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2015, une année d'accélération pour la French Tech

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Nouvelles labellisations de métropoles, créations de "hubs" à étranger, investissements symboliques de géants du numérique en France : la French Tech a marqué des points en 2015. Mais l'année a prouvé qu'un bad buzz imprévu peut balayer en quelques heures des mois d'efforts…

2015, une année d'accélération pour la French Tech
2015, une année d'accélération pour la French Tech © Normandy French Tech

2015 fut l'an 2 de la French Tech, une initiative gouvernementale lancée fin 2013 visant à mettre l'écosystème français de start-up en ordre de marche. Le label a continué à grandir en France et s'est internationalisé. Retour sur douze mois d'actions.

 

Les métropoles au complet

 

Après une première vague de labellisations fin 2013, huit nouveaux territoires ont rejoint l'écosystème French Tech en juin : quatre métropoles - Brest+ (Brest, Morlaix, Lannion et Quimper), Côte d'Azur (Nice, Sophia Antipolis, Cannes et Grasse), Lor'N'Tech (Metz, Nancy, Thionville, Epinal) et Normandie  (Rouen, Caen, Le Havre) -  et quatre "écosystèmes thématiques" (l'Alsace pour lamedtech, Avignon pour la culture, Saint-Etienne pour le design et  Angers pour l'IoT). Comme prévu, l'Etat a investi dans trois accélérateurs, en commençant par Axeleo à Lyon puis L'Usine I/O à Paris. 48 start-up en hyper-croissance ont été accompagnées dans le cadre du dispositif "Pass French Tech". Les premiers bâtiments totems ont été inaugurés en régions, comme au Havre ou à Grenoble.

 

Cap sur l'international

 

Une fois le réseau national formé, le label s'est concentré sur l'attractivité à l'international. Des "French Tech Hubs" ont été créés dans des écosystèmes phares ou émergents comme New-York, Boston et Tel Aviv. Un appel à candidatures a été lancé pour faire venir des créateurs de start-up étrangers à Paris. 1 372 postulants ont répondu à l'appel. Emmanuel Macron et Axelle Lemaire sont partis à l'étranger pour promouvoir la French Tech, au CES de Las Vegas en janvier, à New York en juin, à Tel Aviv en septembre, mais aussi à Abidjan. Un sommet franco-allemand du numérique a pour la première fois été organisé.

 

Des investissements et levées de fonds symboliques

 

Les efforts de communication de la France pour améliorer son image à l'étranger commencent-ils à payer ? Plusieurs géants du numérique ont en tout cas annoncé des investissements en France, modestes mais symboliques : Facebook a ouvert un labo dédié à la réalité virtuelle à Paris, Samsung un centre de R&D également. Intel, Salesforce, Bosch ont annoncé des investissements plus importants dans l'hexagone.

 

Cisco et Microsoft également indirectement financé l'écosystème français du numérique à hauteur de 200 et 70 millions d'euros… non sans arrières pensées.

 

Les pépites tricolores, de leur côté, ont multiplié les levées de fonds, parfois importantes, comme Blablacar et ses 177 millions d'euros, Sigfox et ses 100 millions, Scality et ses 45 millions, Vestiaire collective et ses 33 millions, Prêt d'union et ses 31 millions, Aledia et ses 28 millions, Qwant, Actility et le groupe Gorgé et leurs 25 millions… Parrot a aussi réalisé une augmentation de capital de 300 millions d'euros.

 

Les investisseurs étrangers semblent moins frileux à investir en France. Quelques-uns des grands VC américains avaient été invités à Versailles pour une opération séduction à l'automne. Cela commencerait-il à payer ?

 

Quelques faits nuancent ce constat : le report de l'entrée en Bourse de Deezer en fin d'année et les difficultés de Showroomprivé prouvent qu'il n'est pas si facile que ça de se financer.. Et quelques bad buzz retentissants, comme la guerre des taxis contre les VTC (avec le tweet  de Courtney Love) ou l'affaire de la chemise du DRH d'Air France, peuvent détruire en quelques heures des mois de travail sur la communication.

 

Néanmoins, même de grands médias étrangers, plutôt adeptes du French Bashing, ont changé de ton. Le New-York Times, qui publiait en mars 2014 un pamplet sur la fuite des talents français à l'étranger (titré "Au revoir, entrepreneurs", en français dans le texte) salue désormais "un territoire fertile pour les start-up" (malgré un chômage élevé, tempère-t-il). The Economist, qui a dans le passé élevé le French bashing au rang d'art (avec des unes choc en 2012 et 2014), a consacré un dossier à la renaissance de Paris, muée en "start-up city".  Même le patron de Cisco explique à ses compatriotes que la France est un modèle de transformation numérique !

 

Les grands groupes s'y mettent, bientôt les ETI ?

 

Dans ce mouvement de structuration de l'écosystème français du numérique, les grands groupes commencent à trouver leur place. L'investissement de la SNCF dans Ouicar, de Legrand dans Netatmo, de Saint-Gobain dans Qivivo… prouvent que les choses bougent. Bpifrance a créé un "hub" pour rapprocher start-up et grands groupes et 30 entreprises du Cac 40 ont intégré une "alliance pour l'innovation ouverte". La grande distribution commence aussi à se rendre compte qu'elle doit laisser plus de place aux projets innovants. Huit enseignes ont signé une charte pour mieux valoriser les objets connectés de la French Tech dans leurs rayons.

 

C'est donc la mobilisation générale pour faire émerger de nouvelles "licornes" françaises. En 2016, la French Tech devrait poursuivre sur sa lancée. Une charte devrait être signée pour mieux intégrer les ETI à la dynamique, de nouveaux French Tech Hubs seront annoncés fin janvier et les premiers entrepreneurs bénéficant d'un French Tech Ticket seront accueillis à Paris. L'année sera aussi marquée par l'ouverture de la Halle Freyssinet, plus grand incubateur du monde, qui sera la tête de réseau nationale de la French Tech.

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