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Emmanuel Macron : "La France doit devenir en 5 ans la nation des start-up"

mis à jour le 10 mai 2017 à 11H56
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A 39 ans, Emmanuel Macron a été élu président de la République le 7 mai 2017. Le nouveau chef de l’Etat compte faire de la France une "start-up nation". C’est ce qu’il a (ré)exprimé, avant son élection, devant un parterre de startuppers et d’investisseurs le 13 avril lors du sommet des start-up organisé par Challenges. Post-élections, voici ce qu’il faut en retenir et, surtout, ce à quoi les start-up doivent se préparer…

La France, nation des start-up... L'ambition d'Emmanuel Macron
Emmanuel Macron, ministre de l'économie, de l'industrie et du numérique dans le gouvernement Manuel Valls II. Photo prise le 12 mail 2015 © Photo Pascal Guittet

"Personne n'avait imaginé que vous deviendriez une licorne. Vous me faites penser à un Mendès-France de 39 ans. Et j'ai pour ma part un grand espoir." Claude Perdriel a présenté Emmanuel Macron comme une licorne. Pas de doute, le propriétaire de Challenges est "fan". C’est du moins ce qu’il a déclaré le 13 avril 2017 lors du Sommet des start-up organisé par le magazine. Mais le nouveau président de la République sera-t-il à la hauteur des attentes des entrepreneurs français, notamment des jeunes pousses ? Trois semaines avant son élection, le (alors futur) nouveau chef de l’Etat s’est employé à les convaincre ! L'Usine Digitale y était. Voici ses promesses.

 

Génération et esprit start-up, la "force"  de la France

 

Avant de mettre en avant ses mesures, Emmanuel Macron a avant tout tenu à saluer l’"esprit start-up" français. Un moyen, sans doute, de gagner des voix quelques jours avant le premier tour des élections… Avec le recul, il semblerait que cela ait joué en sa faveur… Mais là n’est pas (plus) la question. Voici ce qu’il faut retenir de son discours.

 

"En quelques mois, on change les usages et on crée des innovations qui n'étaient pas possibles naguère. On efface les frontières (…). Ce bouleversement, c'est cela l'esprit start-up". Pour Emmanuel Macron, l’esprit start-up se résume ainsi. : "C'est le courage d'aller vers des plaines inexplorées, c'est l'audace, l'agilité presque animale qui incite à se relever, à faire pivoter un modèle d'affaires ; à réinventer son projet initial. C'est la soif d'apprendre, de découvrir et de faire différemment. Toutes ces qualités, c'est ce que vous êtes en train d'inventer collectivement pour notre avenir."

 

Tout en employant des termes de modestie, Emmanuel Macron n’a évidemment pu s’empêcher de souligner les effets de la French Tech. "Ces dernières années, il y a eu un vrai bouleversement en France. Cela a été celui de la French Tech, de l'émergence des générations  quels que soient les âges (…)" Et d’ajouter : "Ces années furent riches : elles ont montré au monde et à l'Europe qu’il y avait un entrepreneuriat français fort"… Certes, le bilan est positif d’un point de vue communication et notoriété… Mais quid du quinquennat à venir ?

 

La France, start-up nation

"Je ne souhaite pas être le président du Google français. Parce qu’il n’y aura pas de Google français. Je le dis franchement, ce n’est pas vrai. Mais si nous savons nous organiser, si nous savons faire, il peut y avoir des Google européens."

 

"Pour les 5 ans qui viennent, le défi est tout autre. Nous devons devenir en 5 ans la nation des start-up", a déclaré Emmanuel Macron. Oui, mais comment compte-t-il s’y prendre ? Le (désormais) président de la République a annoncé plusieurs mesures pour y arriver :

 

