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"D'ici 5 ans, de grandes entreprises de crowdfunding auront émergé en Europe", selon Benoit Bazzocchi

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Les sites européens de financement participatif sont des nains comparés à leurs comparses américains, le mastodonte Kickstarter en tête. Benoit Bazzocchi, président de l'Association française de l'investissement participatif et PDG et fondateur de la plate-forme de crowdfunding Smart Angels, explique que le marché est encore fractionné sur le Vieux Continent, car chaque pays a un cadre règlementaire qui lui est propre... mais que cela devrait changer.

D'ici 5 ans, de grandes entreprises de crowdfunding auront émergé en Europe, selon Benoit Bazzocchi
"D'ici 5 ans, de grandes entreprises de crowdfunding auront émergé en Europe", selon Benoit Bazzocchi © Smart Angels

L'Usine Digitale - En 2013, 480 millions de dollars ont été collectés sur le site de financement participatif américain Kickstarter. Pourquoi la France et l'Europe n'ont pas encore leurs géants du crowdfunding ?

Benoit Bazzocchi - Les acteurs américains du financement participatif disposent d'un marché de très grande taille, où l'activité n'est pas freinée comme c'est le cas en Europe par des barrières règlementaires. Le secteur a été dominé très rapidement par quelques géants, au premier rang desquels on retrouve Kickstarter.

Sur le Vieux Continent, cette concentration prend plus de temps. D'ici 5 ans, de grandes entreprises de crowdfunding auront émergé à l'échelle européenne : les sociétés de financement participatif étudient en ce moment le sujet de très près. Mais pour l'instant, il existe encore une myriade de petits acteurs, car les lois ne sont pas les mêmes dans tous les pays, ce qui freine l'expansion de l'activité des plates-formes hors de leurs frontières nationales.

Allez-vous participer à ce mouvement d'expansion européenne qui s'amorce doucement ?

Bien sûr ! Smart Angels ne doit surtout pas louper le coche. Grossir nous permettra de faire des économies d'échelle dans le traitement de nos dossiers par exemple et de devenir plus rentables. Nous voudrions démarrer une activité en Europe d'ici 2015/2016. Mais il faut examiner en détail les règlementations des pays où nous voulons nous lancer, leur environnement concurrentiel. Cela prend du temps.

 

Retrouvez ici notre dossier "Le crowdfunding fait sa crise d'adolescence"

 

Dans l'Hexagone, les acteurs de l'equity crowdfunding (qui recueillent pour des entreprises des fonds auprès d'une foule d'investisseurs en échange d'actions) sont considérés comme des conseillers en investissement pour les particuliers. Au Royaume-Uni, par exemple, ce sont des promoteurs de produits et de services financiers. Deux métiers différents, deux cadres règlementaires différents pour les encadrer.

Ce fractionnement règlementaire vous protège-t-il contre les acteurs de l'investissement participatif étrangers qui voudraient venir vous concurrencer en France ?

Oui, c'est une barrière à l'entrée pour les Allemands ou les Italiens qui voudraient s'implanter sur le marché tricolore. Cela nous permet d'apprendre à faire notre métier (qui n'est pas sorti de l'œuf depuis très longtemps !) et d'installer notre marque dans le paysage sans être menacés par des acteurs étrangers. Mais ce sont des avantages de court terme. Il va rapidement falloir que ces barrières tombent pour que les entreprises du secteur puissent passer à l'échelle supérieure et deviennent plus rentables. La Commission européenne commence justement à chercher une manière intelligente d'unifier les textes des différents pays membres de l'UE.

Ce qui avantagera certains pays au détriment des autres, selon les choix faits par Bruxelles...

C'est bien le problème... Nous avons, à travers l'Association française de l'investissement participatif que je préside, des contacts réguliers avec le ministère de l'Economie sur cette question. Il faut que la France soutienne les qualités de son modèle règlementaire devant la Commission. Mais les entreprises françaises d'investissement participatif discutent aussi avec leurs consœurs installées ailleurs en Europe, notamment via l'Association européenne d'equity crowdfunding, dont je suis vice-président. Nous essayons de comparer les différentes règlementations et de trouver des solutions pour créer, éventuellement, un modèle mixte.

Lélia de Matharel

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