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La fondation Sigfox (pour un monde meilleur) veut connecter des glaciers, des pêcheurs en mer, des rhinocéros…

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Impossible de conquérir le monde sans prétendre vouloir le sauver… Après Facebook, Uber et autres Google, le français Sigfox se lance à son tour dans l'humanitaire, avec la création d'une fondation qui mettra le "low power" au service du bien commun.

La fondation Sigfox (pour un monde meilleur) veut connecter des glaciers, des pêcheurs en mer, des rhinocéros…
L'antenne Sigfox installée près de la base belge "Princess Elisabeth" en Antarctique. © Sigfox

Pour devenir un géant mondial du numérique, il ne faut pas seulement développer des produits et services à vocation universelle. Il faut aussi défendre une vision du monde et mener des projets philanthropiques. Les Américains l'ont bien compris. Mark Zuckerberg et Google ambitionnent de connecter les zones blanches de l'internet, Bill Gates veut prévenir un nouvel Ebola, et Uber se présente en bienfaiteur de l'humanité.

 

évangéliser : faire le bien et se faire connaître

Les Français commencent à s'y mettre, timidement. Withings a par exemple créé une division dédiée à la recherche médicale afin d'"évangéliser le marché". Le toulousain Sigfox annonce son tour ce 19 janvier la création d'une fondation à but non lucratif, indépendante de l'entité commerciale. Cette nouvelle structure, créée fin 2015, qui disposera bientôt d'une petite équipe, sera un lanceur de projets humanitaires (dans l'environnement, la santé, le social)… autant qu'un accélérateur de business. Il fera connaître le réseau Sigfox et ses usages innovants à travers des projets d'intérêt général. "La technologie Sigfox se prête bien à ce type de projets, car elle est par nature frugale, explique Christophe Fourtet, co-fondateur de la start-up. Avec peu de moyens, on peut créer des projets qui ont beaucoup d'impact", résume-t-il.

 

premier projet en antarctique

La Sigfox Foundation a l'ambition de développer des projets liés à la connectivité bas débit partout dans le monde, en partenariat avec des mécènes et entreprises. Le tout premier, déjà lancé, consiste à installer deux antennes Sigfox dans l'Antarctique, près de la station Princess Elisabeth, gérée par le secrétariat polaire belge. La start-up d'outre quiévrain Sensolus a offert 40 balises GPS connectés via le réseau Sigfox au personnel de la station pour permettre de localiser à faible coût les matériels et les hommes, dans des zones très difficiles d'accès. Ces trackers disposent d'une autonomie plus longue que leurs équivalents 100% GPS et leur coût d'utilisation est bien plus faible. "C'est un laboratoire idéal pour nous, dans des conditions très difficiles : le froid extrême, la neige, cette poussière très fine qui entre partout… Quand tout marche en Antarctique, cela prouve que cela fonctionnera partout dans le monde", juge Kristof van Rattinghe, PDG de Sensolus.

 

Si le premier cas d'usage est lié à la sécurité, d'autres pourraient être mis en œuvre lors de prochaines missions, pour le suivi de la fonte des glaces et de la météo, le "marquage" numérique des crevasses (des pièges mortels invisibles) et le balisage de chemins temporaires d'accès vers la côte (située à 200 kilomètres de la base). Un premier bilan de l'utilisation des trackers sera dressé en mars, à l'issue des quatre mois de mission.

 

suivi environnemental, quantified self animalier...

Sigfox ne manque pas d'idées pour changer le monde à coups de capteurs low-cost peu gourmands en énergie. Parmi les expérimentations envisagées, la localisation des rhinocéros dans des réserves animalières, le suivi des feux de forêt, la création de gilets de sauvetage connectés donnant l'alerte quand un pêcheur en mer tombe à l'eau... Les possibilités sont quasi-infinies. La fondation sera là pour identifier de nouveaux besoins et amorcer la pompe... mais l'entité business prendra le relais quand un véritable marché aura été créé. "Aujourd'hui on voit beaucoup d'expérimentations, de projets pilotes, il faut passer à une phase de grande échelle, plaide Ludovic le Moan, co-fondateur de Sigfox. Car les causes que nous voulons porter ne peuvent pas attendre cinq ou dix ans."

 

L'équipe de Sigfox voit dans cette initiative un moyen de "donner du sens", à son aventure entrepreneuriale. "Mon but n'est pas d'être riche mais de vibrer au quotidien, assure Ludovic le Moan. Être en empathie, développer ce type de projets, c'est aussi important que de créer une licorne". Les 200 salariés de la pépite française sont invités à donner de leur temps et de leur énergie pour ces missions d'intérêt général. C'est aussi une façon de souder les troupes, alors que la start-up ambitionne de doubler de taille rien qu'en 2016.

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