  • Aller plus loin dans la simplification et l’accès aux aides existantes, comme le crédit impôt recherche, le crédit impôt innovation, le crédit jeune entreprise innovante.
  • Mettre en place une "administration au service des innovateurs." "Dès les premières semaines (…), je souhaite pouvoir procéder par ordonnance et donc très vite en un changement profond de l’administration (…)". Une volonté qui passe par deux mesures : "Comme les Britanniques, pour toute nouvelle règle dans le Code, on en supprime une récente : une discipline drastique mais qui transforme les choses" ; et le droit à l’erreur : "quand l’administration contrôle la première fois, elle ne sanctionne pas." Et de préciser : "Pour ce qui relève du pénal, du danger de la vie d’autrui, bien évidemment que la sanction s’impose."
  • Supprimer le RSI et simplifier le Code du travail, "en renvoyant davantage aux accords majoritaires d’entreprise et aux accords majoritaires de branche. La loi ne fixant que des principes" (…) "Parce les contraintes des start-up du numérique n’ont rien à voir avec les contraintes d’un grand groupe automobile ou du BTP. Ça n’est pas le même monde."
  • Au sujet des Gafa
    Quant à sa poistion vis-à-vis des Gafa, Emmanuel  Macron a été clair. "Nous devons d’abord savoir mener la vraie bataille face aux grands groupes de l’Internet et aux grands groupes américains. Les Gafa ne sont pas nos ennemis, mais nous ne devons pas être plus longtemps complaisants. Je le dis pour vous parce que si on reste face aux grands groupes et aux géants de l’Internet les bras croisés en disant : 'tout cela est formidable, ils nous financent des petits bouts de choses ici, des petits bouts de choses-là, ces gens sont terriblement sympathiques et nous les utilisons' : on ne laissera pas des jeunes pousses, des entrepreneurs, des licornes réussit. Parce qu’aujourd’hui, ce sont sont les Gafa qui font le droit international du Numérique, parce qu’ils sont là…  Si nous voulons défendre nos intérêts, protéger nos intérêts, valoriser les données sur le plan européen, défendre nos concitoyens et leur respect par exemple du secret des libertés individuelles, nous devons faire valoir nos préférences collectives européennes. On peut le faire en grand respect, en étant tout à fait amicaux mais en étant exigeants. C’est cette politique au niveau européen que je veux porter."
    Aller plus loin pour accompagner les entrepreneurs dans leur croissance et dans le financement de cette croissance. "En simplifiant le compte entrepreneur investisseur et en retrouvant le sel de cette mesure que j’avais un temps portée, en la simplifiant drastiquement pour permettre d’investir dans les start-up, en réformant l’impôt sur la fortune (…), en mettant en place une fiscalité plus simple sur le capital avec un prélèvement forfaitaire unique de 30% social inclus, ce qui nous permettra de réattirer des capitaux venant de l’étranger. De réattirer des talents qui sont prêts à réinvestir ou à investir dans nos start-up…"
  • Favoriser les nouveaux profils de start-up, avec plus de femmes, "parce qu’elles brisent cet entre-soi, parce qu’elles viennent bousculer nos habitudes, parce qu’elles viennent changer le visage de notre économie"
  • "Passer d’une économie de rattrapage" à une "économie de la compétence, de l’innovation, de la transformation où on donne des chances à chacun, où les mérites et talents peuvent se révéler d’où qu’on vienne et où les accélérations sont des opportunités ".
  • "Réussir à imposer cette culture, à la transformer et à la démultiplier au niveau européen. " (…) Je ne souhaite pas être le président du Google français. Parce qu’il n’y aura pas de Google français. Je le dis franchement, ce n’est pas vrai. Mais si nous savons nous organiser, si nous savons faire, il peut y avoir des Google européens." Et de préciser : "Cela veut dire que nous devons d’abord savoir mener le vraie bataille face aux grands groupes de l’Internet et aux grands groupes américains. Les GAFA ne sont pas nos ennemis, mais nous ne devons pas être plus longtemps complaisants. (…) Si nous voulons défendre nos intérêts, protéger nos intérêts, la valorisation de nos données sur le plan européen, défendre nos concitoyens et le respect, par exemple, du secret des libertés individuelles, nous devons faire valoir nos préférences collectives européennes. On peut le faire en grand respect, en étant tout à fait amicaux mais en étant exigeants. (…) Je crois à un marché unique du digital… Mais je le crois pour ouvrir nos frontières. Et faire en sorte que quand vous créez une start-up en France, vous avez accès ainsi demain à 27 pays et non pas à vous battre avec 27 réglementations différentes "
  • Avoir un vrai fonds de capital-risque européen :"la clé pour que nos start-up deviennent des licornes, c’est le financement". Et de saluer au passage les initiatives comme RAISE ou le rôle de la BPI. "Mais si nous voulons passer à l’échelle, il est indispensable de développer le capital-risque, ce venture capital encore trop étroit en France et en Europe…"

"Les Gafa ne sont pas nos ennemis, mais nous ne devons pas être plus longtemps complaisants."

