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Face à la pénurie de profils numériques les entreprises doivent proposer des formations

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Alors que la transformation numérique de l’économie s’accélère, l’offre de compétences ne suit pas. Le premier baromètre réalisé par Cap digital et Multiposting donne une idée de l’écart existant entre les besoins et les candidats disponibles. Les causes sont identifiées : des formations inadaptées, des entreprises pas toujours au fait des évolutions et des jeunes diplômés qui profitent de leur rareté.

Face à la pénurie de profils numériques les entreprises doivent proposer des formations
Face à la pénurie de profils numériques les entreprises doivent proposer des formations © Fotolia

Le pôle de compétitivité parisien Cap Digital s’est associé avec la start-up Multiposting pour élaborer un baromètre trimestriel des métiers numériques. 

La première édition a été présentée le 29 janvier dernier et confirme ce que de précédents travaux indiquaient : un déficit d’offres de compétences par rapport à la demande exprimée par les entreprises, et ce sur tout le territoire français.

Le baromètre, qui s’intéresse à six grandes familles de métiers (administrateur, chef de projet, développeur, spécialiste, analyse de l’information et marketing communication) révèle un manque de candidats pour les quatre premières, et une attractivité moyenne pour les deux derniers. 

Recul de la demande dans le marketing, la com' et la vente

Pour tous les métiers, l’indicateur, calculé à partir du nombre de candidatures reçues par offre, recule par rapport au dernier trimestre de 2014 (sauf pour l’analyse de l’information où il est stable).

 

A lire aussi : Les 25 compétences les plus recherchées en 2014 par les recruteurs, selon LinkedIn

 

L’explication provient notamment de la très forte hausse de la demande observée au cours des douze derniers mois. Le nombre d’offres pour les métiers d’administrateur a augmenté de 28%, pour les chefs de projets, il augmente de 25%, la croissance est de 19% pour les développeurs, 18% pour les spécialistes.

Deux valeurs extrêmes apparaissent : +30% d’offres publiées pour la famille "analyse de l’information" et un recul de 24% pour les offres dans le marketing, communication et vente. Sur ce dernier point, le directeur général de Multiposting relativise le résultat : "De plus en plus de métiers traditionnellement liés au marketing apparaissent dans d’autres catégories avec la transformation numérique." Par exemple, les spécialistes du big data qui décortiquent les données des clients pour affiner la stratégie marketing vont apparaître dans la catégorie "analyse de l’information" alors que leurs chargés d’études quantitatives étaient rattachés aux départements de marketing. Un professionnel du référencement apparaîtra plutôt dans la catégorie des "spécialistes".

L’essentiel est ailleurs, la croissance s’explique par la profonde transformation des entreprises qui passent au numérique, quel que soit leur secteur. "La forte croissance des offres d’administrateurs est un excellent indicateur de l’importance des mutations en cours", estime Stéphane Distinguin, président de Cap Digital.

Un marché difficile même pour Google

La synchronisation entre les besoins des entreprises et les compétences des jeunes diplômés est loin d’être évidente. En atteste le focus porté sur les langages les plus recherchés chez les développeurs. Avec 49% d’offres qui en font mention, le langage Java arrive en tête, devant le PHP (13%), le C (11%), le .NET et le html (8% chacun). "Les deux langages les plus recherchés sont relativement anciens pour les développeurs", estime Simon Bouchet.

Ce décalage est remis en perspective par Stéphane Natkin, professeur titulaire de la chaire Systèmes multimédias du Cnam : "Toutes ces classifications sont issues de l’histoire de l’informatique. On reste trop dans une vision disciplinaire alors que le numérique est désormais partout. Un ingénieur spécialiste du C++ peut très bien faire du Java après une formation d’un mois", estime-t-il. Sauf qu’en ayant indiqué qu’elles recherchaient un pro de Java, les entreprises se privent de ses compétences. Plus généralement, Stéphane Distinguin estime qu’"une entreprise qui a du mal à recruter est souvent une entreprise qui ne forme pas ses salariés. Le fait de pouvoir apprendre est très important pour attirer les talents les plus jeunes."

Plus question de se reposer sur la notoriété de son nom. La responsable du M2 de géomatique de Paris 8, présente dans la salle, a raconté devant un parterre ébahi que l’an dernier "un étudiant avait refusé un stage chez Google". Pour l’instant, c’est le candidat qui impose sa loi.

Christophe Bys

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