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Laval Virtual 2017 : le temple de la réalité virtuelle française expose ses ambitions mondiales

mis à jour le 27 mars 2017 à 18H10
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Reportage Il y a quelques années, on entendait encore certains dire "la réalité virtuelle, c'est un grand domaine d'expertise français !" Plus aujourd'hui. La Silicon Valley s'est emparée du sujet, les révolutions technologiques ont eu lieu, et les mastodontes que sont Facebook, Samsung, Google, Microsoft et autres HTC en sont désormais les références. Mais l'expertise française n'a pas disparu. La ville de Laval a su préserver sa pertinence, ainsi que celle de l'écosystème qui l'alimente. Et loin de se régionaliser face à une pléthore de rendez-vous internationaux, il redouble d'ambition et s'internationalise à son tour.

Laval Virtual 2017 : le temple de la réalité virtuelle française expose ses ambitions mondiales
L'accueil du stand du district de Laoshan à Laval Virtual 2017. © Julien Bergounhoux

Le salon Laval Virtual, basé dans la ville éponyme de Laval en Mayenne (Pays de la Loire), en est à sa 19e édition. Il se tient du 22 au 26 mars 2017, avec trois journées professionnelles suivies d'un week-end ouvert au grand public. S'il est depuis des années le rendez-vous de l'industrie de la réalité virtuelle en France, l'évènement impressionne surtout par sa résilience et sa pérennité. Car le secteur de la réalité virtuelle (et augmentée) n'a en 2017 plus grand-chose à voir avec ce qu'il était en 2010.

 

Un salon qui s'est transformé avec son industrie

Avec l'arrivée des casques grand public est né un marché bien différent de celui des Cave (des salles immersives lourdement équipées de projecteurs et d'écrans coûteux) dédiées à l'industrie lourde. Et ce marché est en retour animé par de tout autres acteurs. Surtout, avec une démocratisation massive de ces technologies et un intérêt économique multiplié au centuple, les évènements ont fleuri partout dans le monde. Il y en a désormais des dizaines aux Etats-Unis, en Europe et en Chine.

 

Mais, comme le village des irréductibles Gaulois d'Astérix, Laval résiste. Contrairement à eux, cependant, Laval s'est adaptée, transformée. Laval Virtual 2017 est bien différent de Laval Virtual 2014. Les casques y sont désormais omniprésents et les noms des exposants n'y sont plus les mêmes. HTC y était présent avec le Vive en 2016, tout comme Unity, qui avait emmené 4 start-up. Ils ont rempilé cette année, et Unity a 20 pépites dans son espace. A cela vient s'ajouter un stand Samsung, mais aussi Microsoft avec 5 preuves de concept (POC) pour l'industrie avec HoloLens. Et puis il y a le pavillon chinois, sponsorisé par le district de Laoshan. On y trouve notamment Goertek, un champion chinois de la fabrication.

 

Et le salon continue de grandir. Il fait 6000 m2 cette année, contre 5200 m2 l'année dernière. Pour ses vingt ans, en 2018, il aura 1500 m2 supplémentaires. Une taille qui devient critique par rapport à la structure d'accueil (une salle d'à peine 3000 m2 renforcée de tentes sur un grand parking), mais qui devra faire l'affaire en attendant qu'un nouveau bâtiment soit fini de construire (probablement en 2020). 194 exposants professionnels sont présents cette année, plus 50 exposants grand public qui n'arriveront que le week-end (certains pros laissant leur place).

 

Laval plus fort que Paris ?

Reste le problème du lieu. Laval n'est pas Paris, et en France un évènement qui n'est pas à Paris a du mal à être légitime. Laval Virtual s'est pourtant toujours voulu international, en accueillant régulièrement des chercheurs prestigieux venus des Etats-Unis ou d'ailleurs, et avec la présence récurrente de projets de recherche japonais. Ce problème s'est exacerbé ces dernières années avec l'éclosion de multiples rendez-vous européens, et a culminé par le succès du salon Virtuality, qui s'est tenu fin janvier à Paris.

 

Une concurrence que Laurent Chrétien, président de Laval Virtual, ne peut plus prendre à la légère, même si les deux évènements ne jouent pas (encore ?) dans la même ligue. A titre d'exemple, deux chercheurs de Nvidia Research sont venus de Seattle présenter leur travaux sur le "foveated rendering" à Laval cette année. Cette qualité d'exposant se retrouve difficilement ailleurs en France.

 

Par ailleurs, si Laval Virtual se veut résolument B2B, il ne délaisse pas le marché de la culture pour autant. Il avait mis en place cette année une place de marché en collaboration avec le CNC. Une quinzaine d'entreprises triées sur le volet (une moitié française, l'autre internationale) ont pitché devant les investisseurs avant d'enchaîner sur des discussions privées.

 

Un Laval Virtual Asia dès cette année

Mais là encore, les lavallois surprennent. Laurent Chrétien nous a révélé mercredi que la présence du district de Laoshan au salon n'est pas anodine. Ce dernier est venu vers Laval Virtual en 2016 à la recherche d'un partenariat. Et, Chine oblige, le résultat ne s'est pas fait attendre. Le premier Laval Virtual Asia aura lieu à Laoshan en novembre 2017. Il se déroulera sur environ 10 000 m2. Et c'est un contrat sur 10 ans, qui court jusqu'en 2027. L'association Laval Virtual est coorganisatrice. Elle apporte son expérience, son expertise, et bien sûr son carnet d'adresse. "Nous ferons venir une trentaine d'exposants de qualité," confie Laurent Chrétien.

 

Partenariat avec Viva Technology

Pour référence, le district de Laoshan, qui est sous sous la juridiction de la ville "provinciale" de Tsingdao (d'où provient la fameuse bière), compte près de 400 000 habitants. La ville et sa banlieue en comptent 8,7 millions. Et Paris ? "On va voir, répond le dirigeant. On réfléchit aussi au Canada et à l'Allemagne, mais oui, Paris est une piste de réflexion." Dans l'immédiat, Laval Virtual sera le référent expert sur la réalité virtuelle lors de l'édition 2017 du méga-salon Viva Technology. "Nous signons vendredi," explique Laurent Chrétien. Il n'écarte pas non plus la possibilité d'une participation à la Halle Freyssinet, même si rien n'est prévu pour le moment.

 

vers une diversification des activités

En parallèle, Laval Virtual poursuit la diversification de ses activités. Sept journées thématiques "Laval Virtual Days" ont eu lieu un peu partout en France en 2016, et il y en aura 10 en 2017. Le Laval Virtual Center, une structure de 3000 m2 qui regroupera l'association Laval Virtual, l'Institut Clarté et Arts et Métiers ParisTech (anciennement ENSAM) est aussi en cours de finalisation. L'inauguration devrait se faire en octobre. Le coût de la construction a été de 5,5 millions d'euros.

 

Une cinquantaine de personnes occuperont 1200 m2 à temps plein au sein de cette structure, tandis que le reste sera dédié à des prestations "d'accélération technologique" à destination des entreprises. "Nous y ferons de la veille technologique, de l'évaluation de matériel et du service aux entreprises en mutualisant les talents des trois entités, explique Laurent Chrétien. Et nous poursuivons l'offre de formation continue à destination des développeurs et techniciens avec la Laval Virtual University". Laval Virtual a aussi rejoint le GIE de la VR Connection, qui développe entre autres des expériences de divertissement sur site avec Eydolon. Devant cette multitude d'initatives, force est de reconnaître que Laval a parié sur un secteur gagnant il y a 19 ans, et que la ville est bien partie pour capitaliser encore longtemps sur cette expertise.

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