 

La responsabilité des start-up

 

"La profession politique ne doit pas être une profession réglementée. Si elle fonctionne c’est qu’elle est ouverte, c’est que c’est une mission et pas une profession", poursuit ce jour-là Emmanunel Macron. Pour lui, chacun doit être responsable. Côté start-up, il s’agit :

  • de permettre aux jeunes et moins jeunes de "s’identifier à des figures de réussite", notamment dans les zones rurales et les quartiers défavorisés. "Je crois que les start-up peuvent être une école pour la France. Elles sont un modèle de ce développement économique, d’épanouissement au travail, de réussite rapide".
  • d'irriguer la vie économique. Et selon le président de la République, les start-up ont à ce titre "un rôle, pour éduquer, utiliser le numérique davantage à l’école et développer les formations".
     

Pour conclure, Emmnanuel Macron a rappelé ce 13 avril dernier : "Personne ne réussira ce changement seul, c’est un état d’esprit collectif, une transformation en profondeur de notre société, de notre économie et de nos mentalités. C’est cela que je veux que nous puissions faire ensemble les prochaines années. Etre une start-up nation dès demain est possible pour la France. Nous sommes en train de réussir ce pari"… Le challenge annoncé pré-élection est ambitieux. Cette fois, c’est parti. Cinq années pour convaincre.

 

 

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3 commentaires

Beth fabien

21/05/2017 01h42 - Beth fabien

Très bonne idée ! Comme le font des grands groupes depuis maintenant 5 à 10 ans, ils créent des incubateurs de startup, ou à minima de la proximité et de la coopération entre startuper et leurs employés, car cela peut ou doit générer de la valeur économique, mais aussi de la valeur culturelle et méthodologique. Effectivement Sur ces deux derniers points, pour arriver à faire évoluer un grand groupe enkysté dans une dilution du pouvoir décisionnel et l'état d'esprit de salariés qui ont une résistance au changement non négligeable, Ainsi qu'un management qui n'est pas suffisamment apte à donner du sens : Les startup sont une excellente solution pour booster les changements! C'est le concept stratégique du "loup dans la bergerie !" Je pense que cette stratégie est bonne pour bouger la France si et seulement si les personnes employées de l'état qui sont en charge d'interfacer avec les startups sont conscientes de l'enjeux stratégique de leur mission. Sinon cela fera un flop comme dans certains grands groupe... les startup ne sont pas le Messie ! Ce qui me permet à ce jour d'être confiant vis à vis de la stratégie de Mr Macron, c'est que Mounir est au numérique, et une cellule Innovation est à l'Elysee! Jon Yve était bien rattaché directement à Steve Jobs Et en final je dirais que le loup est déjà dans la bergerie politique : Le loup à 2 noms... Emmanuel Macron et En Marche!

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MARTEAU

13/05/2017 13h45 - MARTEAU

heureux les états uniens, ils n'auront plus qu'a racheter nos "start up"puisque nous n'avons les moyens d'empêcher ces acquisitions du fait de notre appartenance à l'Europe.Vive le FREXIT.

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verdarie

13/05/2017 12h04 - verdarie

Pour recréer l'envie de faire, il faut d'abord recréer les conditions qui permettent à chacun de vouloir s'améliorer ou "s'enrichir",par ses idées ou son travail ! Un chômeur qui touchent autant qu'un Smicard, n'a aucun intérêt à chercher du travail, car la société,consommateurs et entreprises,lui assure sa vie sans qu'il produise aucune richesse et sans rien apprendre ?

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