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Vers une French tech connexion ?

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À la pointe dans les objets connectés, les Français se positionnent aussi dans les technologies permettant de les connecter. Avec des arguments.

Vers une French tech connexion ?
Le projet Felin vise à développer une antenne 4?G sécurisée donnant accès à des services avancés. © crédit photo

Arrivée en force au Consummer Electronics Show (CES) à Las Vegas, en janvier, la french tech a fait un tel bruit médiatique qu’une annonce d’importance est passée inaperçue : la création de l’Alliance LoRa. Ce consortium doit promouvoir la technologie de communication radio longue portée et basse consommation LoRa (long range), développée par le français Cycleo, racheté en 2012 par l’américain Semtech. Il regroupe notamment les américains Cisco, IBM, Semtech et Microchip, mais aussi les français Actility, Eolane, Kerlink et Sagemcom. Objectif : standardiser et assurer l’interopérabilité des équipements et réseaux LoRa, destinée à l’internet des objets. Cette technologie comble, en termes de distance de transmission, le vide entre les technologies radio à courte portée (Wi-Fi, Bluetooth, ZigBee…) pour les objets connectés personnels ou dans la maison et celles des réseaux mobiles (LTE) pour la mobilité. « La promesse de LoRa, c’est de pouvoir faire de la géolocalisation dès 2016, avec des technologies de triangulation », avance Ulrich Rousseau, le fondateur de la start-up Wi6Labs, spécialisée dans l’intelligence énergétique. LoRa serait donc une alternative ouverte et interopérable avec une autre solution française, propriétaire, en plein déploiement : celle du toulousain Sigfox. « En termes de services, LoRa sera similaire à Sigfox, reconnaît Yannick Delibie, le cofondateur de Kerlink. La différence fondamentale est que LoRa repose sur un écosystème d’entreprises qui développent des solutions de services, d’infrastructure et des objets ouverts. » Y compris des opérateurs télécoms, comme Bouygues Telecom, qui devrait déployer la technologie LoRa sur son réseau dès cette année. De quoi se positionner sur le marché très convoité de la télémétrie. Mais LoRa va devoir rapidement publier les spécifications d’interopérabilité et de géolocalisation (pour, par exemple, localiser des palettes) promises pour séduire le marché, car Sigfox étend sa toile à l’international. D’autant que Cisco, le seul autre concurrent sur ce segment, peine à s’imposer.

Une carte à jouer dans l’internet des objets

Sigfox, qui a déjà déployé un réseau physique en France, en Espagne, au Royaume-Uni, aux Pays-Bas, en Russie, et a obtenu l’autorisation de le faire aux États-Unis, vient de lever 100 millions d’euros. Un record. Il revendiquait déjà, fin 2014, un écosystème d’une cinquantaine de solutions, Sigfox Ready, développé par 36 partenaires technologiques, dont plusieurs fabricants de composants Sigfox. Cela représente un atout. « Aujourd’hui, Semtech est le seul fournisseur de composants LoRa, alors que l’on peut acheter des composants Sigfox chez plusieurs fabricants », observe Jean Prunet, le dirigeant fondateur de Myfox, spécialiste toulousain des objets de sécurité pour la maison. L’indépendance vis-à-vis des fournisseurs ou des détenteurs de licences, joue un rôle clé dans le choix d’une technologie, car elle influe directement sur son coût.

Les capacités d’interopérabilité, de géolocalisation et de sécurité sont, elles aussi, déterminantes. Là encore, des acteurs français comptent bien avancer leurs pions. C’est le cas notamment de Parrot, Sequans, Acco, Qualtera, Presto Engineering et Virtual Open Systems, qui travaillent avec des laboratoires publics au développement d’une antenne 4 G (LTE) intelligente pour la voiture connectée, dans le programme Felin [lire ci-contre]. « Un autre groupe d’entreprises travaille également sur l’authentification des communications entre les véhicules et avec les bords de routes, explique Paul Labrogère, le directeur technologies et outils de SystemX. On le fait avec des technologies non cellulaires, comme le Wi-Fi ad hoc [standard IEEE 802.11p, connu sous le nom Wave]. »

