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Pour le président du CNNum, le big data déshumanisé représente un grave danger

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L'impact du big data sur la société est-il vraiment bénéfique ? Oui, répond Mounir Mahjoubi, le président du Conseil national du numérique. Mais il peut aussi donner lieu à des dérives, notamment en matière d'automatisation, et c'est à nous de veiller à ce qu'elles n'aient pas lieu.

Pour le président du CNNum, le big data déshumanisé représente un grave danger
Mounir Mahjoubi, lors de la conférence Big Data Paris, le 7 mars 2016. © Julien Bergounhoux

Mounir Mahjoubi, le nouveau président du Conseil National du Numérique, s'est chargé du discours d'ouverture de la conférence Big Data Paris, qui se déroule les 7 et 8 mars au Palais des Congrès. Il y a abordé tout l'éventail des sujets propres à la donnée en France, de la richesse historique des données issues de la recherche publique à l'importance d'avoir une politique d'open data pour faire fructifier ces ressources et en maximiser la valeur.

 

Il a aussi abordé les chantiers à venir, notamment les données fermées et peu utilisées que détient l'enseignement supérieur, et le besoin urgent d'innover à ce sujet pour rester pertinent. Car si ces établissements ne vont pas de l'avant, d'autres le feront à leur place...

 

Le danger d'une automatisation à outrance

Mounir Mahjoubi a également mis en garde contre les dérives potentielles liées au big data. S'il veut croire que cette masse gigantesque de données sera créatrice d'emplois, déclarant qu'il "faudra plus d'humains pour mieux comprendre cette masse d'information", il a peur d'une automatisation à outrance. Indiscriminée, elle représenterait un danger, comme par exemple pour le profilage des individus dans le cadre de la lutte anti-terroriste. "Aujourd'hui, les fiches S sont créées par des experts. Il y a une main humaine dans le système. Mais demain ?" Comprendre : qui sera garant de la justesse des algorithmes ?

 

Le président du CNNum insiste ausi sur la nécessité pour les fournisseurs de permettre la portabilité des données personnelles de leurs utilisateurs vers d'autres prestataires de façon simple et transparente, pour qu'ils ne soient pas prisonniers d'un écosystème. Une bataille loin d'être gagnée.

 

Trop personnaliser les données, un danger ?

Enfin, il a évoqué le double tranchant de la personnalisation extrême des données, rappelant qu'à l'heure actuelle, nous nous reposons sur un principe de sociabilisation du risque : tout le monde cotise à l'Assurance Maladie, et tout le monde dispose de la même couverture. Mais si demain nous savons prédire qui risque d'avoir un cancer ? Certains ne cotiseront-t-ils plus, et d'autres devront-ils payer triple ? Ou ne pouront pas être couverts ? Les assureurs eux-mêmes mettraient en garde contre cette perspective.

 

C'est ainsi que Mounir Mahjoubi a terminé son discours, en exhortant l'assemblée à ne pas perdre de vue que le formidable potentiel du big data doit nous servir à mieux vivre ensemble et à créer de la valeur pour tous, sans perte d'emplois : "Le big data représente un potentiel infini, avec un cycle de découvertes similaire à celui que nous avons connu au début du 20e siècle. Mais il faudra porter le big data et ne pas le subir."

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