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Nouvelle mission de la French Tech : accompagner davantage les talents des quartiers

mis à jour le 03 mars 2017 à 12H22
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La French Tech veut détecter et faire grandir les talents des quartiers populaires, avec le nouveau programme "French Tech Diversité". Elle va accompagner 35 start-up pendant un an, en lien avec des incubateurs partenaires.

Nouvelle mission de la French Tech : accompagner davantage les talents des quartiers
Nouvelle mission de la French Tech : accompagner davantage les talents des quartiers © Sylvain Arnulf - L'Usine Digitale

Pas assez diverse, la French Tech ? Assurément, oui. La France ne compte que 8% de femmes parmi les startupers. Et parmi les 92% de fondateurs masculins, une écrasante majorité de jeunes hommes blancs de 25-30 ans sortant tout droit de grandes écoles. Alors comment être plus inclusif et assurer une diversité sociale, générationnelle, de genre, d'origines dans l'écosystème du numérique français ?

 

La Mission French Tech se pose la question depuis quelques mois et fournit une première réponse : le programme French Tech Diversité. Il a été lancé ce 2 mars 2017 au sein de l'incubateur Paris Pionnières (qui accompagne des porteuses de projet) en présence de Patrick Kanner, ministre de la jeunesse et des sports, et du tout nouveau secrétaire d'Etat à l'innovation et au numérique (en plus de l'industrie) Christophe Sirugue, suite à la démission d'Axelle Lemaire. Mais aussi du président du Programme des investissements d'avenir Louis Schweitzer et de celui de Bpifrance Nicolas Dufourcq.

 

Des fonds et du soutien pour 35 start-up

L'objectif : donner aux talents des quartiers les moyens de se révéler, de s'épanouir et de réussir. Un concours est lancé pour identifier les talents issus des 1514 quartiers prioritaires de la politique de la ville. Ils peuvent postuler avec une start-up existante (ayant moins de trois ans) ou une idée de business numérique innovant mais pas encore totalement mûre. Le programme cible particulièrement les étudiants boursiers et bénéficiaires de minima sociaux issus de quartiers populaires mais les critères ne sont pas fermés pour prendre en compte tout type de profil. C'est d'abord la qualité du projet et le niveau d'engagement qui seront évalués.

 

35 start-up seront accompagnées pendant un an, dès juin 2017, avec une aide financière de 45 000 euros et un hébergement gratuit dans un incubateur partenaire. Pour la première promotion, les start-up seront hébergées dans des incubateurs de la région parisienne (à Paris ou dans la Seine-Saint-Denis, comme La Miel à La Courneuve et Bond'innov à Bondy). En septembre, un deuxième appel à projets élargi devrait être lancé et concernera cette fois-ci plusieurs métropoles French Tech en régions. Une quinzaine d'ambassadeurs du programme, comme Raodath Aminou d'Optimiam, Jean-Daniel Guyot de Trainline, Thang-Long Huyn de Quant Cube Technology  et Hadj Khelil de Big Mama s'engageront pour promouvoir le dispositif. Des associations et entreprises qui effectuent déjà un important travail de terrain, comme 100 000 entrepreneurs, Les déterminés, Mozaïk RH ou l'Adive seront associées à la démarche.

 

L'un des objectifs est de créer des success stories et les mettre en avant. "Il faut valoriser les talents de start-up. Ce sont les exemples qui créent les vocations", juge Ali Celik, dirigeant de La Miel, pépinière d'entreprises de La Courneuve. "On manque de modèles", confirme Hadji Khelil, le (charismatique) CEO de Big Mama.  "Ce programme va mettre sur le devant de la scène ceux que l'on n'a pas l'habitude de voir tous les jours à la télévision et dans les magazines".

 

Jouer l'ouverture, un enjeu

L'initiative vise aussi à lever le principal frein à la création d'entreprise dans les quartiers, l'accès au financement.  Mais la mission French Tech souhaite avant tout une prise de conscience de la dimension diversité dans l'ensemble des start-up numériques. "L'inclusion crée l'innovation et la performance", assure Marie Georges, présidente de Paris Pionnières. "Si on est tous pareils, sans diversité, sans mixité, impossible d'être disruptif".

 

En ajoutant l'accueil de talents étrangers dans le cadre du programme French Tech Ticket, l'écosystème français veut afficher son ouverture et ne se priver d'aucun talent, quel que soit son lieu de résidence. Un choix fort au moment précis où d'autres grands hubs internationaux du numérique choisissent le repli sur soi et la fermeture.

 

Site officiel du dispositif (candidatures jusqu'au 17 avril)

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