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Les start-up au cœur de la transformation numérique de la France

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En France, on n'a pas - encore - de géants d'internet, mais on a des start-up. Et c'est de leur modèle que l'économie doit s'inspirer pour opérer sa transformation numérique, explique Nicolas Galand, co-fondateur de Zeduki. Ce dernier invite même les grande entreprise à inverser les rôles et à venir "pitcher" devant les start-up sur leur stratégie digitale... Et pourquoi pas !

Les start-up au cœur de la transformation numérique de la France
Les start-up au cœur de la transformation numérique de la France © aleske - Flickr - C.C.

N’en déplaise aux adeptes du french bashing, la France est un modèle de transformation numérique et c’est John Chambers, le PDG de Cisco, qui l’affirme. En effet, contre toute attente, il s’est fait le champion de la French Tech en annonçant son intention d'investir pas moins de 200 millions de dollars dans les start-up tricolores. La France rattrape à grands pas son retard en s’appuyant sur un écosystème riche en talents. 

 

Tous les indicateurs sont au vert, même s'il semble que les consommateurs restent en avance par rapport aux entreprises en matière de transformation numérique. Et il existe une fracture entre jeunes pousses et entreprises plus traditionnelles parfois dépassées. Alors que les citoyens ont, quant à eux, bien saisi les nouveaux usages désormais possibles pour bousculer certains schémas établis.

 

Un terrain favorable aux initiatives

La France est une terre favorable à l’innovation, selon PWC. En 2014, Paris était classé au premier rang mondial du "capital intellectuel et innovant" avec ses 73 500 chercheurs et ses sept pôles de compétitivité. Investisseurs privés et publics ainsi que les jeunes talents disposent de multiples lieux d’échanges informels et plus institutionnels pour lancer les grands projets demain. Et selon le dernier rapport sur l’investissement en France édité par Business France, il apparaît que l’hexagone continue d’attirer les investissements dans les fonctions à valeurs ajoutées.

 

Cependant, le retard n’est pas encore totalement comblé. Et le monde des start-up et des grandes entreprises plus traditionnelles du CAC 40 n’interagissent pas suffisamment ensemble. Globalement les infrastructures sont là et les usages largement répandus dans la population mais les entreprises n’ont pas encore toutes opéré leur révolution numérique. Les start-up ont beaucoup à leur apprendre.

 

Transformation numérique, une nouvelle révolution industrielle

Tous les observateurs s’accordent pourtant à dire que le numérique est une opportunité de transformation structurelle à saisir. Je dirais qu’il faut absolument se l’approprier. Une étude commune au MIT et à Capgemini a montré que les entreprises qui initiaient leur grande mutation numérique était profitable de plus de 26 % par rapport à la moyenne.

 

Pourtant, malgré une French Tech très active, le pays reste assez loin derrière les champions numériques européens que sont le Danemark ou les Pays-Bas. Une accélération vers le numérique d’ici 2020 permettrait pourtant de dégager une croissance de 100 milliards d’euros par an en France.

 

La locomotive lancée par la French Tech ne suffit donc pas à achever la mutation numérique. Pour bien appréhender les changements en cours, les entreprises du CAC 40 devraient se rapprocher des start-up qui proposent de nouveaux modèles dans tous les domaines. Si certaines possèdent déjà des "fab lab", ils n’amorcent pas assez la transformation numérique. Une participation directe aux tours de table lors de levées de fonds leur permettrait d’être en prise plus directe avec le numérique et les changements intrinsèques qu’il porte.

 

En effet, les usages et les attentes sont là, il suffit de les concrétiser. Les particuliers en France ont désormais un usage élevé de l’internet. 59 % des Français achètent des biens ou des services en ligne alors qu’ils ne sont que 47 % dans l’UE. Les plates-formes de mise en relations et de services sont très largement utilisées dans les secteurs de l’apprentissage à la livraison à domicile. Ils sont également en tête des connexions sur l’Internet mobile.

 

En un mot, il ne faut pas uniquement s’occuper de l’infrastructure - qui au demeurant est assez performante dans l’hexagone - il faut surtout se concentrer sur les usages à mettre en œuvre et les pérenniser.

 

Pensez Europe

Les gisements de valeurs sont là mais le territoire français est trop petit pour un développement pérenne à terme. La compétition doit se faire sur une échelle plus importante.

 

Dans cette perspective, et à l’occasion de la conférence numérique franco-allemande, les ministres Sigmar Gabriel et Emmanuel Macron ont annoncé la mise en œuvre d'une coopération bilatérale, pour accélérer la transformation numérique de l'économie de l’Europe. Pour les deux pays une priorité : l’économie des données, dans laquelle la France est déjà performante et l’Internet des objets.

 

Au delà d’une convention bilatérale sur la création d'un statut de "jeune entreprise innovante" ou la modernisation de l’industrie avec les projets "Die Industrie 4.0" et "Industrie du Futur", la réunion a été portée par une ambition : créer les conditions d’un marché unique où les technologies numériques seraient pleinement exploitées.

 

Les deux ministres veulent également palier le manque d’investissement en créant une plate-forme transfrontalière de capital-risque avec Bpifrance et son homologue allemand, KfW.

 

Les start-up doivent essaimer et soutenir la transformation numérique. Nous sommes à la croisée des chemins ; politiques et grandes entreprises doivent désormais s’approprier les enjeux et modifier leurs approches. Dans cette perspective, les jeunes pousses ont beaucoup à apprendre à leurs aînés. Pourquoi ne pas bousculer les codes établis. Cette fois ce seraient aux grandes entreprises de passer leur grand oral devant les start-up, une sorte de “pitch” inversé en quelque sorte. Faisons un peu de reverse engineering afin que les start-up puissent montrer ce qu’est vraiment numérique, dans les usages, l’organisation et le management notamment.

 

Nicolas Galand, co-fondateur de Zeduki

 

Les avis d'experts et points de vue sont publiés sous la responsabilité de leurs auteurs et n’engagent en rien la rédaction.

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1 commentaire

Forzy

04/01/2016 12h53 - Forzy

Bravo pour cet article, Pour votre information, fin juin dernier lors de la Mêlée Numérique à Toulouse ( association La Mêlée), le Club Open Innovation Toulouse ( C.O.I.T), qui réunit 30 grands groupes ou ETI du Sud Ouest, a réuni 50 grands groupes et ETI de toute la France ( Club Open Innovation Paris, Lyon, Bordeaux, Lille etc), qui ont effectivement pioché devant 100 start up du Sud Ouest et de toute la France, le lendemain ce sont les start up qui ont pioché devant les grands groupes, à votre disposition pour organiser la suite, E Forzy

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