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Rapport Lemoine : ce que la France peut faire pour devenir un champion numérique

mis à jour le 09 novembre 2014 à 13H35
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La mission Lemoine sur la transformation numérique de l’économie française a rendu ses conclusions. Résolument optimiste, elle affirme que le numérique est une chance que la France doit saisir. Et que tout n’est pas joué.

Rapport Lemoine : ce que la France peut faire pour devenir un champion numérique
Rapport Lemoine : ce que la France peut faire pour devenir un champion numérique © Pascal Guittet – L’Usine Nouvelle

Après 9 mois de consultation et réunions de travail impliquant 500 personnes, Philippe Lemoine a présenté au gouvernement un rapport comprenant 180 propositions, très concrètes, réparties en trois familles, pour faire durablement entrer l’économie française dans une nouvelle ère, celle du numérique. Chose selon lui possible si les grandes entreprises et le gouvernement prennent vraiment conscience de plusieurs réalités. D’abord, que d’ici à 15 ans la moitié des emplois (47% aux États-Unis selon le MIT, 54% en Europe selon le think tank Bruegel) vont disparaître ou être profondément transformés. Ensuite, que ce ne sont plus les entreprises qui tirent l’économie, mais les individus. Enfin, que l’incidence de la technologie sur l’économie se diversifie et se complexifie et que le numérique impose de nouvelles règles (Philippe Lemoine parle de grammaire), qu’il faut apprendre à utiliser.

Les vrais atouts de la France, ne seraient pas dans son école mathématique ou ses ingénieurs, mais dans sa capacité d’utopie et la vivacité de ses start-up, qu’il faut absolument soutenir et aider à grandir. Philippe Lemoine parie sur la capacité des grandes entreprises à quitter le XXe siècle et sa culture de la maîtrise, pour entrer au XXIe siècle numérique, en s’ouvrant au lâcher prise.

9 projets emblématiques pour l’exemple

Optimiste, pour montrer que les grands groupes français peuvent reprendre le contrôle sur les principaux effets complexes et transverses du numérique (automatisation, dématérialisation et désintermédiation/ré-intermédiation), le rapport présente d’abord 9 "projets emblématiques".

Discutés avec les acteurs et réalisables sans intervention de l’État, ils proposent par exemple aux banques de contrecarrer la main mise de Google ou Apple sur le paiement en ligne, en lançant une offre collective de "Paiement anonyme sécurisé". Il invite les industriels à imaginer "une automobile pour la jeunesse, conçue à plusieurs et prototypée en FabLab". Les grands du transport pourraient s’associer autour d’"un pass mobilité universel sur mesure" et les énergéticiens lancer un "Green Button à la française", permettant de collecter et valoriser les données de consommation des citoyens qui le souhaitent et ainsi "transformer les milliards du Linky en un investissement utile pour la transition énergétique", comment Philippe Lemoine. L’administration n’est pas oubliée, avec notamment un "Emploi store", commun à Pole emploi et aux sites emplois, lui déjà lancé.

La deuxième famille de propositions liste 53 mesures transverses, rangées par objectifs, comme la maîtrise des nouveaux modèles d’affaires, et que l’État devrait favoriser. Par exemple, promouvoir le concept de cloud personnel (des start-up française ont déjà des solutions), créer un 1% open, pour inciter les entreprises à se consacrer à des projets open, obliger les entreprises à rendre publique leur politique d’exploitation des données personnelles, développer un réseau social usagers-administration, ouvrir des open labs pour les agents publics ou encore positionner les leaders français de la sécurité informatique sur le domaine émergent de la personnalisation anonyme.

Une feuille de route triennale

Enfin, via 118 recommandations listées par sujet et en fonction des effets escomptés, le rapport fixe quasiment une feuille de route triennale au gouvernement. Au chapitre Industrie, pour la productivité du travail, la recommandation 5 propose notamment de créer une filière cobotique et 5 pistes sont avancées pour créer de nouveaux actifs à partir des données.

Philippe Lemoine pointe également des sujets qui doivent être traités au niveau européen, comme le financement de fondations, comme Mozilla ou OpenStreeMap, autant de barrières possibles au monopole des géants du numérique, mais qui pour l’instant sont financées... par eux. Ou encore la gestion des données spatiales du projet d’observation Copernicus. "Les Anglais ont négocié avec Google de les leur fournir en échange du financement d’un incubateur à start-up", prévient Philippe Lemoine.

De quoi, en tout cas, alimenter très concrètement, les quatre chapitres de la grande consultation numérique lancée par le CNNum.

Aurélie Barbaux

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2 commentaires

Guénaël Amieux

10/11/2014 11h43 - Guénaël Amieux

Mettons en rapport le titre et le début de l'article : - "Rapport Lemoine : ce que la France peut faire pour devenir un champion numérique" - "La mission Lemoine sur la transformation numérique de l’économie française a rendu ses conclusions." Le titre indique une perception réductrice de l'enjeu du numérique, voire un contresens : le numérique n'est pas un secteur à développer, il est transversal à toute l'activité. C'est embêtant car cette incompréhension-là est précisément LE point que trop de responsables économiques, politiques, syndicaux, ..., ne réalisent pas non plus : c'est de l'avenir économique du pays qui est en jeu.

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syfre

08/11/2014 09h17 - syfre

Sur 37 pages il y a déjà 11 pages d'entête... suivies de 10 pages de banalités... me suis arrêté là...

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