Couverture, business model… Quatre chiffres clés sur la 5G en France

Moins de 10% de la population française est couverte par la 5G en fréquence 3,5 GHz, rapporte Ericsson. Un pourcentage très faible, et ce même alors que l'Europe dans son ensemble est à la traine. A l'inverse, la Corée du Sud est en tête au niveau mondial puisque 95% de sa population est couverte. Les opérateurs européens peuvent donc regarder du côté de l'Amérique du Nord et de l'Asie les différents business model mis en place. Si en Asie la tendance est aux abonnements, aux Etats-Unis les opérateurs cherchent à convaincre en offrant de nouveaux services avec les forfaits 5G.

Couverture, business model… Quatre chiffres clés sur la 5G en France © Ericsson

A l'occasion de l'Ericsson Day, qui se tient le 5 octobre 2021, l'équipementier télécoms suédois publie une étude sur la 5G. Il en ressort un retard caractéristique de l'adoption de la technologie sur le Vieux Continent, comme ce fut le cas pour la 4G. "L'Europe est en retard", constate Franck Bouétard, PDG d'Ericsson France. Il ajoute toutefois que "la France est dans peloton de tête en Europe".

Niveau déploiement, la Corée du Sud et les Etats-Unis semblent bien partis. Une avance qui permet notamment aux industriels de réfléchir aux cas d'usages et d'expérimenter des innovations en lien avec les promesses technologiques de ce nouveau réseau (très haut débit, interconnexion massives d'objets, délai de latence ultra-faible, meilleure sécurité, network slicing, etc.)

quatre chiffres sur la 5G

Moins de 10% de la population française est couverte en 5G à 3,5 GHz et moins de 8% des antennes-relais ont été migrées sur cette 5G à 3,5 GHz 2 millions de français pourraient passer à la 5G d'ici au 1er semestre 2022 comme 24% des utilisateurs possèdent déjà un smartphone 5G En Corée, 95% de la population est couverte en 5G 3,5 Ghz et 55% du trafic transit sur ce réseau 25 % de la population mondiale sera couverte d'ici fin 2021

Evidemment, ce nouveau standard de télécommunication profite à Ericsson, qui vend des émetteurs radioélectriques, des cœurs de réseau et des solutions cloud. L'équipementier prêche donc sans surprise pour une adoption rapide et massive de ces technologies. Et ce d'autant plus qu'il profite de la débâcle de son concurrent chinois Huawei, accusé d'espionnage par plusieurs nations, pour signer un nombre important de contrats. Le Suédois assure participer à 47 des 97 réseaux commerciaux 5G déployés à travers le monde.

Quel business model pour les opérateurs ?
Pour l'instant, deux stratégies de monétisation de ces réseaux se mettent en place, relève Ericsson. Aux Etats-Unis, les opérateurs proposent des services et applications gratuits avec les abonnements 5G ou avec un abonnement premium. L'idée est de convaincre les clients de souscrire à ces forfaits et de promouvoir cette nouvelle technologie. A l'inverse, en Asie et plus particulièrement en Corée du Sud, les opérateurs monétisent ces applications et services. Par exemple, des abonnements facturés au temps passé sur une plateforme voient le jour pour les services de cloud gaming.

Les secteurs de la réalité augmentée, de la vidéo volumétrique et du cloud gaming pourraient tirer leur épingle du jeu avec l'émergence de ces réseaux 5G. A terme, "l'appareil pourra devenir un simple terminal et les capacités de calcul seront dans le cloud", commente même Jasmeet Sethi, directeur du Consumer Lab d'Ericsson. L'entreprise suédoise pense que des objets plus avancés verront le jour grâce à ce réseau (comme des lunettes connectées) et imagine également des débouchés dans le sport qui permettraient d'immerger les spectateurs au cœur d'un match si l'ensemble des joueurs portent une caméra 5G.