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Avec The Refiners, 12 start-ups françaises partent à la conquête de l'Amérique

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"Il n'y pas qu'en Californie qu'on peut innover mais c'est ici qu'on trouve le meilleur terreau", assure Géraldine Le Meur, une des trois fondatrices de The Refiners. Ce programme d'accélération est comme une sorte d'engrais pour les douze start-ups sélectionnées pour cette deuxième session. Reportage avec la deuxième promotion logée dans les locaux de Paris Soma, à mi-parcours de leur trimestre. 

Avec The Refiners, 12 start-ups françaises partent à la conquête de l'Amérique
Avec The Refiners, 12 start-ups françaises partent à la conquête de l'Amérique © Christophe Bys DR

Elles partirent 400 et arrivèrent 12. C’est le nombre de dossiers de start-ups retenus par la deuxième session de The Refiners, un programme d’accélération créé en septembre 2016. A l’origine du projet, on trouve trois Français : Géraldine Le Meur, Carlos Diaz et Pierre Gaubil. Ils offrent aux start-ups sélectionnées une formation de trois mois au marché des Etats-Unis pour des entreprises "non natives", comme on dirait ici. La raison ? C’est le marché tout simplement, puisque  "52 % des co-fondateurs d’entreprises de la tech ne sont pas nés aux Etats-Unis", indique Carlos Diaz.

 

Acculturation pour tous

Le programme de formation comporte trois volets principaux : acculturation au monde anglo-saxon, le réseau et la connaissance du monde des investisseurs locaux. Les trois fondateurs assurent avoir un réseau de 250 personnes clés pour venir aider les jeunes pousses nées pour la plupart en France pour le moment. Cette formation est en quelque sorte gratuite, The Refiners prenant une participation au capital comprise entre 50 000 et 100 000 euros, soit entre 3 et 7 % du capital en contrepartie. "Nous cherchons des start-up early stage avec un projet global", résume Géraldine Le Meur. C’est ainsi qu’on trouve aussi bien une société comme CloudScreener qui offre un service pour optimiser l’achat de solutions cloud pour les entreprises, un projet comme Phantom Buster qui automatise la collecte de données sur les sites Internet sans A.P.I. ou encore Gabsee et son offre d’avatar évoluant dans le monde réel ou Wingit, un service de recommandation de lieux de sortie grâce à une intelligence artificielle. C’est dire que l’éventail est large.


Des débuts prometteurs

En moins de six semaines, les uns et les autres semblent avoir bien intégré les codes et les usages du monde local. Et pour certains avoir fait sensation.

C’est le cas de Lucas Bouyoux de Gabsee. Passé par l’Essec et Dauphine, il enchaîne directement avec un projet de start-up autour de la réalité augmentée avec son associé Arthur, croisé à Berkeley pendant leurs études, avant qu’un troisième fondateur ne vienne les rejoindre avec un profil d’ingénieur. Lors d’une soirée de présentation chez The Refiners, sa démonstration est tweetée et retweetée, si bien qu’ils finissent par "être hunted et featured sur le site Producthunt qui référence les produits cool. Ça nous a donné de la visibilité", assure Lucas Bouyoux. Résultat : il a déjà décroché des rendez-vous avec des partenaires potentiellement intéressés. L’application offre, en effet, la possibilité d’avoir des animations sponsorisées, une possibilité qui intérèsseraient certaines marques de vêtements qu’il a rencontrées. L’accélération semble fonctionner, sachant que ce jeune start-upper n’a pas encore levé de fonds.

 

Le paradis des codeurs 

La situation est le même pour Guillaume Boiret, un ingénieur passé par l’Epitech 2012 et co-fondateur de Phantom Buster. S’il n’a pas eu les honneurs de Producthunt, il reste épaté par la facilité d’avoir des contacts dans cette ville où tout le monde semble être codeur, s’amuse-t-il : "l’autre jour j’ai pris un Uber Pool et je commence à expliquer ce qu’est une API à mon accompagnateur. Il était codeur !". Mais si les contacts sont faciles, faire du business obéit à des règles qu’il vaut mieux connaître. "Ici, il ne vaut mieux pas arriver en retard à un rendez-vous. Ton interlocuteur va douter de ton sérieux, de ta capacité à livrer dans les temps". Ce que confirme à l’unisson le trio fondateur de The Refiners. Autre règle apprise par Guillaume Boiret au cours des six premières semaines passées chez The Refiners : "Quand tu écris un mail, il faut être précis et direct. Si tu fais trop long, tu prends du temps aux gens, vaut mieux éviter".
 

Emmanuel Darmon et Mathias Richemond ont créé UniYo, une start-up qui veut renforcer le lien entre les universités et leurs élèves. Leur but est de grandir vite, notamment sur le marché nord-américain, où la question du lien entre l’établissement d’enseignement et les élèves est cruciale. Leurs premiers contacts leur ont déjà permis de revoir en partie leur manière d’aller sur le marché. "En France, on pensait aller plutôt vers les directions des établissements. Ici, on veut créer de l’adoption par le bas, par les étudiants", explique Emmanuel Darmon. L’intérêt majeur d’être à San Francisco et sur le marché américain, c’est que l’éducation supérieure représente 520 milliards de dollars soit plus que dans l’Europe des 28, et cela dans un marché intégré, quand il faudrait s’user à travailler pays par pays en Europe. S’ils arrivent à conquérir quelques références au bord du Pacifique, leur conquête de l’Europe pourrait du coup être facilitée.

 

Echouer, un début mais pas une fin

La situation de Wingit est assez proche. Utilisant l’intelligence artificielle pour repérer les événements festifs les plus présents et commentés sur les réseaux sociaux pour ensuite faire des propositions, il a d’ores et déjà eu des contacts avec des entreprises potentiellement intéressés. Son modèle repose sur la fourniture de cette information pour des prestataires tiers (entreprises du secteur du voyage/tourisme ou des médias).

Enthousiastes, les uns et les autres comptent mettre à profit leur séjour ici pour multiplier les contacts utiles. Outre le potentiel de leurs projets, les fondateurs de The Refiners les ont choisis pour certains traits de personnalité. "Un bon fondateur de start-up doit être à la fois capable d’entendre ce qu’on lui dit, mais en même temps avoir des convictions fortes", assure Géraldine Le Meur.

Des qualités pour réussir à tenir dans cette grande essoreuse californienne. Et s’ils échouent ? Cela n’a pas l’air si grave ici. "La philosophie, c’est d’aller vite, de lancer son projet et s’il doit échouer, de le faire vite. Vous avez gagné une expérience et vous pouvez vous relancer", explique Pierre Gaubil. Le pire, ici, ce serait de vivoter sans vraiment réussir ni échouer. Et si c’était ça la véritable sécurité, l’assurance de savoir que l’échec n’est pas une condamnation à perpétuité.
 

Christophe Bys, envoyé spécial à San Francisco

 

 

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