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Airbnb 1er hôtelier mondial, Blablacar vaut un cinquième de SNCF... combien pèse l’économie du partage

| mis à jour le 19 décembre 2014 à 18H15
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Trajets avec Blablacar, chambres avec Airbnb, outillages avec Le bon coin, voitures avec Drivy. Les nouveaux acteurs de l’économie du partage envahissent progressivement différents domaines de la consommation. Mais quel est le poids économique de ces  nouveaux acteurs par rapport à ceux déjà en place. Selon les calculs du cabinet OC&C, Blablacar pèse désormais un cinquième de SNCF grandes lignes.

Airbnb 1er hôtelier mondial, Blablacar vaut un cinquième de SNCF... combien pèse l’économie du partage
Airbnb 1er hôtelier mondial, Blablacar vaut un cinquième de SNCF... combien pèse l’économie du partage © BlaBlaCar, le leader européen du covoiturage, compte 6 millions de membres et 115 salariés.

Airbnb qui proposait 650 000 chambres à la location en juillet 2014 dans le monde est aujourd’hui monté à 800 000. En début d’année son patron, Brian Chesky se moquait des acteurs traditionnels en 140 caractères,  en tweetant : "Marriott veut proposer 30 000 chambres de plus cette année. Nous les ajouterons en deux semaines". Normal lui n’a ni à les construire, ni à les amortir, ses chambres existent déjà chez les particuliers. La lame de fond est lancée. Mais au-delà du constat d’une lame de fond, combien pèse cette économie face à celle des acteurs traditionnels ? C’est l’intéressante question à laquelle a tenté de répondre le cabinet de conseil en stratégie OC&C.  

Le chiffre d’affaires des nouveaux acteurs, la partie émergée d’un iceberg

Pour identifier la valeur produite, on ne peut se contenter de comparer les chiffres d’affaires des nouveaux acteurs à ceux de leurs concurrents existants. Ainsi les 40 millions d’euros de Blablacar pèsent bien peu face aux 6,8 milliards du chiffre d’affaires de la SNCF sur ses lignes longues distances. Mais en réalité ces 40 millions ne sont que la part émergée d’un énorme iceberg. OC&C fait le calcul suivant, quand Blablacar perçoit 1 euro (sa commission de 10%), en réalité 10 euros ont été échangés entre les particuliers. Comme ce tarif est en moyenne 60% inférieur au même trajet en train, sa valorisation serait de 30 euros sur l’offre traditionnelle. Résultat : 1 euro de Blablacar, c’est en réalité 30 euros de SNCF.

Poursuivant cet amusant calcul, on peut projeter la valeur de Blablacar en équivalent économie traditionnelle, en multipliant son chiffre d’affaires par un facteur 30. Ses 40 millions d’euros de chiffre d’affaires seraient ainsi valorisés à 1,2 milliard. C’est-à-dire un peu plus d’un cinquième du poids de la SNCF Grandes lignes. Est-ce à dire que c’est la part de marché qu’a pris Blablacar sur la SNCF ? "Ce n’est pas si simple, explique Jean-Michel Cagin, auteur de l’étude, car le nouvel acteur ne fait pas que prendre des parts de marché, il crée aussi avec son tarif attractif des opportunités de voyage qui n’existeraient pas sans lui. Il fait  grossir le gâteau." Ainsi un jeune étudiant à Lille, limougeaud d’origine, ne reviendrait pas aussi souvent dans sa famille s’il devait payer le tarif du train.

Airbnb, 1er groupe hôtelier du monde en chambres proposées

Pour Airbnb, le facteur par rapport aux acteurs traditionnels de l’hôtellerie n’est que de 10. Parce que les locations d’Airbnb sont plus haut de gamme, en général en centre ville, dans des métropoles ou dans des lieux de villégiatures attractifs, alors qu’il existe déjà une offre low cost dans l’hôtellerie professionnelle. Et si l’on veut comparer Airbnb avec les grands acteurs de l’hôtellerie, un autre facteur entre en ligne de compte : le taux d’occupation. De l’ordre de 70% chez les professionnels contre 10% pour les particuliers.

Si en termes de nombre de chambres proposées, Airbnb serait le 1er acteur mondial de l’hôtellerie, devant  IHG (Intercontinental hotels group), ramené au nombre de nuitées effectivement réservées, il chute loin derrière le leader et les ténors du secteur comme Hilton, Marriott, Accor... 

Le phénomène a en tous cas de quoi interpeller tout les acteurs traditionnels. Selon Jean-Michel Cagin, il y a les entreprises qui "ne savent pas qu’elles ne savent pas", celles "qui savent mais ne savent pas comment appréhender le sujet" et "celles qui savent et qui réagissent". Dans cette dernière catégorie, il range la SNCF qui vient, par exemple, de lancer avec ID vroom, une offre de partage pour le dernier kilomètre entre la gare et la maison.

Anne-Sophie Bellaiche

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1 commentaire

Pierre

20/12/2014 13h49 - Pierre

La SNCF ne réagit pas ou mal sur son coeur de métier qui est le transport ferroviaire. Face au car et au co-voiturage d'un usage simplissime, elle multiplie la complexification de l'accès au train. En copiant bêtement l'avion, elle a fait perdre au train sa liberté d'accès. En fait pour un jeune avec une carte Jeune, le train est très compétitif avec le co-voiturage. Mais le jeune doit avancer 50 € avant tout voyage pour en profiter. Avec Blablacar, c'est un tarif et basta. La SNCF est à côté de la plaque et très gravement. Un exemple hier soir, jour de grand départ : trois trains de nuit de Paris à Briancon. Aucun ne dessert Melun (agglo de 100 000 habitants), ni Dijon (où le premier passait vers 22 h). Si on habite Dijon, le plus simple n'est vraiment pas le train.

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