Actualité web & High tech sur Usine Digitale

WiFi et téléphonie mobile plombent le bilan carbone du web

Twitter Facebook Linkedin Google + Email
×

Les "data centers" ne sont plus les seuls responsables des émissions de CO2 d’Internet. Les réseaux sans fil pourraient bientôt devenir la principale source de consommation énergétique de la toile.

WiFi et téléphonie mobile plombent le bilan carbone du web
Al Gore, ancien vice-président des Etats-Unis, à la conférence © Daniel Gaines

Quel est le bilan carbone de la consultation d’un email ? Difficile de le savoir. Une des sources d’émissions importantes du web sont les data centers, ces entrepôts de serveurs qui traitent et stockent les bits d’information. "2% des émissions mondiales de gaz à effet de serre proviennent des centres de données", a affirmé Al Gore, l’ancien vice-président des Etats-Unis, invité d’honneur de la conférence "How green is the Internet ?", le 6 juin dernier, au siège de Google, à Mountain View (Californie). "Et ils gaspillent 90% de leur énergie. Il faut changer cela."

Les leaders de l’Internet ont déjà accompli des progrès dans ce domaine. "L’efficacité des centres de données de Google varie entre 30 et 80% et nous utilisons 33% d’énergies renouvelables", précise Urs Hoelzle, vice-président senior de l’infrastructure technique du géant du web. Le groupe s’est engagé à utiliser 100% d’énergies vertes à terme, tout comme Facebook et Apple. "Mais ce n’est pas le cas d’Amazon ou de plus petites entreprises, le problème est encore loin d’être résolu", regrette David Pomerantz, responsable chez Greenpeace.

Les équipements finaux sont les plus gros consommateurs

Beaucoup d’experts estiment toutefois que le cœur du problème est ailleurs. "Les data center représentent 10 à 20% de la consommation énergétique du web mais pour le reste, nous manquons de données", explique Urs Hoelzle. Les trois principales sources de consommation électrique seraient les équipements finaux (PC, portables, tablettes, smartphones, télévision connectée), les centres de données et les serveurs locaux, et les réseaux d’accès, selon Jonathan Koomey de l’université de Stanford. Les équipements personnels ont une consommation faible mais leur nombre est en pleine explosion. "La grande majorité de la consommation d'énergie se situe aux extrémités du réseau, dans les bureaux et les résidences, plutôt que dans les centres de données", souligne Steven Lanzisera du Laboratoire National Lawrence Berkeley.


Eric Schmidt, Président du conseil d'administration de Google, à la conférence "How green is the Internet?" le 6 juin 2013

Des réseaux sans fil moins efficaces que les fibres

D’autres s’inquiètent du recours croissant au WiFi et à la 4G. Ces réseaux d’accès sans fil ont une efficacité inférieure à celles des fibres optiques et un bilan carbone souvent mauvais. "Nous avons estimé que le ‘cloud sans fil’ allait augmenter sa consommation énergétique de 460% entre 2012 et 2015, indique Kerry Hinton de l’université de Melbourne. Cela correspond à une augmentation de 6 à 30 mégatonnes de CO2, soit l'équivalent de 4,9 million de voitures supplémentaires".

Pour Jonathan Koomey cependant "la consommation énergétique d’Internet est probablement inférieure à 10% de la consommation totale" et la préoccupation sociale est exagérée. Un point de vue tempéré par Steven Lanzisera : "Cela reste élevé et nous devrions faire des efforts pour la réduire ou limiter sa croissance, tout en continuant d’améliorer la performance".

Sabine Casalonga, à Mountain View

media

Les cookies assurent le bon fonctionnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l'utilisation des cookies.OK

En savoir plus
Suivez-nous Suivre l'Usine Digitale sur twitter Suivre l'Usine Digitale sur facebook Suivre l'Usine Digitale sur Linked In RSS Usine Digitale