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Au DLD, la France fait les yeux doux aux investisseurs israéliens

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Visité cette année par Bruno Le Maire et Mounir Mahjoubi, le festival DLD de Tel-Aviv est l’occasion pour les start-up et les grands groupes français de nouer des partenariats avec l’écosystème israélien. Une entente de plus en plus solide et pleine de promesses.

Au DLD, la France fait les yeux doux aux investisseurs israéliens
Au DLD, la France fait les yeux doux aux investisseurs israéliens © Anthony Lesme

Malgré une chaleur de plomb, à quelques centaines de mètres de la plage, la délégation française s’agite en nombre dans les travées de la grand-messe annuelle de l’innovation israélienne DLD. Environ 200 Français et une quarantaine de start-up ont fait le déplacement. Si les années précédentes, les “frenchies” étaient davantage en recherche de technologie, ils veulent désormais attirer les investissement israéliens en France.

 

Dans un restaurant privatisé pour l’évènement par le stand Orange, Bruno Le Maire, le nouveau ministre de l’économie, regrette qu’ils soient encore si peu nombreux : “160 millions d'euros par an, ça fait pas grand chose. Moi je souhaite qu'on arrive à doubler ces investissements l'année prochaine. Je pense qu'on a des secteurs entiers en particulier dans les nouvelles technologies dans lesquels il peut y avoir une collaboration beaucoup plus étroite entre nos deux pays. Donc il faut se fixer des objectifs, doubler les investissements... et puis d'un autre côté faire en sorte que les entreprises françaises puissent s'implanter davantage en Israël.” Une manière de rappeler que la France est le cinquième partenaire européen d’Israël, bien après l’Allemagne et la Grande-Bretagne.

Cependant des grands groupes sont en train de prendre le train en marche, c’est le cas de Renault-Nissan qui va ouvrir d’ici février un centre de recherche de plus de 1000m2 avec des bureaux et un laboratoire d’innovation où seront testés des prototypes. On croise aussi des représentants de Criteo, Engie, Valeo et Carrefour qui prospectent le marché, attirés notamment par le savoir faire israélien dans les big data, la cybersécurité, la greentech ou la foodtech.

 

marseille en force au dld

Le poumon de l’innovation fonctionne quand les start-ups respirent et là encore l’Etat veut renforcer son action. Mounir Mahjoubi rappelle que la France et Israël ont “déjà développé des fonds d’investissement commun, la question aujourd’hui est de savoir pourquoi on investit, comment on accélère ces dispositifs”. En attendant, les délégations régionales oeuvrent comme de véritables chevilles ouvrières de ces collaborations. Très présente cette année, avec un stand très fourni, on retrouve la délégation de la métropole marseillaise déjà jumelée avec la ville de Haïfa. Daniel Sperling, adjoint à la mairie de Marseille chargé de l’innovation veut créer “un pont entre les deux rives de la Méditerranée”. “Notre ville est le terminal de 13 câbles sous-marins haut-débit qui peuvent faire de Marseille une prochaine Silicon-Valley avec la construction de Data centers. Les Israéliens sont très intéressés par nos projets et notamment notre ouverture sur l’Afrique.”

L’autre objectif est bien sûr d’encourager les start-up et Marseille en a emmené 15 dont Agrivolta qui propose un système original d'ombrières connectées permettant de réguler l'apport du soleil sur les cultures pour augmenter les rendements agricoles. “On cible des pays comme Israël qui ont un fort taux hydrique, des problèmes de sécheresse et qui pourraient être intéressés par notre technologie”, explique la co-fondatrice Julie Davico-Pahin. D’autres start-ups comme Alergasoil sont déjà à un stade plus avancé. “Après un an de négociations, notre société est en train de finaliser un accord de concession de licence avec un groupe israélien présent en Afrique du sud”, nous révèle Eric Elkaim, le PDG de l’entreprise. Sa société présente dans 59 pays a mis au point une technologie permettant de mesurer la consommation réelle d’hydrocarbures grâce à des capteurs intelligents.

 

compétition des écosystèmes

Dans cette foire des temps modernes, on trouve aussi des observateurs. Venu par “curiosité”, Fabrice Cavaretta, chercheur à l’ESSEC business school se dit “intéressé” par cette “nouvelle compétition des écosystèmes. “Tout le monde est assez excité par l’écosystème israélien et tout le monde joue le jeu du ‘nous aussi, on a un écosystème super cool’, cette bataille des écosystèmes est un phénomène de plus en plus important”. Ces cinq dernières années, il a remarqué un “élan de panique” chez les grands groupes français qui se “précipitent aujourd’hui en Israël pour capter cette innovation alors que Tel-Aviv est une place confirmée d’innovation depuis plus de vingt ans”.

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