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Pour Fabernovel, Uber agit comme un virus

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Fabernovel continue de décrypter les modèles du numérique et s’attaque cette fois à celui d’Uber. Il le compare à celui d’un virus, qui s’autoréplique à vitesse grand V et contre lequel il n’y a probablement pas d’antidote.

Pour Fabernovel, Uber agit comme un virus
Pour Fabernovel, Uber agit comme un virus © Flickr - Mark Warner https://www.flickr.com/photos/senatormarkwarner/

Uber, virus des transports ? C’est la métaphore que FaberNovel a choisie pour décrire le modèle du très controversé géant des VTC. Une comparaison justifiée selon lui, non par une possible nocivité du Californien, mais par son mode de fonctionnement : l’autoréplication à grande vitesse via les millions d’organismes hôtes disponibles que sont les véhicules des plus grandes villes du monde.


Pour Fabernovel, Uber fait partie de ces nouveaux géants qui ont compris comment tirer parti de leurs aînés. Pas des Gafa bis, ni des Natu comme on l’a dit un temps pour Netflix, AirBnB, Tesla et Uber. Pas non plus une nouvelle couche de plate-forme qui viendrait surclasser les précédentes. Comme le précise Stéphane Distinguin, fondateur et CEO de Fabernovel, il s’agit plutôt d’une de ces entreprises qui ont eu l’intelligence de se reposer sur les systèmes existants des plates-formes plus anciennes. Pour se lancer puis se développer, Uber a ainsi exploité les magasins d’apps d’Apple et de Google, le cloud AWS d’Amazon, les cartographies et GPS de Waze et Google Maps, le chat Messenger de Facebook...

 

Choisir une grande ville, sans offre satisfaisante de transport

Sur ce terreau favorable, comme un virus, il aurait suivi 5 étapes pour se développer : la synthèse, l’injection, la contagion, la mutation rapide et la défense du territoire conquis. Pour commencer, Uber a cherché dès le départ à disposer du plus grands nombre de membres possibles. "On parle souvent de l’importance d’être le first mover (le premier arrivé), précise Stéphane Distinguin. En réalité, il faut être le first settler, celui qui a, très vite, le plus d’utilisateurs." FaberNovel explique ainsi que si Uber est bien un réseau social, comme Facebook, il n’est pas comme ce dernier une plate-forme mondiale capable de mettre en relation un français et un japonais, mais un réseau multi-local. Pour s’implanter, il cherche donc un terrain favorable. Une ville de grande taille, où l’offre de transport n’est pas satisfaisante et avec des accélérateurs potentiels de croissance comme des événements sportifs, des restaurants ou... une mauvaise météo. Paris avait le tiercé gagnant !

 

 

Grossir le plus vite possible, et muter

Big Ub

Pour ceux qui douteraient encore de la puissance d’Uber, Fabernovel rappelle quelques chiffres pour le qualifier. Né il y a seulement 7 ans, il a réalisé 10 milliards de dollars de réservations en 2015, a cumulé un milliard de courses depuis 2010. Il dispose d’un million de chauffeurs membres dans le monde pour seulement 6700 employés… "Ses" véhicules circulent dans 470 villes dans 70 pays. Plus éloquent encore, sans doute, il est la seule "startup" avec Facebook à avoir atteint une valorisation de 50 milliards de dollars (68 aujourd’hui). Et il a mis seulement 2 ans à dépasser le milliard, soit quatre fois moins de temps que Google…
Il passe ensuite en phase "injection" en envoyant une personne pour enclencher le processus. Le Californien propose 500 dollars à tout nouveau chauffeur, y compris avec des garanties horaires dans certaines villes. Il recrute parmi la concurrence installée. Pour contaminer le plus grand nombre, Uber se concentrer sur le bouche à oreilles dans les nouveaux medias. "La quasi-totalité des utilisateurs ont entendu parler du service par un autre utilisateur", insiste Stéphane Distinguin. Pour développer son potentiel, Uber développe des API vers des partenaires comme Starbucks, American Airlines, Tripadvisor... Un potentiel de 200 millions d’utilisateurs supplémentaires selon lui.

 

"Uber a changé trois fois de mission en six ans, remarque Kevin Echraghi, un des auteurs de l’étude. Il a débuté en 2010 avec un service de voitures noires, puis a créé UberX en 2012 avec des chauffeurs qui n’étaient plus uniquement professionnels, et a ensuite ajouté Uberpool, le taxi partagé." Ce dernier représente déjà la moitié des courses dans sa ville natale de San Francisco ! Ce que Fabernovel appelle une mutation à grande vitesse. L’avant-dernier stade de développement du virus. Avec dans la ligne de mire, une flotte de véhicules autonomes, plutôt que des véhicules avec chauffeurs... Selon les chiffres recueillis par l'agence, le Californien serait d'ailleurs l’un des plus gros investisseurs en R&D sur ce sujet. Plus prospectiviste encore, Fabernovel estime qu'Uber cherche tout simplement à devenir l’infrastructure de transports des grandes villes. 

 

mobiliser les membres et faire du lobying

Dernière étape enfin, la défense du territoire infecté. L’étude rappelle ce qui est évident pour tous : depuis ses débuts, Uber a engendré frustration, colère, envie, jalousie. Et sur son dos, ou sur sa route, il trouve des compagnies de taxis, ses propres chauffeurs (son vrai talon d'Achille selon FaberNovel), des Etats et des régulateurs, des constructeurs automobiles, d’autres géants de la Silicon Valley... Mais il s’adapte, il noue des partenariats, il paye et bat même parfois en retraite. Il a aussi développé une impressionante puissance de lobbying, en recrutant David Plouffe, ancien conseiller de la campagne de Barack Obama, et depuis peu l’ancienne commissaire européenne Neelie Kroes. L'entreprise a su très tôt, comme cela a été le cas à Paris lors des grèves de taxis, rallier à sa cause ses utilisateurs et les mobiliser.

 

"Il n’y aura pas d’antidotes, conclut tout simplement Stéphane Distinguin, car ils sont multifacettes." Très tôt, Travis  Kalanick, le CEO fondateur, a en effet dévoilé son ambition véritable : devenir le Uber de tout. Depuis le succès de son app et de son service de VTC accessible en un clic, il a lancé Uber Eats en partenariat avec des restaurants incapables de financer seuls un service de livraison, ou Uber Rush pour livrer dans la journée les produits d’un Louis Vuitton, Hugo Boss ou même pour relayer Google Express. En chemin pour un Uber of everything.

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1 commentaire

verdarié

15/07/2016 09h37 - verdarié

L'innovation n'est qu'un processus de transformation et de mutualisation de l'existant pour le rendre plus performant. En réalité personne n'invente rien, c'est la nature qui à tout inventé et qui nous montre le chemin.En étant pragmatique les hommes font sien des mécanismes cachés dans les systèmes vivants pour les mettre à son service.

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