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La start-up française Jam lève 1 million d'euros pour booster son intelligence artificielle pour étudiants

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La start-up française Jam n'a même pas un an, mais son concept d'assistant pour étudiants à base d'intelligence artificielle par SMS et chat convainc déjà les investisseurs. L'entreprise lève un million d'euros pour accélérer son développement.

La start-up française Jam lève 1 million d'euros pour booster son intelligence artificielle pour étudiants
La start-up française Jam lève 1 million d'euros pour booster son intelligence artificielle pour étudiants © Web Nextbit

La start-up parisienne Jam annonce ce 21 janvier une levée de fonds d'un million d'euros, 8 mois après le lancement de son service éponyme d'intelligence artificielle par SMS. "Le projet est né de notre désir de faciliter le quotidien des étudiants", explique Marjolaine Grondin, CEO de Jam. La jeune femme a fondé la société avec Loïc Delmaire (CTO) en avril 2015 après avoir expérimenté plusieurs versions du service lorsqu'ils étaient eux-même encore étudiants.

 

L'entreprise n'en est encore qu'à ses débuts et n'a réalisé que 40 000 euros de chiffre d'affaires en 2015, mais son potentiel a su convaincre le fonds de capital développement ISAI, qui a mobilisé 11 investisseurs. Parmi eux, des entrepreneurs comme Cyril Vermeulen (cofondateur de AuFeminin.com), Pierre Valade (cofondateur de Sunrise), ou Pierre Kosciusko-Morizet et Pierre Krings (cofondateurs de PriceMinister). "Ils ont beaucoup aimé le duo que nous formons avec Loïc, décrypte la dirigeante. Lui est un très bon ingénieur, moi j'apporte le côté marketing. Nous avions déjà levé 300 000 euros, mais nous avons montré que nous pouvions nous débrouiller avec peu de moyens."

 

Un marché bien ciblé

Jam profite également de l'effervescence actuelle autour du machine learning. "L'intelligence artificielle est un sujet brûlant en ce moment, et nous avons réussi à nous positionner sur un segment bien particulier, commente Marjolaine Grondin. Jam n'est pas strictement que pour les étudiants mais nous nous concentrons sur cette cible, et cela nous rend plus efficaces." Notamment d'un point de vue marketing.

 

L'intelligence artificielle parle donc d'une certaine façon, elle comprend les requêtes et effectue des recherches avec un angle spécifique. Autre bénéfice (et non des moindres) : cela évite à la start-up le choc frontal avec les géants américains (IBM, Google, Microsoft...) sur ce marché très compétitif. Avoir le français comme langue native est un autre avantage pour le marché national.

 

Une intelligence pas si artificielle

Jam se présente comme étant capable de répondre à toutes les demandes par SMS ou Facebook Messenger (la compatibilité avec WhatsApp et Twitter est en développement) : bars, restaurants, stages professionnels, week-ends... Sur le papier, Jam peut tout faire. Et ce en langage naturel, voire même en "langage SMS".

 

Son secret pour y parvenir, là ou Siri et Cortana échouent ? Tricher un peu, en utilisant des humains pour peaufiner les résultats lorsque l'IA ne suffit pas. Un principe similaire à celui de l'assistant digital de Facebook, M for Messenger. "Pour l'instant nous avons 30% de requêtes complètement automatisées, 50% sur lesquelles un humain intervient en plus de la machine et 20% qui impliquent uniquement une intervention humaine," détaille la cofondatrice. Le service n'est d'ailleurs pas disponible entre 2h et 7h du matin.

 

La technologie derrière l'IA est développée en interne, basée sur des algorithmes open source. La machine rentre des métadonnées dans un back office sur lequel les humains peuvent intervenir. Les opérateurs n'ont besoin que d'une formation légère. "On peut former quelqu'un en trois heures de temps," affirme Marjolaine Grondin. Les données proviennent de partenaires et d'utilisateurs, mais aussi d'aggrégateurs comme Indeed, Azerty Jobs ou Wizbii via des API. Au total, plus de 40 partenaires enrichissent le service, dont Airbnb, Blablacar, Uber, Deliveroo, la CNAV, Engie ou Solucom.

 

Devenir une référence dans l'IA en France... et à l'international

Mais pour que Jam continue à croître, l'IA doit prendre le pas sur l'humain. "Nous aimerions passer à 80% de requêtes traitées automatiquement en 2016, pour augmenter notre réactivité et faire face à la croissance du nombre d'utilisateurs," explique Marjolaine Grondin. Le système est déjà présent dans un millier d’établissements, et sa fréquentation est passée de 3000 à 25 000 utilisateurs en 4 mois, avec en moyenne 3000 à 6000 messages échangés par jour.

 

Les deux fondateurs sont actuellement épaulés par 7 employés, un chiffre qui va passer à 12 suite à la levée de fonds. "Nous recrutons des data scientists et des experts en deep learning," précise-t-elle. A terme, la dirigeante vise l'international et d'autres langues, car "les étudiants voyagent beaucoup". Et peut-être même, dans un futur plus lointain, l'ouverture vers d'autres marchés, comme les jeunes cadres ou les seniors. D'ici, reste à voir si Jam saura réaliser le tour de force technologique qui propulsera son système au même niveau que ceux des plus grandes entreprises du numérique.

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