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Microsoft Ventures veut se rapprocher au plus près des start-up françaises (sans les financer)

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Microsoft épaule les start-up françaises depuis 10 ans, mais il souhaite passer à la vitesse supérieure. Le CEO de Microsoft Ventures et son bras droit, arrivés en poste il y a 8 mois, ont détaillé pour L'Usine Digitale leur nouvelle stratégie. Le mot d'ordre : être des facilitateurs.

Microsoft Ventures veut se rapprocher au plus près des start-up françaises (sans les financer)
Microsoft Ventures veut se rapprocher au plus près des start-up françaises (sans les financer) © Microsoft

Microsoft France déploie depuis plusieurs années des initiatives en faveur des start-ups tricolores via son entité Microsoft Ventures. Il y a d'abord eu le programme Idées en 2005, une première pour le groupe à l'échelle mondiale, qui s'est mué en BizSpark en 2008. Le programme aide les jeunes pousses en leur fournissant gratuitement des produits et services de la firme, ainsi qu'en les accompagnant dans leur développement et leur présentant des partenaires. Il y a aussi l'accélérateur de start-up Spark, inauguré en mai 2013 à Paris, et des partenariats avec 9 autres accélérateurs dans toute la France comme Euratechnologies, Numa ou Bordeaux Technowest.

 

Être plus cohérent et aller à l'essentiel

Microsoft veut désormais consolider ses efforts en la matière. Pascal Fite, nommé CEO de Microsoft Ventures en avril 2015, explique que l'entité veut rendre sa stratégie et ses actions "plus lisibles, plus fluides et plus cohérentes". Il a pour cela fait appel à Diana Filippova, déjà très impliquée au sein de la communauté OuiShare, qui a pris le poste de "Start-up Connector" au sein de Ventures.

 

Très attachée à l'économie collaborative, elle compte être plus au contact des jeunes pousses, avec une réelle animation et émulsion de la communauté. Adepte du "no bullshit", elle délaisse les buzzwords type "growth hacking", "disruption", voire même le mot "start-up" lui-même pour se concentrer sur l'essentiel : le succès du développement de ces jeunes structures innovantes.

 

Rester au cœur de l'écosystème local innovant

Questionné sur la possibilité d'investir financièrement dans ces jeunes entreprises, Pascal Fite répond par la négative. "Nous souhaitons rester neutre à ce niveau, en proposant d'aider par nos technologies et notre savoir-faire sans demander de contre-partie." Il préfère laisser les spécialistes s'en charger. "Nous faisons confiance aux fonds d'investissement dont c'est le métier, et nous ne cherchons pas à empiéter sur leur territoire."

 

Mais alors, qu'est-ce que gagne Microsoft avec ces initiatives ? "Nous restons au contact, répond Diana Filippova. Cela nous offre de précieux retours d'expérience sur nos produits et services, et nous permet aussi d'être en permanence exposés à de l'innovation externe." Et bien sûr, de dénicher très tôt les pépites de demain. La nécessité de rester en permanence à l'affût des transformations technologiques est une leçon que Microsoft a dûrement apprise en n'anticipant pas le succès des smartphones à écran tactile dont l'iPhone fut le pionnier.

 

Ouverture et transparence, les recettes du nouveau Microsoft

C'est aussi l'occasion d'exposer très tôt ces innovateurs aux technologies maison, même si Microsoft prêche désormais au maximum l'ouverture et la transparence. "Evidemment nous voulons les familiariser avec nos produits, admet Pascal Fite, mais pas les y lier. On leur conseille la solution qui correspond le mieux à leurs besoins, peu importe d'où elle vienne." En liant tous ces différents acteurs, Microsoft s'assure aussi de rester au cœur de l'écosystème de start-up local. "Je pense même que cela va créer des vocations en interne et que nous verrons à l'avenir des spin-off émerger de Microsoft France," déclare Pascal Fite.

 

Pour attirer les start-up, Microsoft met en avant sa pérennité, qui lui permet de penser à long terme, et son réseau d'entreprises partenaires. Sans oublier le réseau Microsoft Ventures lui-même, présent dans 7 pays au total. C'est cette approche souple et cette candeur qui ont séduit Pascal Fite, qui n'avait pas particulièrement d'affinité avec Microsoft au départ.

 

Joindre l'économie numérique à l'économie traditionnelle

"Notre grand chantier est de relier les start-up au reste de l'économie", explique Diana Filippova, citant en exemple le phénomène d'uberisation. Cela implique notamment de mettre en relation les start-up et les grandes entreprises, tout en s'assurant que les projets soient cohérents... Le rôle de Microsoft étant entre autres de protéger les jeunes pousses en les empêchant de s'embarquer dans des projets qui ne leur seraient pas bénéfiques.

 

Microsoft cherche aussi à être plus présent au sein de la French Tech, dans laquelle il va investir 70 millions d'euros sur trois ans. "Il nous reste un travail de visibilité à accomplir, explique Diana Filippova. Nous sommes déjà actifs mais c'est un processus d'amélioration continue."

 

Parmi les pistes de réflexion, la monétisation de services basés sur le big data, l'internet des objets et le machine learning. Par exemple dans des domaines comme les services aux indépendants, l'énergie ou les ressources humaines. A plus long terme, elles pourraient aussi impliquer des utilisations du Microsoft Band (bracelet intelligent avec une forte composante santé) ou du casque de réalité mixte HoloLens.

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