenir un compte journalier des emplois gagnés et perdus avec le numérique, car nous sommes en pleine transformation, avec des rythmes très rapides d'évolution des business models. En revanche une chose est sûre, il faut vite adapter les formations (initiales mais aussi, et peut-être surtout, professionnelles) aux besoins, sur un mode « lean start-up » ... Avec la capacité de s'adapter en permanence.. 

Aurélie Barbaux

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3 commentaires

polo75

11/01/2013 20h24 - polo75

"626 offres d'emploi attendent preneurs sur digitalents.fr" => Et après ? Il y a 150 000 offres d'emploi par an dans l'informatique rien que sur le site de l'APEC mais... 5 fois moins de recrutements et 43 fois moins de créations d'emplois, oui j'ai bien dis 43 fois moins (chiffres 2011) !!! La plupart des offres d'emploi dans l'informatique sont des "offres bidons" qui ne correspondent pas un besoin immédiat.

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kris

11/01/2013 09h06 - kris

"626 offres d'emploi attendent preneurs sur digitalents.fr" Oui et alors... ? Il y a 150 000 offres d'emploi par an dans l'informatique rien que sur le site de l'APEC mais... 5 fois moins de recrutements et 43 fois moins de créations d'emploi, oui j'ai bien dis 43 fois moins !!! En effet, en 2011 selon l'APEC : sur 43 offres d’emploi pour cadres informaticiens, 1 seule correspondait à une création nette de poste !!! cf. munci.org/Informatique-des-offres-d-emplois-bidons-au-mirage-des-emplois-non-pourvus?page=article

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polo75

10/01/2013 16h32 - polo75

"On sait seulement que Syntec numérique avance 35000 recrutements pour 2013 (on parlait de 40000 en 2012)" => Pour combien de créations nettes ? En moyenne, c'est 7 fois moins que le nombre de recrutements... Ainsi, en 2012, le secteur devrait créer moins de 4000 emplois, en 2013 on risque d'en perdre... "Il note par exemple que la France continue à présenter un retard important en nombre d'informaticiens" => Tout est lié à la demande, cela n'a aucun sens de comparer ces données d'un pays à un autre. En attendant, le chômage des informaticiens augmente sensiblement en France, alors "le retard" mon oeil... "Selon le cabinet IDC, en 2012, 1 million de postes seraient restés vacants. Et la pénurie de compétence s'accentue. Une opportunité ?" => Non, un délire absolu provenant d'analystes totalement déconnectés des réalités du monde du travail... Dommage d'ailleurs que les journalistes n'aient pas un minimum d'esprit critique par rapport à ce genre de démesure totalement irrationnelle !

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