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"Si Bayer rachète Monsanto, c'est aussi (et surtout) pour le digital"

mis à jour le 14 septembre 2016 à 15H06
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Vidéo Exclusif [ACTUALISE] Ce 14 septembre, Bayer annonce le rachat de Monsanto pour 66 milliards de dollars. Qu'est-ce qui séduit tant le leader mondial de la chimie chez l'américain ? Sa gamme de semences OGM ? Ses produits phytosanitaires ? Non. Ce serait surtout sa maturité digitale...

Si Bayer rachète Monsanto, c'est aussi (et surtout) pour le digital
FieldView Drive, l'un des modules de la plateforme de digital farming de Monsanto. © Business Wire

Le 13 mai dernier, l'allemand Bayer a mis 55 milliards d'euros sur la table pour s'emparer de MonsantoL'américain a décliné cette première offre tout en déclarant rester ouvert aux discussions. Finalement, le rachat a été officialisé le 14 septembre pour 66 milliards de dollars.

 

Ce n'est pas une surprise. Werner Bauman avait déclaré, dans une interview parue le 3 juin dans l'hebdomadaire économique Wirtschaftswoche que "le rachat prévu de Monsanto ne serait pas un sprint, mais sans doute plutôt un marathon."

 

Mais pourquoi courir un marathon pour acquérir certes le leader mondial des semences mais un leader mondial controversé, tant pour ses OGM que pour son herbicide phare, le Roundup ?

 

"Si Bayer veut racheter Monsanto c'est surtout pour le digital, nous a confié Michel Hertrich, responsable du Talent Management pour Bayer France lors de la conférence Disrupt RH organisée par L'Usine Digitale, le 31 mai. Sur l'accompagnement numérique des agriculteurs, le digital farming, ils ont trois ans d'avance sur nous."

 

La pépite californienne du digital farming

Une avance acquise notamment par le rachat de The Climate Corporation en octobre 2013 pour 1 milliard de dollars. Cette entreprise fondée en 2006 par deux anciens employés de Google a cartographié tous les champs des Etats-Unis et augmente ses cartes de données sur la qualité des sols et les conditions météorologiques. Croisées avec un GPS et les infos que possède Monsanto sur ses semences et ses produits phytosanitaires, la filiale californienne a sorti une plateforme numérique d'accompagnent des agriculteurs, Climate FieldView, qu'ils peuvent installer sur leur smartphone ou sur un écran situé dans la cabine de leurs tracteurs (qui ressemblent de plus en plus à des cockpits d'avion). Cette technologie permet aux cultivateurs d'adapter leurs pratiques et les quantités d'intrants qu'ils répandent, en temps réel, en fonction des conseils prodigués par l'application.

 

 

"On veut aussi apprendre à leur contact la culture du risque, très américaine et qui nous fait un peu défaut", a ajouté le responsable du management des talents de Bayer France. Et combien vaut un bond dans le futur dans une économie numérisée qui laisse les retardataires sur le bord du chemin ? 66 milliards de dollars semble-t-il...

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5 commentaires

jn

14/09/2016 17h12 - jn

Plaçons-nous dans le contexte de la crise climatique en cours, encore naissante, mais qui va bouleverser tous les écosystèmes de la planète: le climat à court et long terme sera imprévisible, l'intensité des précipitations, la force des vents, les événements extrêmes vont empécher toute forme d'agriculture prédictive, c'est-à-dire numérisable. Par conséquent, seules les exploitations de petite taille (= de taille humaine), utilisant des espèces végétales rustiques, anciennes, dans une agriculture de type permaculture, respectueuse de l'évolution naturelle, vont subsister. Toute l'agriculture industrielle, intensive est condamnée, et c'est tant mieux. On ne peut plus supporter, par exemple, que la quasi totalité des bovins de France mange des protéines végétales issues de la déforestation de l'Amazonie. Ces grosses industries n'ont pas d'avenir.

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Gayet

14/11/2016 23h08 - Gayet

Sauf qu'on arrive toujours pas à prédire la météo et je ne vois pas comment une application serait au point... La qualité des sols... Il y a d'autres facteurs dans l'application mais je crains que ce soit une bulle.

