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CES 2016 : A Las Vegas, la Macron-mania gagne la French Tech

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C'est peu dire qu'Emmanuel Macron a su séduire la foule d'entrepreneurs de la French Tech à qui il s'est adressé dans la soirée du 6 janvier à Las Vegas, à l'occasion du CES. Et pour cause, dans un discours très libéral il a mis sur un piédestal les start-up et critiqué les rigidités d'un cadre français qu'il voudrait réformer. Et vite.

CES 2016 : A Las Vegas, la Macron-mania gagne la French Tech
CES 2016 : A Las Vegas, la Macron-mania gagne la French Tech © Charles Foucault

La Loi Macron 2 bouge encore


Alors que certains prédisent l’enterrement de la loi Macron 2 et sa fusion avec la loi sur le travail portée par Myriam El Khomri (qui contient un volet pour sur l’emploi et numérique, à la suite du rapport Mettling), Emmanuel Macron a affirmé à Las Vegas que son texte n’était pas mort : "Je remettrai en début de semaine prochaine au Premier ministre et au Président de la république l’ensemble des mesures qui seront arbitrées et que je présenterai d’ici la fin du mois."
C’est un Emmanuel Macron plus libéral que jamais qui s’est exprimé ce 6 janvier au soir devant une salle remplie principalement d’entrepreneurs tricolores survoltés, dans un hôtel de Las Vegas. Barbe de trois jours, absence de cravate, le ministre de l’Economie avait soigné son look. Interviewé sur scène, en anglais, par le chroniqueur de TechCrunch Andrew Keen, il a affirmé être "progressiste et pro business, car il faut générer de l’argent pour pouvoir le taxer et le redistribuer."

 

Il a aussi insisté sur "les changements nécessaires dans la rigidité du marché du travail", arguant que seule "une réduction des complexités existantes permettront aux entreprises de réaliser les restructurations et les pivots parfois nécessaires à leur survie". Des déclarations bruyamment applaudies par les centaines de personnes présentes et que ne va certainement pas oublier le président du Medef, Pierre Gattaz, qui avait précédé le ministre de l’Economie sur scène pour une courte allocution (en anglais et sans cravate également).

 

La stratégie de l’échec

"Oui, la France devient de plus en plus business friendly", et pour expliquer ce phénomène, Emmanuel Macron a évoqué les importants changements culturels en cours dans notre pays : "Nous avons de plus en plus de personnes prêtes à prendre des risques et nous acceptons de mieux en mieux l’échec. Mon rôle est d’accompagner cette dynamique en réduisant le coût de l’échec, car si ce coût est trop élevé, personne ne prendra le risque de tenter."

 

Il s’est ainsi donné comme mission de mettre en valeur ceux qui essayent et prennent des risques et de tout faire pour que cessent les stigmatisations envers ceux qui réussissent, ponctuant son discours par ce bon mot : "Il est très dur d’essayer sans échouer ni réussir." Rires et nouveaux tonnerres d’applaudissements ont alors retenti.

 

Une construction de long terme

Ce public conquis, le ministre de l’Economie l’a énormément impliqué dans ses propos. Selon lui, les enfants de ceux qui l’écoutaient doivent être éduqués différemment à la notion d’échec. Il a également assuré sa confiance dans ce parterre de start-up, insistant sur la responsabilité qui est la leur d’investir et de créer des emplois pour l’avenir de la France. Puis les capitaux étrangers suivront.

 

Questionné par le journaliste anglo-américain sur la fuite des cerveaux français, Emmanuel Macron a contre attaqué en critiquant le manque de mobilité aux Etats-Unis. "Ici, les choses sont faites par les américains pour les américains, a-t-il souligné. En fonctionnant ainsi on se rend compte après quelques décennies que les meilleurs sont ailleurs." Alors le ministre dit vouloir créer une France ouverte pour "retenir nos talents, en attirer d'autres et leur donner les moyens de réussir, depuis la France, dans une économie mondialisée." Là encore, ses propos ont été accueillis chaleureusement.

 

Après avoir défendu le modèle d’Uber et invité le gouvernement à réformer plus vite dans une interview au Monde parue ce 6 janvier, pas sûr que ces messages viennent améliorer ses relations avec Manuel Valls. Qu’importe. Le locataire de Bercy semble avoir laissé ces soucis à Paris. A plus de 8000 kilomètres de Matignon, Emmanuel Macron est aussi souriant que plébiscité. Et pas seulement par les français. "Si je pouvais voter pour vous, je le ferais", a conclu Andrew Keen.

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