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Du B2C au B2B : le grand virage des fintechs

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Face à des investisseurs plus frileux, les fintechs occidentales s'adressant initialement au grand public se tournent désormais vers le marché B2B pour proposer aux acteurs traditionnels de nouvelles solutions technologiques permettant d'améliorer l'expérience des clients finaux. Un glissement qui ne s'observe pas sur le marché asiatique, où le système bancaire traditionnel y est beaucoup moins développé. Explications. 

Du B2C au B2B : le grand virage des fintechs
Du B2C au B2B : le grand virage des fintechs © EssDocs

"Les fintechs ne sont plus vues comme une menace par les acteurs de la finance, mais comme une opportunité", assure Christophe Chazot, le directeur monde de l'innovation chez HSBC. Ce changement de perception n'est pas anodin. Il est même directement lié au changement de modèle économique opéré par les start-up du monde de la finance.

 

Des progrès incrémentaux, mais pas de révolution

Si les fintechs se sont d'abord attaquées au marché B2C, elles se tournent désormais vers le monde du B2B. "50% des fintechs qui ont reçu un financement en 2016, avaient un business model B2B", assure Christophe Chazot, citant une étude réalisée par le cabinet CB Insights. Ce glissement est lui-même le résultat d'une évolution de l'activité de capital-risque. Les fintechs attirent moins d'argent. "En 2016, elles ont recueilli 12,5 milliards de dollars, contre 14 milliards de dollars en 2015, soit une baisse de près de 15%. Le nombre d'opérations, lui aussi, est en chute. Il est inférieur de 20% à celui de l'année dernière", étaye le directeur de l'innovation. 

 

Des investisseurs plus frileux 

Selon lui, les investisseurs sont devenus frileux car les fintechs B2C ne sont pas parvenues à disrupter le marché. "Elles n'attaquent pas de manière significative les profits des banques", estime-t-il. Le directeur de l'innovation reconnaît les nombreux progrès incrémentaux générés par les fintechs, notamment au niveau de l'expérience client, mais il persiste : "Il n'y a pas eu de révolution". Aux yeux des VC, les fintechs s'adressant au grand public présentent donc un profil risqué, notamment parce que les coûts d'acquisition de nouveaux clients sont colossaux.

 

Le B2B pour des revenus plus récurrents

En difficulté pour se financer, les start-up de la fintech ont donc pivoté pour développer des offres technologiques spécifiquement adressées aux groupes bancaires. Christophe Chazot cite le cas de la start-up Linxo, avec qui HSBC a noué un partenariat. Fondée en 2010, cette jeune pousse aixoise a développé un agrégateur de comptes bancaires qui permet aux utilisateurs de mieux prévoir et gérer leur budget personnel. La start-up compte un million d'utilisateurs en France sous sa propre marque, mais compte plusieurs millions de clients bancaires auprès desquels la technologie est disponible en marque blanche via son API. "Ce virage vers le B2B leur permet aussi d'avoir plus de visibilité et de générer des revenus récurrents", fait valoir le spécialiste. Autre illustration de cette nouvelle collaboration, les banques investissent de plus en plus dans les fintechs. En 2016, elles ont participé, en moyenne, à hauteur de 30% dans les tours de table, contre 23% en 2015.

 

Le marché asiatique : une exception

Mais à chaque règle, son exception. Ici, l'exception c'est le marché asiatique. "90% des fintechs asiatiques qui ont été financées en 2016 sont des entreprises qui œuvrent dans le B2C", indique Christophe Chazot. Cette singularité s'explique par la structure même du marché asiatique : le système bancaire traditionnel y est beaucoup moins développé et les nouveaux acteurs n'ont pas, comme en Europe, à se battre avec les mastodontes du secteur déjà bien installés. Résultat, les jeunes pousses asiatiques grappillent, à vitesse grand V, les parts de marché. Et, dans cette région, l'étape de la carte bancaire a sauté pour passer directement au paiement mobile et à la monnaie virtuelle.

 

La montée en puissance d'Alibaba

D'après une étude d'eMarketer, en 2016, plus de 195 millions de Chinois ont utilisé fréquemment leur mobile pour des achats courants, contre 134 millions en 2015, et ils devraient être plus de 332 millions à l'horizon 2020. Le grand gagnant de ce phénomène c'est Alipay, l'application mobile de paiement en ligne développée par le géant Alibaba, qui multiplie d'ailleurs les partenariats à l'étranger pour que les touristes chinois puissent continuer à payer depuis leur mobile, même en vacances. 

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