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Face à la déferlante blockchain, la Caisse d'Epargne Normandie cherche des alliés

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En éliminant les intermédiaires, la technologie blockchain va attaquer frontalement le système bancaire actuel. Une conférence était organisée jeudi 3 mars sur ce thème au siège de la Caisse d’Epargne Normandie par le pôle de compétitivité TES (transactions électroniques sécurisées).

Face à la déferlante blockchain, la Caisse d'Epargne Normandie cherche des alliés
Face à la déferlante blockchain, la Caisse d'Epargne Normandie cherche des alliés © Blockchain

"La technologie blockchain et ses impacts sur les métiers de la bancassurance". C’était le thème de la conférence organisée jeudi 3 mars par le pôle de compétitivité TES (transactions électroniques sécurisées) dans les locaux de la Caisse d’Epargne Normandie à Bois-Guillaume près de Rouen. Joël Chassard, président du directoire de Caisse d’Epargne Normandie, résume l’enjeu de cette technologie de rupture qui concurrence frontalement les banques et leur fonction d’intermédiation.

 

Notre dossier : "La blockchain, ça vous concerne aussi..."

 

Tous les métiers de la banques menacés

"Nous pouvons nous faire attaquer, bout après bout, sur l’ensemble de nos métiers", a-t-il confié au cours d’une conférence de presse à l’issue de l'événement.

 

Concrètement, la blockchain - chaîne de blocs - repose sur le principe d'une gestion décentralisée de l’historique des transactions. C’est un registre global consignant des transactions ou des échanges de données. Il peut être représenté comme un fichier dans lequel s’empilent les uns sur les autres des groupes de transactions/échanges validés appelés blocs. La technologie a été créée en 2009 pour assurer la traçabilité des transactions effectuées dans la monnaie virtuelle Bitcoin. Cette blockchain fonctionne sans autorité centrale et s’appuie sur des mécanismes cryptographiques pour assurer l’intégrité et l’authenticité de chaque transaction.

 

La technologie va bouleverser le paiement électronique en réduisant le coût des transactions, en facilitant et en fluidifiant les échanges, en assurant leur traçabilité, en les consignant dans une base de données et en certifiant la validité de ces échanges sans intermédiaire. La Une du Nouvel Economiste du 31 octobre 2015 The trust machine (machine à créer de la confiance) résume bien le principe du mécanisme d’automatisation de cette confiance.

 

une rupture équivalente à l'Iphone

"Nous étions jusque là dans des process d’amélioration continue, mais avec la technologie blockchain, nous vivons une rupture", explique Joël Chassard. David Menga, référant Internet des objets au pôle TES confirme le caractère disruptif de cette technologie qui "élimine les intermédiaires dont le tiers de confiance, principal  gisement de valeur". C’est bien connu, plaisante David Menga, "l’assassin ne vient jamais de votre monde. Les banques n’ont pas vu arriver cette révolution, qui vient d’un autre univers. De la même manière, Nokia, le spécialiste du téléphone mobile n’a pas vu arriver Apple l’informaticien".

 

Interrogé par L’Usine Digitale sur ce qu’il compte mettre en place pour affronter cette révolution blockchain, Joël Chassard n’a pas évoqué de pistes particulières à court terme pour son établissement, mais indiqué que le sujet était stratégique. "Si nous n’avançons pas, nous reculerons", a-t-il souligné. Il a rappelé que le groupe BPCE (auquel appartient la Caisse d’Epargne) avait rejoint - au travers de la banque Natixis - un consortium international qui "explore le potentiel de la technologie blockchain". Ce consortium baptisé R3 rassemble aujourd’hui 42 banques internationales. A noter aussi l’initiative lancée par le groupe Caisse des Dépôts le 16 décembre 2015 sur la blockchain avec onze partenaires, dont la société française Paymium, pionnière des services blockchain et la société Blockchain Solutions.

 

Résister en meute

Les banques semblent décidées à avancer en meute face au concurrent blockchain. Jeudi 3 mars la Caisse d’Epargne avait d’ailleurs ouvert la porte à ses confrères et concurrents. Une table ronde réunissait en effet la BPCE, la Caisse des Dépôts et Consignations, le Crédit Agricole et l’assureur Allianz.

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