Graphcore lève 222 millions de dollars pour accélérer le développement de ses IPU à l’international

Levée de fonds La société britannique Graphcore, qui a mis au point un nouveau type de microprocesseur conçu pour soutenir des charges de travail liées à l'intelligence artificielle baptisé IPU, doit accélérer à l’international et en R&D.

Nigel Toon © Piranha Photography

Graphcore a annoncé mardi 29 décembre avoir levé 222 millions de dollars dans un tour de table en série E. La levée est menée par le Conseil du régime de retraite des enseignantes et des enseignants de l'Ontario (deuxième gestionnaire de fonds institutionnels ontarien au Canada) et complété par des fonds gérés par Fidelity International et Schroders (nouveaux investisseurs), avec le soutien d'investisseurs historiques. Parmi eux, Baillie Gifford et Draper Esprit.

Ces investissements portent le total des fonds levés par la société britannique à plus de 710 millions de dollars (avec un récent tour de table en février dernier). La société explique s'attendre à disposer de plus de 440 millions de dollars de liquidités à l'issue de la clôture pour soutenir sa croissance à venir. Ils portent sa valorisation à 2,77 milliards de dollars.

Ces investissements doivent permettre à Graphcore de poursuivre le développement à l'international et d'accélérer la R&D sur le silicium, les systèmes et les logiciels des futurs IPU.

Deux produits IPU Mk2 disponibles
Créée en 2016 à Bristol par Simon Knowles et Nigel Toon (cofondateurs d’Icera, acquise par Nvidia en 2011), Graphcore a mis au point une unité de traitement de l'intelligence, baptisée Intelligence Processing Unit ou IPU. Ce nouveau type de microprocesseur est spécifiquement conçu pour soutenir des charges de travail liées à l'intelligence artificielle et "surpasse de loin les processeurs conventionnels et notamment les unités de traitement graphique (GPU)", résume Nigel Toon, son dirigeant.

Deux produits IPU Mk2 sont déjà disponibles. Le IPU-M2000, un blade 1U de centre de données, bâti autour de quatre processeurs Colossus GC200 IPU de Graphcore et capable de fournir une puissance de calcul IA de un pétaflop, et l’IPU-POD64 de Graphcore, dédié aux déploiements à grande échelle, qui permet de faire fonctionner de très grands modèles sur 64 processeurs IPU en parallèle, ou de partager la même ressource informatique entre de multiples utilisateurs et tâches. Pour les calculs exaflopiques, jusqu'à 64 000 IPU peuvent être reliés dans des configurations IPU-POD.

Choisie par Microsoft
La jeune pousse, qui propose une gamme d'outils logiciels conçus pour les besoins des développeurs d'intelligence artificielle (IA), compte tirer parti de la puissance de calcul IA dans les centres de données, tirée par le déploiement mondial du cloud et de la 5G. Ses puces ont été choisies en 2019 par Microsoft – qui a également investi dans la start-up – pour sa plateforme cloud Azure.

La concurrence est néanmoins très forte avec Intel, Nvidia mais aussi Amazon, qui vient de lancer Trainium, un puce conçue en interne et dédiée à l'entraînement de modèles de machine learning, ainsi que Google, qui s'apprête à sortir sa 4e génération de puces, dont les performances doubleraient par rapport aux TPU actuels.