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Le CES, alors ça vaut le coup ou pas? L’avis de quelques start-up françaises exposantes

| mis à jour le 12 janvier 2017 à 11H19
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Elles étaient près de 200 à exposer sur l’Eureka Park, soit un tiers de l’espace d’exposition réservé aux start-up. Quelles étaient les attentes de ces pépites de la French Tech ? Comment ont-elles vécu le CES ? Le business a-t-il été au rendez-vous pour les start-up exposant pour la première fois sur le Village by CA ? Voici un premier bilan.

Le CES, alors ça vaut le coup ou pas? L’avis de quelques start-up françaises exposantes
Diane et Jonathan Banner de Sphere, en pleine discussion avec Virginie Calmels sur le Village by CA lors du CES 2017 © Fabrice Marsella/Village by CA

"L’an dernier, le CES nous a permis de décoller", assure Thibaut Jarrousse, co-fondateur de 10-Vins, qui a choisi de rempiler pour l’édition 2017, avec Business France.  C’est une véritable ouverture sur le monde".  Mais "le CES, si tu ne le vis pas, tu ne le comprends pas", lance Fabrice Marsella. Devant le bouillonnement constaté lors de leur mission d’observation en 2016, le maire du Village by CA et son équipe ont choisi cette année de revenir mais avec leur propre espace sur l’Eureka Park, au cœur de  la French Tech.

Le Village by CA, à la fois pépinière, incubateur et accélérateur de start-up, a en effet sélectionné 6 start-up (Jooxter, Trovolone, Wiidii, i-lunch, Sphere et Jaeger & Lewis), pour exposer sur son stand. Objectif : offrir une visibilité internationale à ces pépites. Alors intéressant ou pas le CES ?
 

Les attentes des start-up Avant le CES…

Toute l'équipe de Wiidii

 

Interrogé avant de s’envoler pour Las Vegas, Cédric Dumas, fondateur de Wiidii (tout à droite sur la photo ci-dessus), s’était rendu en tant que visiteur au CES 2016 : "J’y étais allé pour faire du networking, mais cela avait été inintéressant sur ce point en tant que start-up. En revanche, j’avais trouvé l’Eureka Park hallucinant : c’est très actif, et très business". En pleine phase d’ascension, la start-up a accepté la proposition du Village by CA d’exposer sur leur espace en 2017 : "Nous savons déjà que nous n’y allons pas pour rien", assurait Cédric Dumas courant décembre. Une semaine avant de partir, la start-up avait en effet déjà plusieurs rendez-vous de calés avec des banques, des constructeurs automobile et de devices.

Victoria Benhaïm, fondatrice d’i-lunch, autre start-up sélectionnée par le Village, également contactée avant de partir, avait déjà aussi des rendez-vous pris plusieurs jours avant le salon. La jeune femme avait été déjà sélectionnée pour la parole lors de la soirée Women in Tech, organisée en marge du salon. Elle souhaitait pour sa part bénéficier du CES pour mesurer l’appétence du marché américain pour sa solution de "cantine digitale" connectée aux données de santé : "Aux Etats-Unis, la santé connectée est plus développée qu’en France et le système médical est différent. On pense qu’il y a un énorme marché". De son côté, Jooxter, autre une start-up retenue, comptait "identifier au moins un ou deux projets intéressants cette année sur le marché américain".

 

Le bilan, sur place, à chaud

Résultat ? La plupart des start-up ont eu des contacts intéressants sur le marché international et ont pu mesurer le potentiel de leurs solutions. Thibaut Jarrousse, de 10-Vins, l’affirme : "Cette année, le CES nous a permis de qualifier l’appétence de l’écran connecté de la D-Vine (la Nespresso du vin, ndlr). C’est une vraie étude de marché géante en seulement 3 jours. Et puis, on a les impressions en direct".

