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Auto-disruption : Goldman Sachs ne veut plus être une banque (et 35000 personnes bossent là-dessus)

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Cas d'école Martin Chavez, Chief Information Officer (CIO) de Goldman Sachs, était de passage à Paris le 7 mars. L’occasion de revenir sur quelques initiatives emblématiques de la stratégie ultra-offensive de la banque pour devenir un pilier du secteur financier de demain.

Auto-disruption : Goldman Sachs ne veut plus être une banque (et 35000 personnes bossent là-dessus)
Auto-disruption : Goldman Sachs ne veut plus être une banque (et 35000 personnes bossent là-dessus)

Il a le sourire et la plaisanterie faciles. Et cette décontraction qui, malgré son costume, rappelle son passé de start-upper, comme une parenthèse au milieu de sa carrière au sein de Goldman Sachs. Car, avant de rejoindre à nouveau les rangs de l’établissement américain en 2005, Martin Chavez a cofondé Kiodex, une entreprise tech spécialisée dans la gestion des risques.

 

Aujourd’hui, ce quinqua natif d’Albuquerque, la capitale du Nouveau-Mexique, est à la tête de la plus grande division de Goldman Sachs, ce qu'il se plaît à souligner. Celle des ingénieurs et data scientists, qui représentent un tiers des 35 000 salariés de l’institution financière. "Pas loin des 50% de Google", plaisante-t-il, dans les locaux parisiens de Goldman Sachs, où il a fait un saut le 7 mars.

 

Le futur Google de la finance ?

Le chiffre en dit long sur l’ambition de la banque américaine. Prenant Google et Amazon pour modèles, Goldman Sachs a lancé une offensive contre les start-up de la fintech qui ambitionnent de faire de l’ombre aux géants de Wall Street. Exit le terme même de banque. Goldman Sachs, par la voix même de son PDG Lloyd Blankfein, est désormais une "entreprise de technologie".

 

En guise de preuve, la banque a annoncé à l’été 2015 que certaines de ses plates-formes – comme celles d’analyses de données de marché et de gestion des risques, selon le Wall Street Journal – seront désormais disponibles en open source. Un coup porté à la culture du secret qui a toujours été celle de l’institution financière. "Nous sommes sortis de la logique selon laquelle nos outils doivent rester secrets", assure Martin Chavez.

 

"C’est comme si Google avait interdit l’accès à son moteur de recherche aux internautes. Cela aurait obligé les utilisateurs à contacter Google, lui communiquer l’objet de leur recherche et attendre que l’entreprise veuille bien leur faire parvenir le résultat, s’amuse-t-il. Notre objectif, c’est de permettre à nos clients de faire ce que nous faisions jusqu’alors pour eux."

 

Disrupter le secteur

Mais Goldman Sachs ne compte pas en rester là. Avec le système de messagerie secrète Symphony, dont elle soutient largement le développement, la banque teste une solution qui lui permettrait de se disrupter et de disrupter son propre secteur. Avec, en ligne de mire, Bloomberg. Et un argument pour convaincre : le prix. "Le coût pour un utilisateur de Symphony, représente 1% de celui des terminaux Bloomberg", indique, convaincu, Martin Chavez. Alors que les clients du leader actuel déboursent en moyenne 21 000 dollars pour accéder à ses terminaux, selon le Financial Times, la messagerie soutenue par Goldman Sachs devrait être accessible pour la modique somme de 15 dollars par mois, soit 180 dollars par an.

 

Si Symphony venait à s’imposer, Goldman Sachs triompherait là où Thomson Reuters s’est cassé les dents, comme l’indique le FT. Grâce à cet outil, l’institution financière ferait également un pas de plus vers sa transformation en "réseau de distribution", comme le résume Les Echos, et plus seulement un distributeur de "solutions financières via le réseau". "Un modèle parfait dans l’environnement réglementaire actuel des banques, qui les pousse à la désintermédiation quasi complète", note le quotidien français.

 

Une blockchain conçue par les banques

Autre enjeu dans la stratégie digitale de Goldman Sachs, se positionner rapidement sur la blockchain, le système qui sous-tend le bitcoin. Non sans raison. "Autant la juste valeur de la monnaie bitcoin est difficile à estimer, autant la blockchain constitue une innovation importante dont le système financier a besoin", juge Martin Chavez.

 

Mais le modèle actuel souffre de limites, selon le CIO, dont notamment un manque de gouvernance. Dans un tel contexte, Goldman Sachs et une quarantaine d’autres établissements financiers travaillent depuis l’année dernière, au sein du consortium R3, à la création d’un système alternatif. Martin Chavez et ses confréres ambitionnent de "mettre en place un anneau d’intermédiaires certifiés" pour régler les difficultés que rencontre la blockchain du bitcoin. Cet anneau serait fort utile pour s’attaquer à deux types de crédits aux Etats-Unis : le repo (en français, pension livrée ou refinancement d'actifs financiers négociables) et les prêts commerciaux. De quoi transformer un peu plus encore le secteur bancaire. Mais depuis New York, pas San Francisco.

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