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Exclusif : L'Observatoire de l'uberisation veut secouer le code du travail

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Exclusif L'Observatoire de l'uberisation a vu le jour ce 5 octobre. Créé par la Fédération des auto-entrepreneurs et son président Grégoire Leclercq, cette structure veut faire évoluer le code du travail et le système de prestations sociales tricolore, pour qu'ils s'adaptent à un nouveau contexte, à l'heure de l'économie des plates-formes numériques. 

Exclusif : L'Observatoire de l'uberisation veut secouer le code du travail
Exclusif : L'Observatoire de l'uberisation veut secouer le code du travail © Pascal Guittet - L'Usine Nouvelle

"Uberisation (nom féminin) : changement rapide des rapports de force grâce au numérique. Au carrefour de l'économie du partage, de l'innovation numérique, de la recherche de compétitivité et de la volonté d'indépendance des Français, ce phénomène est une lame de fond qui va petit à petit impacter tous les secteurs de l'économie traditionnelle des services."

 

C'est ainsi que le flambant neuf Observatoire français de l'uberisation, qui ouvre ses portes ce 5 octobre, définit sur son site la cannibalisation de certains secteurs de l'économie – comme les taxis – par des start-up développant des plates-formes web collaboratives très faciles à utiliser pour les consommateurs.

 

recenser toutes les start-up

Créée et financée par la Fédération des auto-entrepreneurs (qui revendique 80 000 adhérents), et son président Grégoire Leclercq, cette structure est soutenue par l'association Parrainer la croissance, plusieurs parlementaires, d'anciens syndicalistes... Elle veut faire bouger les lignes du droit fiscal et social en France, pour qu'il s'adapte à une économie "uberisée", où les travailleurs indépendants sont de plus en plus nombreux.

 

"Pour y parvenir, nous voulons d'abord poser un constat, recenser toutes les start-up qui ont vu le jour dans les différents champs de l'économie tricolore, mesurer leur chiffre d'affaires par rapport aux recettes globales générées par ces secteurs", explique Grégoire Leclercq, président de l'Observatoire et de la Fédération des auto-entrepreneurs. Cette première étape devrait durer 6 mois.

 

Un livre blanc au printemps

La structure veut ensuite faire des propositions concrètes dans un livre blanc, pour faire évoluer le code du travail et le système social français. Cet ouvrage sera présenté officiellement au cours des "assises de l'uberisation", un évènement qui sera organisé par l'Observatoire au printemps 2016.

 

"Pour que ces propositions parviennent jusqu'au législateur, nous allons animer des groupes de travail dans les ministères. L'objectif : que leurs participants proposent des amendements au code du travail", dans le cadre du projet de simplification du texte, dévoile Grégoire Leclercq.

 

repenser le mode de calcul des cotisations sociales

Les indépendants, qui exercent souvent de multiples activités (chauffeur chez Uber, hôtelier chez Airbnb…) seront 1 million de plus en 2020 qu'en 2015, selon l'Organisation de coopération et de développement économique, citée par le dirigeant de la Fédération des auto-entrepreneurs. Le modèle social français n'est pas adapté à ce nouveau contexte, "il faut repenser le mode de calcul des cotisations sociales et des retraites", affirme-t-il.

 

Comment ? En modifiant complètement la notion de salariat déguisé. "Aujourd'hui, un travailleur indépendant qui ne produit quasiment que pour une entreprise se fait très souvent requalifier par l'Urssaf comme salarié de cette société. C'est symptomatique d'un modèle social qui ne veut pas réfléchir à d'autres formes d'emploi que le salariat", analyse Grégoire Leclercq.

 

Les indépendants ne font pas grève

Pour lui, il faut que les indépendants participent différemment au système de prestation sociales. Il propose par exemple de muscler leurs cotisations retraites et de créer une "assistance prévoyance renforcée" pour qu'ils puissent toucher des indemnités journalières lorsqu'ils tombent malades. Il voudrait aussi réfléchir à la création de comités d'entreprises destinés aux indépendants, pour qu'ils bénéficient des mêmes avantages que les salariés des grands groupes (chèques cadeaux, vacances à prix réduits…).

 

Ces mesures pourraient être défendues par un syndicat des indépendants, comme il en existe un aux Etats-Unis (Freelancers union) ou au Royaume-Uni (Federation of small businesses). Mais Grégoire Leclercq refuse que son organisation soit qualifiée de syndicaliste : "Nous sommes dans une logique du faire, pas dans une logique du dire, ni du blocage. Je n'aime pas l'idée de grève qui se cache derrière le syndicalisme en France. Les indépendants ne font pas grève."

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