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Comment Google veut connecter l'univers

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Satellites, drones, ballons, fibre optique, système d’exploitation, smartphones… Engagé sur tous les fronts, Google a l’ambition de connecter toujours plus d’internautes à ses services.

Comment Google veut connecter l'univers
Comment Google veut connecter l'univers © titan aerospace

Craig Barratt, le Monsieur télécoms de Google

Depuis l’été 2014, un nouvel homme a pris place au plus haut de la hiérarchie de Google. Craig Barratt est sorti de l’ombre pour entrer dans la très sélecte "L team", la garde rapprochée (et tournante) du tout-puissant Larry Page, le cofondateur de Google. Il se retrouve aux côtés de Sundar Pichai, le patron d’Android, Chrome, Google apps. Le nouveau vice-président de l’accès et de l’énergie est chargé des infrastructures télécoms (fibre optique, satellites, drones, ballons), mais aussi des fermes solaires et éoliennes.

Fondateur d’Atheros, fabricant de puces Wi-Fi et Bluetooth pour mobiles, Craig Barratt a revendu son bébé à Qualcomm en 2011 et en a quitté la direction un an plus tard pour rejoindre Google. Selon "The Wall Street Journal", ce super geek à l’origine de 34 brevets ne quitterait jamais son ordinateur portable, même dans le métro, pour s’adonner à son loisir préféré : écrire des programmes.

Le 21 janvier, à quelques heures d’intervalle, on apprenait que Google s’apprêtait à investir 866 millions d’euros dans SpaceX, la société fondée par Elon Musk, et qu’il deviendrait probablement opérateur mobile virtuel (MVNO) aux États-Unis sur les réseaux des opérateurs T-Mobile et Sprint (fait que Sundar Pichai a confirmé au Mobile World Congress). Deux jalons majeurs dans sa stratégie télécoms qui couvre désormais l’ensemble du spectre du secteur. Un plan acté l’été dernier, lorsque Google a fait apparaître, sur sa page web présentant ses cadres dirigeants, le vice-président senior de l’accès et de l’énergie, Craig Barratt.

Le géant californien pousse un à un ses pions sur l’échiquier de la connectivité. Son but principal n’est pas de conquérir ce marché à tout prix, mais de gonfler la base d’utilisateurs de ses services, et par conséquent son chiffre d’affaires publicitaire. Modèle Google ! Comme le rappelle Sarah Nokry, analyste senior chez FaberNovel, "il s’agit de construire une vision en regard des besoins des utilisateurs et des clients, et non autour d’un produit. Une vision qui se construit, petit à petit, sur le court terme".

Google, le G de Gafa

Chiffre d’affaires 2014
66 milliards de dollars (+ 19 %)

Bénéfice net 2014
14,4 milliards de dollars  (+ 11,45 %)

Effectif
53 600 employés

Avec son projet Google fiber, quand il a décidé en 2011, à la surprise générale, de creuser des tranchées dans les rues des deux Kansas City (États du Kansas et du Missouri), pour y tirer de la fibre, le californien ne cherchait pas à empiéter sur les marchés des opérateurs Verizon et AT&T. Il voulait proposer un internet à très haut débit à une population qui l’attendait, pour beaucoup, depuis trop longtemps.

La face émergée de l’iceberg Google dans les télécoms s’appelle Android. Le système d’exploitation mobile, acquis en 2005 auprès d’une start-up, détient près de 77 % du marché. Et s’immisce jusque dans les automobiles. Avec ses smartphones et tablettes Nexus et le lancement prochain de l’Ara, mobile open source et modulaire, Google cherche plus à montrer des voies technologiques au reste de l’industrie qu’à prendre une place de leader.

Le ciel n’est plus la limite

Le californien s’épanouit depuis quelques années dans le cœur historique des télécoms, l’infrastructure. Par tous les moyens et de plus en plus vite. Une douzaine de villes sont au programme de Google fiber. Les États-Unis comportent encore d’importantes zones non couvertes. Les communes se bousculent pour postuler… Google a aussi déployé sa fibre en Ouganda et en RDC. Mais en Afrique, c’est aux opérateurs que Google met son réseau à disposition. Malgré le scepticisme qui avait accueilli le projet, selon "The Wall Street Journal", Google contrôlait déjà 160 000 kilomètres de fibre dans le monde en 2013. Et, comme Facebook, il a investi dans des câbles sous-marins.

En 2013, il a de nouveau provoqué surprise et amusement en s’essayant au lâcher de ballons stratosphériques. Ses aérostats, équipés de radios et destinés à couvrir les zones de la planète inaccessibles à internet, n’ont rien d’une plaisanterie. Google devrait les louer aux opérateurs du monde entier, qui disposent, eux, des fréquences adaptées localement. Le ciel n’est plus la limite : les satellites sont la nouvelle passion du californien. En avril 2014, il a acquis Titan Aerospace, convoité par Facebook. Les drones solaires aux allures de libellules de la start-up peuvent jouer les satellites dans la haute atmosphère pendant près de cinq ans.

Dès 2007, Google s’était impliqué dans O3b, un projet de lancement d’une centaine de microsatellites pour couvrir les zones désertes. Aujourd’hui, il préfère investir massivement dans la recherche, le développement et la fabrication des constellations de satellites imaginées par Elon Musk. Enfin, il loue, depuis novembre 2014 et pour soixante ans, un aérodrome de la Nasa proche de son siège, à Mountain View. Il faut dire que le californien a un autre intérêt à disposer de ses propres satellites. Une grande partie de son activité repose désormais sur la cartographie (Google maps, Google earth, Waze, Android auto) et les informations issues de satellites exploités par d’autres que lui.

Google a besoin d’aller vite pour connecter de plus en plus d’internautes, en très haut débit, afin qu’ils puissent échanger des contenus de plus en plus lourds. Il a les moyens d’acheter des entreprises, de tenter des projets fous, d’échouer, de recommencer. Il sait également collaborer avec le secteur des télécoms. Mais aussi avec le Centre national d’études spatiales (Cnes) en France, pour son projet Loon. Ou avec les équipes de recherche d’Orange sur les satellites, comme son PDG Stéphane Richard l’a confirmé à "L’Usine Nouvelle". Même Michel Combes, à la tête d’Alcatel-Lucent, laisse régulièrement entendre que son groupe contribue aux déploiements africains de Google fiber. Google fait désormais partie de la famille.

Emmanuelle Delsol

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