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BIM World 2015  Paris : la révolution numérique du bâtiment est en marche

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Le Building Information Modelling, ou maquette numérique, fait salle comble au salon BIM World 2015 qui a refermé des portes le jeudi 26 mars. Un succès qui témoigne du démarrage de la transition numérique du bâtiment.

BIM World 2015 Paris : la révolution numérique du bâtiment est en marche
BIM World 2015  Paris : la révolution numérique du bâtiment est en marche © Capture d'écran

La révolution numérique est en marche dans le bâtiment. Et "le terme de révolution n’est pas exagéré", a tenu à préciser Sylvia Pinel, ministre du Logement, mercredi 25 mars au soir devant les professionnels du BTP venus assister à la première édition du salon BIM World. Le succès de l’événement fait écho aux paroles de la ministre. Il y a foule dans le petit coin du CNIT, à la Défense, où s’expose la modélisation des données du bâtiment, transition littérale de Building Information Modelling (BIM), aussi connue sous le terme de maquette numérique.

"Ca n’arrête pas de défiler depuis ce matin ! C’est trop !", s’exclame un exposant. Les inscriptions sont closes depuis la semaine dernière, des salles supplémentaires ont dû être louées pour garder un ratio de personnes par mètre carré dans les limites réglementaires. Des visiteurs sont refoulés… Plus de 1500 personnes le premier jour, de quoi réjouir les organisateurs ? "L’affluence, on aime quand on la contrôle", soupire l’un d’entre eux.

Conception numérique des bâtiments

Une trentaine d’exposants accueillent les architectes, ingénieurs d’études, fabricants de menuiseries, etc. qui ne veulent pas rater le train de la révolution numérique. Les majors de la construction, Bouygues, Vinci, Eiffage sont bien sûrs au rendez-vous, tout comme les éditeurs de logiciels Dassault Systèmes, Trimble, Bentley, Tetra Tech… Sans oublier le leader dans l’AEC (architecture, ingénierie et construction), Autodesk, dont l’un des principaux dirigeants, le français Nicolas Mangon, parcourt les allées à défaut d’avoir un stand. C’est son logiciel de conception de bâtiments, Revit, qu’utilise Bouygues. C’est la première brique du BIM : une maquette numérique 3D, mais isolée. Chacun, architecte, bureaux d’études, équipe travaux, sous-traitants futur exploitant réalise sa propre maquette.

"L’étape d’après, c’est de commencer à se parler", résume Jean-Michel Dupuyds, directeur études et technique de Bouygues Bâtiment Ile-de-France. Un "BIM manager" rassemble les différentes maquettes dans une même maquette globale et mène des réunions de synthèse pour détecter les "clash" (une gaine de câble qui rentre dans un tuyau de froid ou une poutre…) beaucoup plus vite qu’avec les plans traditionnels. De quoi permettre, avec cette ébauche de maquette numérique collaborative, que chacun travaille sur une même copie.

La Philarmonie de Paris construite en une minute

Sur un écran du stand de Bouygues, la Philarmonie de Paris se construit progressivement sous les yeux des visiteurs… en moins d’une minute. La 4D, qui ajoute le temps à la 3D, est une illustration des possibilités offertes par la réunion des maquettes dans le logiciel Navisworks d’Autodesk. "C’est la Philarmonie, avec sa complexité, qui nous a permis de faire exploser le BIM chez nous", pointe Jean-Michel Dupuyds. Le BIM s’impose pour les projets complexes. 

"Nous utilisons systématiquement la maquette numérique pour la conception des data centers et des hôpitaux depuis 2011-2012", relève Brice Fourney, directeur technique à l’ingénierie de Bouygues Energies & Services. Mais le BIM ne se limite pas aux projets complexes. Il a vocation à s’appliquer à toute construction. Et il offre des gains alléchants. Selon l’estimation des professionnels reprise par Sylvia Pinel, le BIM a le potentiel de réduire les coûts de construction neuve de 35 euros par mètre carré !

Reste qu’il faudra emmener toute la filière dans la révolution numérique. C’est l’un des buts principaux du plan "Transition numérique du bâtiment" présenté sur le salon par la ministre et qui sera doté de 20 millions d’euros. Il faudra aussi aller vers la maquette numérique intégrée, où chaque intervenant travaille sur la même maquette en temps réel. Car il ne faut pas oublier le I de BIM, incorporer des informations pour chaque élément de la construction dans la maquette : caractéristiques techniques, besoins de maintenance, etc. De quoi basculer - vu les millions d’éléments qui constituent par exemple une grande tour -, dans le big data. Le monde du bâtiment n’en est qu’aux tous débuts de sa révolution numérique, mais elle est en marche.

Manuel Moragues

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