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L’Europe est-elle mûre pour un marché numérique unique ?

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Le nouvel Indice de la maturité numérique de l’Europe (Digital Economy and Society Index) publié par la Commission européenne laisse, comme toujours, apparaître de grandes disparités entre les pays de l’Union. Des différences qui compliquent le grand projet de marché numérique unique.

L’Europe est-elle mûre pour un marché numérique unique ?
L’Europe est-elle mûre pour un marché numérique unique ? © Wikimedia commons

"En créant un marché unique numérique connecté, nous pouvons générer jusqu’à 250 milliards d’euros de croissance supplémentaires", annonçait Jean-Claude Junker, président de la Commission européenne, dans son discours d’orientation politique. Selon lui, puisque les technologies numériques ne connaissent pas de frontière, une Union européenne dans laquelle chaque pays possède ses propres règles en matière de télécommunications, de droits d’auteur, de protection des données ou de gestion du spectre radioélectrique n’a plus de sens. Payer plus cher l’usage de son téléphone mobile dans un autre pays que le sien, non plus. Mais le chemin pour construire un marché unique numérique, avec des entreprises soumises aux mêmes règles de protection des données et des consommateurs, quels que soient les pays où sont basés leurs serveurs informatiques, risque d’être plus compliqué que prévu. Car, sans grande surprise, tous les pays d’Europe n’ont pas la même maturité numérique.

La France moyenne même en numérique

Inutile de chercher longtemps la France dans les graphes de l’Europe. Elle est toujours au milieu. Avec un degré de maturité numérique de 0,48 sur 1, le pays se classe pile 14e. C’est mieux (elle avait une note de 0,45 dans l'indice précédent) et le pays progresse dans les cinq volets du classement... mais il reste toujours dans la moyenne, les autres pays progressant aussi. Parmi les points saillants : 74% des foyers ont un accès haut débit, utilisé davantage pour se divertir (TV et video sur internet) et faire du shopping (73%) que pour communiquer entre eux ! ET si 67% des citoyens disposent au moins de compétences de base, seulement 2,1% des employés déclarent avoir "des compétences spécialisées en TIC".

C’est en tout cas ce que révèle le nouvel indice relatif à l’économie et à la société numérique (Digital Economy and Society Index), élaboré par la Commission européenne. Ce dernier combine plus de 30 indicateurs. Ceux liés à la connectivité et aux compétences numériques (capital humain), considérées comme les fondations de l’économie et de la société numériques, comptent chacun pour 25% de la note (la note maximale est de 1). L’intégration de la technologie numérique comptent pour 20%, les activités en ligne (utilisation de l’internet) et les services publics en ligne, chacun pour 15%.

0,47 sur 1 de maturité numérique en moyenne

Selon ces règles, le Danemark obtient un degré de numérisation record de 0,68 sur 1, alors que la Roumanie n’est qu’à 0,31. La France est à 0,48 (voir encadré). La moyenne européenne est de 0,47. La maturité - et donc les préoccupations - des États membres en matière de connectivité, de formation, de développement de l’écosystème numérique ou d’e-administration, est donc très différente d’un pays à l’autre. Car si, en moyenne 75% des Européens utilisent régulièrement l’internet en 2014 (93% au Luxembourg), ce n’est vrai que pour 48% des Roumains. Du côté des services publics en ligne, les disparités sont encore plus grandes. Si 69% des Danois échangent avec leur administration par voix numérique, ils ne sont que 6% en Roumanie. Quand aux prescriptions en ligne des médecins généralistes, le pourcentage varie de 100% en Estonie à 0% à Malte, avec une moyenne européenne de 26%. Et c’est sans parler du faible usage du commerce en ligne des entreprises, qui plafonne à 15% !

Certes, ces taux sont en progression. "Ces chiffres montrent que l’Europe devient un continent numérique et que les Européens disposent de nouveaux services de grande qualité", analyse Andrus Ansip, vice-président de la Commission européenne chargé du marché numérique unique, dans un communiqué. Mais pour créer ce marché unique, qui permettrait la création de centaines de milliers de nouveaux emplois selon la Commission, il faut d’abord unifier certaines règles, fiscales notamment, pour que l'ouverture numérique des frontières marchandes ne bénéficie pas encore uniquement au Gafa. Reste à savoir si la volonté politique sera assez forte.

Aurélie Barbaux

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