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Fleur Pellerin : "Nous souhaitons créer de belles success story françaises"

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L’actualité est riche en cette fin d’année 2016 pour Fleur Pellerin. Création de Korelya capital, son propre fonds d’investissement, prise de participation dans Devialet, arrivée au Conseil d’administration de KissKissBankBank et au Comité stratégique de Talan… L’ancienne ministre déléguée chargée des PME, de l’Innovation et de l’Économie numérique se positionne clairement sur le marché de l’entrepreneuriat numérique. A 15 jours du CES 2017, elle se confie à L’Usine Digitale.

Fleur Pellerin : Nous souhaitons créer de belles success story françaises
Fleur Pellerin © Nicolas Reitzaum

L’Usine Digitale : Vous venez de lancer votre propre fonds d’investissement, Korelya Capital. Quelle est sa vocation ?

Fleur Pellerin - Korelya capital opère un fonds de 100 millions d’euros levés auprès  du groupe coréen Naver et sa filiale japonaise Line. J’en ai fait l’annonce lors d’une conférence de presse à Séoul en septembre dernier. Nous sommes en phase de démarrage bien que nous ayons réalisé un premier investissement important. Nous ciblons avant tout les jeunes start-up françaises et européennes dont le cœur de la technologie porte sur le big data, l’IoT, l’intelligence artificielle… des technologies que nous considérons comme clés pour demain. Ainsi, nous souhaitons créer de belles success story françaises et européennes.
Nous avons créé de l’emploi en France. Nous serons 6 en janvier et 8 en mars prochain, avec un bureau à Séoul. Par ailleurs, nous devrions créer un second fonds dans 18 mois.
 

Vous avez annoncé une prise de participation dans Devialet fin novembre 2016. Pourquoi un tel investissement ?

F. P. – Devialet est une opportunité qui s’est présentée il y a un peu plus d’un mois. Il s’agit de la troisième levée de fonds pour cette entreprise. Korelya Capital n’a normalement pas vocation à investir dans les start-up "late stage" mais plutôt "early stage".  Mais c’était une belle occasion d’aider une entreprise de software et pas simplement de hardware. La valeur porte sur ses brevets et ses technologies autour du son. L’idée est de pouvoir l’aider à distribuer ses produits dans le monde entier et notamment en Asie.
Il ne s’agit donc pas seulement d’un partenariat financier, mais aussi industriel et commercial.
Foxconn, par son fonds européen Ginko, va davantage s’occuper de Taiwan et de la Chine, tandis que notre réflexion porte sur l’accès au Sud-Est asiatique (Corée, Indonésie, Thaïlande…)
 

Vous avez également rejoint le comité administratif de KissKissBankBank début décembre. Qu’est-ce que cela représente pour vous ?

F. P. - Je rejoins le board car Vincent Ricordeau me l’a demandé en tant qu’ami mais aussi parce que, en tant que Ministre du Numérique, j’ai libéralisé le secteur du crowdfunding en assouplissant son cadre. Je voulais que la France soit à l’avant-garde du secteur. Avant, il était très difficile de se positionner pour des start-up car la réglementation était très contraignante. Depuis cette réforme, les fonds levés augmentent chaque année et cette pratique commence à entrer dans les mœurs.
 

Autre actualité, vous rejoignez le Comité d’orientation stratégique de Talan…

F. P. – Il s’agit avant tout d’une histoire personnelle et humaine. J’ai accepté la proposition de Mehdi Houas (CEO de Talan, NDLR) parce que je le connais depuis 10 ans. Nous nous sommes rencontrés lorsque j’étais au Club 21e siècle. Par ailleurs, Talan est un très beau succès français.  Je souhaite voir se multiplier ce type d’exemples et montrer que l’on peut créer de belles entreprises en France, comme en Allemagne. Par ailleurs, Talan gère la transition numérique des entreprises, des problématiques que j’ai suivies de près en tant que ministre.
 

J’ai été la première ministre française à emmener une délégation au CES de Las Vegas.

 

 

Les entreprises françaises sont-elles prêtes aujourd’hui à prendre ce virage ?
F. P. – 
Elles ont pris conscience qu’il est important d’intégrer le numérique dans le cadre de leur stratégie. Aujourd’hui, tous les secteurs de l’industrie et des services sont impactés. Cela oblige les entreprises à repenser leurs modèles. Mais il est vrai que c’est beaucoup plus difficile pour les grosses structures, d’où le financement de start-up via du corporate venture qui vont ensuite les y aider.

 

Vous avez officiellement lancé la French Tech en janvier 2014. Quel regard portez-vous aujourd’hui sur ce label ?

F. P. - Je n’ai pas inventé l’écosystème. Celui-ci avait simplement besoin de compétitivité, de visibilité et de mise en valeur. C’est pour cela que je suis allée au CES de Las Vegas en janvier 2014 et que j’ai créé le label French Tech.  Il faut prendre l'écosystème dans son ensemble. Cela va de la réflexion sur la fiscalité, à la manière dont on constitue son équipe, jusqu’au financement… Si l’on omet une pièce de ce puzzle, cela ne peut pas marcher. Regardez le succès de la Silicon Valley : il est constitué d’entrepreneurs, d’investisseurs…
Je suis donc très fière de la French Tech. Tous les entrepreneurs sont reconnaissants de ce travail collectif. C’est une vraie belle réussite. Le plan est tel qu’il a été conçu au départ. Mais la Silicon Valley ne s’est pas faite en trois ans…
 

Vous croisera-t-on au CES de Las Vegas en janvier 2017 ?

F. P. - Il est très important pour nous d’être présents dans de grandes expositions, forum, symposium… J’ai d’ailleurs été la première ministre française à emmener une délégation à Las Vegas. Mais je ne pourrai pas y aller personnellement cette année. Bien sûr, des personnes de l’équipe de Korelya Capital seront sur place.
Si je suis en contact avec beaucoup de start-up par des amis ou des sociétés de capital-risque non français tout au long de l’année, il est très intéressant de rencontrer des entreprises locales et étrangères avec qui nous pouvons échanger différemment lors de ces événements. C’est le cas de Slush (qui s’est tenu les 30 novembre et 1er décembre à Helsinki, NDLR) ou du salon Vivatech.
Du côté des start-up, on voit une montée en puissance depuis 4 ou 5 ans dans ces grands événements. C’est aussi important pour elles en termes de visibilité.

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1 commentaire

Marx

21/12/2016 09h54 - Marx

Cette femme est talentueuse. N'oublions pas qu'elle aurait pu (à l'instar de certains de ses anciens collègues, "baronner" dans la haute administration... Elle en a démissionné, avant de se lancer dans l'entreprenariat. Quel ancien Ministre peut en dire autant? Respect, talent, exemplarité. LaurentJoIP

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