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Ces étoiles qui pourrissent la vie des travailleurs

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Vu ailleurs Un coiffeur sourire Colgate noté trois étoiles, un chauffeur paniqué de perdre sa 5e étoile, un hôtel qui tire la grimace car il n'en a récolté qu'une, bien esseulée… Aujourd'hui, sur internet, un nombre croissant de services sont notés et évalués, souligne le quotidien suisse Le Temps. Même les professeurs et les médecins sont concernés ! Cette frénésie d'appréciations positives ou négatives pèse lourd sur les épaules des travailleurs du secteur tertiaire et peut plomber leur business.

Ces étoiles qui pourrissent la vie des travailleurs
Ces étoiles qui pourrissent la vie des travailleurs © Susanne Nilsson - Flickr - Creative commons

Restaurateurs, chauffeurs Uber, coiffeurs et hôteliers multiplient les courbettes face à leur clientèle, comme des élèves qui cherchent le bon point distribué par leur instituteur. A une différence de taille, qui fait monter la pression dans toutes ces professions : la distribution de mauvais points. Les clients pouvant désormais, en quelques clics, poster une note ou un commentaire assassin sur Internet et couler leur business.

 

Ces notes ont un véritable effet sur l'activité des entreprises : 80% des consommateurs accordent autant de crédit aux témoignages des Internautes qu'aux préconisations de leurs proches, selon une étude 2015 de Local Consumer Review Survey.

 

Des notes gouvernées par l'arbitraire et l'émotionnel

"Ces notations symbolisent notre société de performance et de compétition. Dès lors qu’elles se font sans supervision professionnelle, elles tendent à être gouvernées par l’arbitraire et l’émotionnel", s’inquiète le sociologue de l’université de Lausanne Sami Coll, interviewé par le quotidien suisse Le Temps dans un article d'analyse du phénomène publié fin janvier. Elles ajoutent de la tension sur les épaules des travailleurs.

 

Autrefois réservées aux restaurants étoilés, les notes se sont généralisées à l'ère d'Internet. De plus en plus d'activités sont concernées par ce phénomène. Dans notre société "malade de ses étoiles", souligne le journal, "les garages, les médecins, les hôpitaux, les films, les livres, les employeurs ou les enseignants sont soumis aux diktats des notes". La société de VTC Uber demande même à ses chauffeurs de noter leurs clients. "Mais contrairement à nous, ils ne gagnent pas leur vie avec leur note", témoigne l'un d'entre eux.

 

Filtrer les commentaires

Certaines plates-formes web filtrent les commentaires des internautes en fonction de leur pertinence. Le site suisse auto2Day, le Tripadvisor des garages, met systématiquement ses avis clients en attente de validation. 40% d'entre eux sont impubliables, explique le directeur de l'entreprise au Temps.

 

D'autres "sociétés de notation de personnes" n'ont pas la même éthique : avant même sa sortie, l'application Peeple (qui proposait aux internautes de noter tous les individus avec lesquels ils interagissent dans leur quotidien), avait fait un tollé. Elle n'a finalement jamais été lancée. 

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* Les commentaires postés sur L’Usine Digitale font l’objet d’une modération par l’équipe éditoriale.

1 commentaire

Mr Tillier

09/02/2016 09h59 - Mr Tillier

C'est quand meme beaucoup mieux que la societe de type Sepp Blatter, corruption, etc... sans hesiter

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