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Protection des données, réforme des télécoms, industrie 4.0... : où en est cette fameuse Europe du numérique ?

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Analyse Autour de la table de l'Europe du numérique, tout semble aller pour le mieux. Les données personnelles sont mieux protégées... en Europe du moins. Et la grande réforme des télécoms est toujours promises pour l'automne, même si, pour les fréquences, c'est plutôt la guerre. Quant à tous les autres dossiers, droits d'auteurs, cybersécurité, encadrement des plates-formes. Oui, ils sont bien sur la table. Mais, nombreux sont ceux qui préfèrent les voir rester fermés. Pour l'instant. 

Protection des données, réforme des télécoms, industrie 4.0... : où en est cette fameuse Europe du numérique ?
Günther Oettinger, commissaire européen au numérique. © EC/Berlaymont

En Europe, 71% des Européens peuvent avoir accès au haut débit mais seulement 30% y sont abonnés. 65% achètent sur internet mais seulement 7,5% des PME vendent leurs produits "on line"... En somme : "bien mais peut mieux faire", selon le dernier baromètre européen du numérique, le Digital Economy and Society Index (DESI). Mais que fait vraiment l'Europe pour faire avancer ce marché unique digital annoncé en mai 2015 ?

 

Les données personnelles mieux protégées... en Europe

Le dossier protection des données est en bonne voie. En décembre un accord législatif a été conclu à Bruxelles pour adapter le droit à la vie privée à la révolution numérique. Les eurodéputés devraient adopter en mars ce “règlement général sur la protection des données” (GDPR) qui, à partir de 2018, va alléger les contrôles à priori sur les entreprises mais accroître les sanctions à posteriori.

 

Tout n'est pas bouclé pour autant : les entreprises américaines obtiendraient une sorte de passe-droit avec le “privacy shield” conclu fin janvier par les administrations américaine et européenne. Cet accord doit encore être approuvé par la Cnil et ses homologues européennes d'ici leur réunion des 12 et 13 avril prochain. En attendant les entreprises concernées se rongent les ongles pour savoir ce qu'elles doivent faire de leurs transferts de données.

 

GRande réforme télécom... en Septembre

Pour les réseaux et la normalisation de l'internet des objets, c'est beaucoup plus compliqué. Sans réseaux, pas de numérique et sur ce sujet, le compte n'y est pas. Certes, une partie des Européens ont des connections meilleur marché qu'aux Etats-Unis, mais pas partout. La Commission européenne devrait proposer vers septembre prochain sa grande réforme des télécoms. Un lobby intense des “operateurs historiques”, Orange et Deutsch Telekom en tête, est en cours à Bruxelles pour convaincre la Commission que réduire la pression sur les “monopoles” va relancer l'investissement. Pour l'heure la Commission européenne réfléchit et le modèle de "plan très haut débit" à la française semble plutôt lui plaire.

 

La réflexion est également intense sur la digitalisation de l'industrie. Le 6 avril, la Commission présentera une stratégie portant sur l'e-gouvernement destinées aux entreprises, le cloud et les normes. Sur cette question d”'industrie 4.0” chère aux Allemands, le commissaire européen au numérique, Günther Oettinger, fouette ses troupes. Il presse les industriels de se mettre d'accord "au plus vite" sur des exigences communes et un plan de déploiement virtuel pour les voitures connectées. Il veut des résultats dès la "table ronde des industriels" réunissant les CEO des grands groupes en juin prochain.

 

Guerre des souverainetés nationales

Feu rouge pour les fréquences : C'est pourtant ce qui va manquer pour faire voler des drones, connecter les objets, multiplier les applications mobiles et tenir les promesse de la 5G à travers toute l'Europe. Les fréquences hertziennes sont l'or noir du numérique et depuis des années, les entreprises du secteur poussent la Commission européenne à coordonner l'allocation du spectre afin d'éviter les brouillages aux frontières et permettre des économies d'échelle. En septembre, le Commissaire Oettinger remettra le sujet sur la table. Mais entre l'argument de la souveraineté nationale et les revenus juteux tirés de l'allocation des fréquences, les gouvernements européens freinent pourtant des quatre fers.

 

Et déjà, la France fourbit ses armes face à d'autres réformes en préparation : celle du copyright, qui effraye tant l'Hexagone et celle de l'audiovisuel, toutes deux attendues pour mai. Paris et Berlin devront aussi batailler avec Londres ou Dublin lorsque sortiront des propositions pour créer des plates-formes made in Europe pour le cloud, la cybersécurité ou l'e-commerce... Günther Oettinger peut se préparer à affronter quelques nuit blanches.

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