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Gérard Frasnay

22/06/2016 18h45 - Gérard Frasnay

j'ai lu avec intérêt cette analyse la réussite dans un monde agricole en pleine révolution est globale. si on considère que la première révolution fut agronomique (travail du sol, jachères) que la seconde fut chimique (née dans les années 60) que la troisième fut génétique (plusieurs étapes dans les techniques de sélection, la dernière étant l'utilisation de la biologie moléculaire pour mieux tracer la sélection puis l'introduction de gènes manquants avec les OGM. La traçabilité des interventions au champs pour optimiser les intrants peut être considérée comme la quatrième. C'est l'addition de la maîtrise de ces différentes techniques qui permet d'offrir à l'agriculteur un service complet et performant. Monsanto en achetant Pioneer Seeds a eu accès à une des clés du succès. J'ai nommé la génétique traditionnelle de très haut niveau sur de nombreuses espèces dont le maïs était le diamant. Monsanto a ajouté quelques éléments de sa recherche sur les OGM mais ils ont plutôt appliqués les OGM les plus simples comme la résistance au glyphosate. C'était une action a court terme qui a donné une image négative des OGM au grand public. Avec la volonté de Bayer d'acheter Monsanto, on peut penser que le digital les intéresse mais il y a aussi certainement un pas en avant dans la recherche OGM qui pour être valorisé a besoin d'une génétique de base de qualité. Le fait que quelques OGM soient dépassés ne doit pas mettre en échec l'évolution de cette technique car on sait bien que ce sont des recherches de 3ème ou 4ème génération qui feront toute la valeur des OGM. En tout état de cause, on va vers une agriculture de masse ( et c'est la plus importante a terme pour pouvoir nourrir bientôt plus de 10milliards d'habitants) mieux contrôlée car économiquement plus rentable. C'est un espoir fantastique. Que certains chercheurs dans des pays où les rendements sont faibles discutent des bienfaits de telle ou telle technique, est logique puisqu'ils démarrent un processus d'optimisation ou parfois des techniques de base simples apportent déjà un grand pas en avant.

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@icara92

17/09/2016 09h43 - @icara92

Oui à l'innovation (digitale...) en... agroecologie, agroforesterie pour nourrir 10 milliards d'habitants en réhabilitant ou conservant ou intensifiant le potentiel de fertilité immense du sol de notre planète (grâce entre autre aux auxiliaires du paysan : les vers de terre). Voir par exemple : le film "DEMAIN" (Melanie Laurent et Cyrille Dion), "Les moissons du futur" de Marie-Monique Robin ou encore le rapport de Olivier de Schutter, Rapporteur spécial de l'ONU sur le droit à l'alimentation http://www.srfood.org/fr/agroecologie

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Gayet

14/11/2016 23h16 - Gayet

De mon point de vue les techniques agricoles développées par Monsanto ne sont pas pérennes et ne permettront pas de nourrir 10 Mds d'être humain. Pourquoi ? Parce que l'usage intensif de la monoculture et des pesticides appauvrissent les sols et donc les rendements à long terme ! D'après le Data Gueule sur Monsanto on a autant augmenter notre productivité sans OGM en France qu'ils l'ont fait aux USA durant les 30 dernières années. De mon point de vue, il faut penser l'agriculture dans son histoire pour trouver la clé sur la manière de nourrir 10 Mds d'être humain. La première phase de l'agriculture est une doit augmenter la productivité par rapport à la main d'oeuvre employée car elle est parti à la guerre puis à l'usine. C'est la mécanisation et l'arrivée des pesticides et l'exode rural. La seconde phase de l'agriculture doit recherche la productivité par rapport à la surface cultivable. L'automatisation libère du temps de travail humain pour la terre. Il serait donc logique de retourner à un travail de la terre à la main avec peu de pesticide et la fin de la monoculture avec un exode urbain. C'est beaucoup plus productif de cultiver la terre à la main avec des techniques comme la culture alternée (tu peux produire même en hiver), le mix de cultures (pour éviter d'appauvrir les sols) ou la culture en butte (pour maximiser la surface au sol).

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