Si les Français ont une carte à jouer dans l’internet des objets et la route connectée, en revanche, pour les objets personnels et la maison intelligente, ce sont les géants de l’électronique et du numérique américains et asiatiques qui mènent la danse. Car les fabricants d’objets connectés restent très pragmatiques dans leurs choix technologiques. « Pour les objets connectés, on utilise du Wi-Fi et du Bluetooth, parce que ce sont les seuls standards que le consommateur comprend. Le jour où la marque Sigfox sera un argument de vente dans tous les pays européens, on sera client », résume Fred Potter, le dirigeant et fondateur de Netatmo, fabricant d’objets connectés pour la maison. Le Bluetooth low energy s’étant imposé pour communiquer entre les objets et les smartphones, et le Wi-Fi avec les passerelles ou les box internet, seule la partie radio entre les objets et les passerelles propriétaires dépend du choix des fabricants. Ceux-ci peuvent opter pour le Zigbee (retenu par Philips, Schneider Electric et Bosch), le Z-Wave et autres EnOcean. Mais le nouveau format Thread, poussé par Nest (Google), Samsung, Freescale, Tyco, ARM et Somfy, pourrait devenir un standard pour la maison connectée. « Avec Thread, n’importe quel objet aura son adresse IPV6 et pourra transporter l’information d’un autre objet même s’il ne le connaît pas », explique Jean Prunet de MyFox, qui a rejoint le consortium. Reste qu’en matière de standard, rien n’est jamais gagné. Et Thread aura forcément des concurrents.

Une antenne 4 G intelligente pour la voiture connectée

Emmenés par Parrot, dix industriels français se sont lancés dans le développement d’une antenne intelligente 4 G pour la voiture connectée. Le projet collaboratif Felin (Futur équipement LTE intégré avec virtualisation) a débuté en novembre 2014 et doit durer trente-six mois. Il est doté d’un budget global de 56 millions d’euros, financé à hauteur de 23 millions par Bpifrance. Il vise à combiner dans un module d’antenne, non seulement la connexion à internet en 4 G, mais aussi la réception radio FM, AM, TNT (télévision numérique terrestre) et RNT (radio numérique terrestre). Sécurisé, il permettra également de connecter les smartphones des passagers mais aussi d’autres organes du véhicule pour accéder à des services avancés, comme l’aide à la conduite, le contrôle moteur, les mises à jour systèmes… « Cela nécessite une approche système. C’est l’IRT SystemX, qui fait le lien avec les constructeurs automobiles », explique Paul Labrogère, le directeur technologies & outils de SystemX. ??

Huit standards pour connecter les objets
 

LTE-MTC, La mobilité sans limites

Débit : Jusqu’à 2 Mbit/s

Portée :  Illimitée

Cibles : Voitures, trains, engins de BTP…

Standard du consortium 3GPP. Version optimisée en débit, consommation et coût de la 4 G, au standard LTE pour l’internet des objets. En France, elle est développée par Sequans.


Bluetooth Low energy, Pour les objets portés sur soi

Débit : 1 Mbit/s

Portée : 10 m

Cibles : Appareils fonctionnant avec pile

Le Bluetooth 4.0 réduit la consommation d’énergie par cinq par rapport aux versions les plus sobres.


SigFox, La connectivité cellulaire à bas débit

Débit : 1 Kbit/s

Portée : 40 km

Cibles : Compteurs, affichage, capteurs agricoles…

Variante à ultra-bas débit, basse consommation et faible coût des réseaux cellulaires mobiles, développée par le français Sigfox.


Wi-Fi, Le réseau local d’objets

Débit : Jusqu’à 5 Gbit/s

Portée : 300 m

Cibles : Objets à l’intérieur d’une maison, d’un bureau ou d’un atelier

Standard de l’IEEE avec plusieurs déclinaisons pour différents débits.


CPL à bande étroite, Via le réseau électrique 

Débit : Jusqu’à 500 Kbit/s

Portée : 300 m

Cibles : Compteurs, électroménager…

Standard de l’IEEE. Version à bas débit des courants porteurs en ligne qui exploitent les réseaux électriques existants pour la transmission des données.


ZigBee, Pour réseau maillé

Débit : 20 à 250 Kbit/s

Portée : 100 m

Cibles : Réseaux de capteurs dans le bâtiment, les ateliers…

Alternative économique et bas débit au Bluetooth, qui fonctionne en réseau maillé.

 

LoRa, La longue portée sobre

Débit : Jusqu’à 50 Kbit/s

Portée : 15 km

Cibles : Compteurs, gestion de wagons, suivi de conteneurs...

Cette technologie d’origine française combine longue portée, faible consommation et bas coût.


ISA 100, Le sans-fil industriel

Débit : 200 Kbit/s

Portée : 100 m

Cibles : Automatismes, capteurs et équipements de surveillance…

Une déclinaison de ZigBee, spécialement optimisée pour l’internet des objets industriels.

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