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MyAnnona, la plate-forme de crowdfunding par une femme, pour des femmes

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Seul un dixième des entrepreneurs qui lancent leur start-up sont des femmes en France, selon la Bpifrance. A l'occasion de la journée internationale de la femme le 8 mars, L'Usine Digitale met un coup de projecteur sur un projet qui vise à développer l'entreprenariat au féminin : MyAnnona. Cette plate-forme de financement participatif de don contre don, lancée en novembre 2014, soutient des initiatives portées par la gent féminine, ou par des équipes paritaires.

MyAnnona, la plate-forme de crowdfunding par une femme, pour des femmes
MyAnnona, la plate-forme de crowdfunding par une femme, pour des femmes © DR.

MyAnnona est une plate-forme de crowdfunding de don contre don dirigée par une femme, pour des femmes (et quelques hommes aussi). Elle porte le nom de la déesse romaine de la fertilité Annona, qui était représentée sur certaines pièces de monnaie de la Rome antique à l'avant d'un bateau, une corne d'abondance dans les mains. "Un beau symbole pour ces filles qui cherchent des financements pour changer de cap et lancer ou développer leur business", souligne Beryl Bès, qui dirige ce site de financement participatif dédié à l'entreprenariat féminin depuis son lancement le 24 novembre 2014.

L'entreprise, basée à Rochetaillée-sur-Saône près de Lyon, ne sélectionne que des idées portées par des personnes dites du "deuxième sexe" ou des projets paritaires. "La mixité fait du bien à l'économie, comme l'a prouvé en 2007 un rapport du cabinet de conseil McKinsey. Elle permet notamment de faire baisser les risques psychosociaux, le stress au travail...", souligne cette entrepreneure de 45 ans, qui gère en parallèle de MyAnnona son cabinet de coutier en crédit, BB-A Conseil, ouvert en 2009. Les fondateurs du site sont six, "autant d'hommes que de femmes", tient à souligner Beryl Bès.

Les réseaux économiques féminins soutiennent les projets

Comme souvent sur les plates-formes de crowdfunding, les initiatives sont soutenues par les proches des porteurs de projets, mais pas seulement : les membres de plusieurs réseaux économiques féminins mettent aussi la main au portefeuille. Des réseaux que cette ancienne responsable clientèle de la Banque Populaire connaît bien. Depuis 2010, elle préside l'association Agir avec elles en Beaujolais. Elle a également fondé Réseau économique féminin en 2013. "Monter MyAnnona était l'aboutissement logique de cette démarche, qui vise à lever les obstacles qui empêchent les femmes d'entreprendre", témoigne-t-elle.

Et il y a urgence, comme en atteste ce chiffre édifiant : un dixième seulement des entrepreneurs qui lancent une start-up en France sont des femmes, selon la BPI. "J'ai participé au concours d'idées innovantes organisé par l'incubateur Lyon Start Up, le ratio était même inférieur", s'exclame Beryl Bès.

Des conseils à la carte

MyAnnona décolle doucement. Aujourd'hui, quatre projets seulement ont été financés sur la plate-forme. Une seule levée de fonds s'est soldée par un échec. "J'ai reçu 46 demandes en tout, mais je suis sélective à l'entrée, je ne veux lancer que des campagnes de financement qui ont de réelles chances d'aboutir", explique la fondatrice.

"A cause de différents freins culturels, certaines femmes ne se font pas assez confiance. Elles n'osent pas demander des montants élevés dans le cadre de leurs levées de fonds, alors que leur entreprise le mérite", souligne-t-elle. Pour aider ces porteuses de projets à aboutir dans leur démarche, Beryl Bès développe des prestations de conseil avec MyAnnona (moyennant finance). "Je voudrais notamment créer une offre à la carte. Certaines femmes ont besoin de conseils en community management, d'autres doivent blinder leur business plan…", selon l'entrepreneuse.

Beryl Bès voudrait rapidement passer à la vitesse supérieure avec MyAnnona, qui prélève pour se financer 5% des montants recueillis effectivement par les entreprises. Fin 2015, elle vise les 600 000 euros de collecte sur son site, pour de petits projets de proximité, mais aussi des initiatives plus conséquentes : des levées de fonds à 20 ou 30 000 euros lui semblent envisageables. Aujourd'hui, le site ne propose que du don contre don, mais il proposera prochainement aux internautes d'investir dans des projets via du prêt (en échange d'intérêts) ou de l'equity (en échange de parts dans l'entreprise).

Lélia de Matharel

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