Actualité web & High tech sur Usine Digitale

Semiconducteurs : SoftBank met le paquet sur ARM pour se mettre à l'internet des objets

| mis à jour le 19 juillet 2016 à 19H10
Twitter Facebook Linkedin Google + Email
×

L’opérateur télécoms japonais SoftBank met 31 milliards de dollars sur la table pour racheter le spécialiste britannique des semiconducteurs ARM. Une opération qui vise à soutenir sa diversification dans l’Internet des objets.

Semiconducteurs : SoftBank met le paquet sur ARM pour se mettre à l'internet des objets
Semiconducteurs : SoftBank met le paquet sur ARM pour se mettre à l'internet des objets © ARM

L’Europe va perdre sa plus grande sucess story dans les semiconducteurs : le britannique Advanced Risc Machine (ARM). L’opérateur télécoms japonais SoftBank a conclu un conclu pour s’emparer de 100% des actions à droit de vote de ce fleuron européen de la microélectronique. Herman Hauser, le fondateur d'ARM a parlé à la BBC d'un "triste jour pour la la technologie en Grande-Bretagne. La transaction se monte à près de 24 milliards de livres sterling, l’équivalent de 31 milliards de dollars, ce qui en fait la plus grande fusion-acquisition dans l’histoire des semiconducteurs après la fusion à 37 milliards de dollars entre Avago Technologies et Broadcom en février 2016. Elle devrait être finalisée au troisième trimestre 2016 après approbation du conseil d'administration d'ARM et des différentes autorités de la concurrence.

 

Victoire d'ARM sur Intel dans les mobiles

Fondé en 1990 à Cambridge, en Angleterre, ARM est considéré comme le joyau de l’Europe dans la microélectronique. "C’est incontestablement la plus belle réussite européenne dans le secteur", affirme Guy Dubois, expert des semiconducteurs auprès de Decision, un cabinet parisien d’études et d’analyse de marchés hight-tech. La société vend, non pas des puces, mais des blocs de propriété intellectuelle de cœurs de processeurs et traitement graphique, c’est-à-dire des dessins que des fournisseurs de semiconducteurs utilisent pour construire leurs circuits. Elle se rémunère en accordant des licences et en récupérant des redevances sur les ventes de ses licenciés. Un modèle qui explique sa taille modeste : 4000 personnes et un chiffre d’affaires de 1,49 milliard de dollars en 2015, en augmentation de 15% par rapport à 2014.

 

ARM se distingue par sa victoire sur le géant américain Intel dans les mobiles. Sa technologie motorise 99% des smartphones et 85% des mobiles (smartphones, tablettes et PC portables), 15% des équipements de réseaux et 25% des microcontrôleurs embarqués. Parmi ses 420 licenciés, qui l’utilisent pour la construction de leurs processeurs mobiles, processeurs graphiques ou microcontrôleurs, figurent des noms aussi prestigieux que Samsung, Apple ou Qualcomm.

 

Rassurer Londres et Bruxelles

Depuis des années, SoftBank est engagé via des acquisitions dans une stratégie de diversification au-delà des services télécoms et internet. C’est ainsi qu’il a racheté en 2015 le spécialiste français de la robotique Aldebaran Robotics. Avec ARM, c’est l’Eldorado de l’Internet des objets qu’il vise. Le groupe japonais promet de conserver l’autonomie du britannique et de lui donner les moyens de son développement sur ce marché. Avec en perspective, le doublement de l’effectif au Royaume-Uni. De quoi rassurer Londres et Bruxelles, dont le feu vert est indispensable à la finalisation de cette transaction.

Réagir

* Les commentaires postés sur L’Usine Digitale font l’objet d’une modération par l’équipe éditoriale.

Publicité

media

Les cookies assurent le bon fonctionnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l'utilisation des cookies.OK

En savoir plus
Suivez-nous Suivre l'Usine Digitale sur twitter Suivre l'Usine Digitale sur facebook Suivre l'Usine Digitale sur Linked In RSS Usine Digitale