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Chez Daher, le numérique n’est pas que cosmétique

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Refonte de l’identité visuelle, campagne de pub… Daher met en avant son accélération dans la "troisième révolution industrielle". Simple coup de com’ ? Au vu des chantiers en cours, l'équipementier compte aller beaucoup plus loin.

Chez Daher, le numérique n’est pas que cosmétique
Chez Daher, le numérique n’est pas que cosmétique © Daher

Dans l’industrie, les "technologies numériques" dégagent un parfum qui mêle deux fragrances : D’un côté des arômes issus d’ambitions industrielles, de l’autre des effluves très marketing. Ces senteurs ont parfois de quoi perturber les sens. Ce qui est loin d’être le cas chez Daher. A l’occasion de la présentation des résultats de leur groupe, les dirigeants n’ont cessé de marteler leur intention d’accélérer leur développement dans la "troisième révolution industrielle, celle de l’informatique." Chez eux, c’est loin de se résumer à un simple plan de communication.

Certes, l’équipementier aéronautique, également très présent dans le secteur nucléaire et la logistique, vient de faire le choix d’un nom de marque unique (Daher, bien entendu), et concocte une campagne de pub inédite soutenue par un nouveau logo. Mais à y regarder de près, du haut de ses 150 ans d’histoire, Daher est bien en train de muter. Une fois de plus. Un plan engagé sur la base de résultats solides : un chiffre d’affaires en hausse de 9% (à 970 millions d’euros) et un carnet de commandes représentant 3,5 ans d’activité (+17%) et l’équivalent de 1400 aéronefs livrés en 2014 avec des pièces Daher.

Un plan usine du futur bien engagé

"La troisième révolution industrielle passe notamment par la convergence entre industrie et services", assène Patrick Daher, le PDG du groupe. Difficile de contredire la légitimité de l'entreprise en la matière : historiquement positionnée sur les services (transport, négoce...), Daher n’est "industriel" que depuis une douzaine d’années, en l’occurence équipementier aéronautique de rang un. Aujourd’hui, à titre d’exemple, le groupe est aussi bien capable de construire un avion de A à Z (comme le récent TBM 9000) que de piloter une supply chain (celle d’Airbus Helicopters entres autres) via la très high-tech "Daher Control Room". Un cas unique dans l’industrie française.

"Nous avons investi très largement dans ce que sera l’usine intelligente", explique Patrick Daher. Là encore, le groupe le prouve : Daher est l’un des industriels les plus avancés dans le plan Usine du Futur (dans le cadre des 34 plans de la Nouvelle France Industrielle) et n’attend pas d’hypothétiques financements pour se lancer. Le groupe est en train d’automatiser l’une de ses lignes de production à Nantes. Pour tenir les cadences imposées par Airbus sur l'A350, le site ligérien va devoir passer de 5000 à 50 000 clips de jonction en composites produits par mois. Daher va installer robots et machines automatisées : trois lignes complètes pourraient en bénéficier d’ici 2017.

Des technologies de pointe en test réel

Le groupe a également testé ces derniers mois une quinzaine de technologies de pointe : des Google Glass aux exosquelettes (qui n’ont pas donné satisfaction), en passant par des cobots et une imprimante 3D (déjà opérationnelle). A Marignane, c’est une cellule de réalité virtuelle qui a vu le jour afin de déceler les erreurs de conceptions ou de processus. Une grande variété de technologies qui trouveront ou non leur place dans les usines du groupe, ouvert à toutes les possibilités qu’offre le numérique. Au-delà des outils techniques, les réflexions de l'équipe dirigeante concernent également l'open data. Equipementier de rang 1, Daher veut également devenir un modèle capable d'entraîner dans sa mutation digitale ses sous-traitants pour rendre plus efficace et flexible l'ensemble de la supply chain. "Ceux qui l'ont compris sont les ETI de demain", nous confiait récemment l'un de ses dirigeants.

"C’est un coup d’accélérateur que je veux impulser à l’entreprise", souligne Patrick Daher. Le PDG, qui compte laisser les rênes du groupe d’ici un an ou deux, fait confiance à Didier Kayat pour mener à bien cette mutation digitale. L'actuel directeur général délégué deviendra alors directeur général, laissant à Patrick Daher le poste de président non exécutif. Pour la première fois de son histoire, Daher ne sera alors plus dirigé par un membre de la famille (qui possède 80% du capital). Une autre forme de révolution.

Olivier James

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