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L’agroalimentaire français se penche (enfin) sur sa transformation digitale 

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Avec des consommateurs de plus en plus connectés, l’agroalimentaire français reste paradoxalement en retrait sur le web. Hormis les grands groupes, les entreprises tardent à se déployer sur la toile ou sur les réseaux sociaux… 

L’agroalimentaire français se penche (enfin) sur sa transformation digitale
L’agroalimentaire français se penche (enfin) sur sa transformation digitale  © Pernod Ricard

Oasis, Ferrero, Schweppes, Pernod Ricard… De plus en plus de grands noms de l’agroalimentaire se déploient sur les réseaux sociaux et misent sur le web pour accélérer leur business. Au point d’avoir, comme Danone ou Pernod Ricard, nommé des responsables de la transformation digitale. Mais ces entreprises sont encore peu nombreuses dans le paysage agroalimentaire français, notamment chez les 98% de TPE-PME qui composent le secteur de l’industrie des biens de grande consommation, sur lequel évoluent les 11 800 entreprises de l’agroalimentaire.

"Même si la transformation digitale est amorcée, la présence des acteurs du food sur la toile reste pour l’instant limitée, avec seulement 44% des TPE-PME présentes sur Internet, dont 10% ayant mis en place un site marchand", constate Philippe Le Magueresse, directeur général associé d’OpinionWay, qui participait, le 25 novembre, à la seconde édition du colloque Food Is Social consacré à la transformation digitale des entreprises de l’agroalimentaire. 

Des taux de croissance plus élévés

Le potentiel de développement offert par le web semble immense, mais les entreprises tardent à s’en rendre compte ou à y consacrer des moyens suffisants. Selon une étude réalisée en septembre 2014 par le cabinet Roland Berger, "les entreprises les plus matures dans leur transformation numérique ont une croissance six fois plus élevée que celles qui sont le plus en retard dans ce domaine. Et si 57% des entreprises identifient le numérique comme un axe de développement à moyen terme, seules 36% d’entre-elles ont formalisé une stratégie adaptée".

Mais l’utilisation du web et des réseaux sociaux est à prendre avec précaution pour les entreprises. "Il faut être le plus transparent possible dans les conversations, écouter les internautes et ne pas exercer de modérations sauvages", estime Guillaume du Gardier, responsable du marketing digital Europe de l’Ouest et du Sud de Ferrero. Sinon, cela peut rapidement se retourner contre l’entreprise. 

"Internet et les réseaux sociaux ne doivent pas être considérés comme de simples outils pour forcer les ventes, mais comme un moyen offert aux entreprises pour créer du lien avec leurs consommateurs et les fidéliser", ajoute Philippe Le Magueresse. Une opinion partagée par Jérôme Dévouge, le fondateur de la société Prêt à pousser, qui commercialise des kits de champignons à cultiver chez soi : "Très peu de consommateurs achètent directement en cliquant sur l’onglet prévu à cet effet. On se rend compte qu’ils prennent le temps de lire toutes les pages d’informations sur nos kits pour se rassurer et donner leur confiance, avant de passer à l’acte".

Un plan d’action pour l’Ania en 2015

Selon Roland Berger, les usagers et consommateurs français sont de plus en plus connectés (près de 6 Français sur 10 ont acheté en ligne en 2013), mais, paradoxalement, nos entreprises demeurent peu ou pas numérisées. Face à ce constat, l’Association nationale des industries agroalimentaires (Ania), a décidé de mettre l’accent sur la transformation digitale en 2015. "C’est un pas important, voire vital pour nos entreprises, si elles veulent restées connectées avec leurs consommateurs", insiste Amaury Bessard, le directeur de la communication de l’Ania.

"Les consommateurs de demain sont déjà sur les réseaux sociaux, il faut leur parler pour leur donner confiance dans nos process de fabrication et nos valeurs sociales", poursuit-il. Quatre leviers devraient être actionnés par l’Ania en 2015 : le soutien à des pratiques ou conférences visant à déployer le digital, l’organisation de rencontres ou de formations pour partager les connaissances et les retours d’expérience, la recherche de financements collectifs pour mettre en place des projets et une refonte de la stratégie de communication vers le digital. A défaut de pouvoir rattraper rapidement son retard dans le numérique, l’agroalimentaire français semble en tous cas avoir pris la mesure des enjeux.

Adrien Cahuzac

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