Intéressant pour la visibilité à l’international, mais pas seulement d’après la majorité des start-up française exposantes.  "Pour elles, c’est une très forte exposition médiatique, au travers du village et de tout ce que l’on a mis en place, c’est un vrai relais de communication pour elles. Ensuite, cela a déjà généré des relations d’affaires extraordinaires, certes au travers de la délégation, mais pas seulement", constate Fabrice Marsella.

En effet, "le CES, c’est bien car ça permet de voir des Parisiens qu’on ne voit pas à Paris", plaisante Fabien Girerd, cofondateur de Jooxter. Plus sérieusement, le startupper affirme qu’il ne pensait pas "voir autant de Français. Certaines sociétés se déplacent à 5 ou 6 personnes". Cela leur permet notamment de rencontrer des contacts bien ciblés auprès desquels ils auraient mis plusieurs mois à décrocher un rendez-vous en France… voire pas du tout. "Le président de Nestlé Waters, le DRH de Kodak… sont passés sur notre stand", témoigne Fabien Girerd. Même constat de la part de Victoria Benhaïm d’i-lunch, qui a notamment vu passer les équipes de Carrefour, de Fleury Michon, de Sodexo, d'Elior… "Tous les contacts étaient des décisionnaires, ce qui n'est absolument pas le cas des autres salons", ajoute-t-elle. Au-delà de la partie business, la jeune entrepreneuse a même pitché devant François Fillon, en visite sur son stand (vidéo ci-dessous).

Chez Wiidii, le bian est aussi très positif ! Parmi les contacts internationaux rencontrés, la start-up bordelaise cite : Bosch, Volkswagen, Deloitte, Audi, Google, Porsche, Jaguar, Nestle, PWC, Huawei, Amazon, Toyota, Hyundai, Lufthansa, Bombardier,  Allianz, Volvo, Mercedez-Benz, Sony... "Sans compter tous les autres grands groupes français venus nous voir comme Adeo, Total, Darty, L'Oréal, RATP, GRDF,  Pernod-Ricard, Danone, Boulanger, Somfy...", ajoute-t-elle.

Reste à faire le tri parmi tous les contacts, et donc de voir comment cela va se transformer en 2017…"Nous avons un gros boulot de défrichage et de relances à faire à l’issue de salon", commente Fabien Gibert.

 

Vidéo : i-lunch fait son pitch à Fillon



Le CES, et après ?

"Le CES ne se vit pas par procuration. Quand on revient, on ressent fortement ce monde qui change", témoigne Fabrice Marsella. Quant aux start-up, si le bilan est plus ou moins riche selon leur  positionnement, la plupart affirme avoir été confortées dans leur orientation.

Victoria Benhaïm est ravie : "Nous avons trouvé de nombreux partenaires tant dans la food que dans la tech avec qui nouer des partenariats pour aller plus vite." Et de détailler : "Nous avons trouvé un potentiel client à New York qui a été plus qu intéressé par notre offre. Nous calons un rendez-vous la semaine prochaine avec lui à paris. Maiis surtout, concernant le marché américain, nous avons affiné notre offre en fonction de leur besoin et trouvé grâce à des discussions avec des Américains un concept associé à i-lunch, non développé en France mais plus ou moins existant aux Etats-Unis qu'il nous semble très pertinent de lancer en France en même temps qu'i-lunch. Nous approfondissons la réflexion la semaine prochaine".

Jonathan Banner, fondateur de Sphere, est aussi très content : "Nous avons carrément été obligés de prolonger de 15 jours notre voyage aux US. Car pendant le CES, nous avons collaboré avec Monster pour un concert avec George Benson, avec un parterre de 500 influenceurs, avec la CES Party List (300 influenceurs presse), le VR Festival (plus grand festival de réalité augmentée au monde) et la French Touch Conférence à San Francisco. Sans compter 15 autres event avec des contrats annuels pour la certains".

Concernant le Village by CA, "l’objectif est de revenir l’année prochaine avec plus de start-up, et plus de villages associés, déclare Fabrice Marsella. Maintenant, il faut montrer comment le réseau village a été représenté et continuer aussi cette learning expérience". A suivre.

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