Le Britannique Ocado lève 1,11 milliard d'euros pour conquérir le marché de l'automatisation logistique

Levée de fonds Ocado a annoncé jeudi 11 juin un nouveau cycle de financement s'élevant à un milliard de livres sterling. La société britannique, spécialiste de l'automatisation logistique, veut s’imposer comme un partenaire incontournable des retailers en phase de transformation digitale.

Le Britannique Ocado lève 1,11 milliard d'euros pour conquérir le marché de l'automatisation logistique © Ocado

Après une période d’incertitude économique, les entreprises parviennent progressivement à remobiliser des ressources financières. C’est le cas du retail notamment, où les investissements sont particulièrement généreux pour accompagner la croissance brutale de l’e-commerce dans de nombreux pays. L'entreprise Ocado a ainsi confirmé jeudi 11 juin avoir bouclé un tour de table s’élevant à un milliard de livres sterling, soit 1,11 milliard d’euros. Historiquement un supermarché en ligne, Ocado connaît un succès redoutable aujourd'hui grâce à sa technologie d'entrepôt robotisé qu'elle vend aux e-commerçants.

Conformément à ce qu’elle avait annoncé il y a quelques jours, la société a partagé ce financement en deux parties : 657 millions de livres sterling en placement en actions auprès d'investisseurs institutionnels et de détail, complétés par 350 millions de livres sous la forme d’un emprunt via une émission d’obligations convertibles. Ces fonds seront utilisés pour augmenter l’ampleur des partenariats existants – Ocado s’est allié avec Kroger aux Etats-Unis, Casino en France, Marks & Spencer et Morrisons au Royaume-Uni ou encore Aeon au Japon – développer les sites logistiques et accélérer le déploiement de ses robots d’entrepôts.

6 minutes pour préparer une commande de 50 articles

Le contexte apparaît plutôt favorable pour les entreprises technologiques liées pour tout ou partie à l’e-commerce. La crise du Covid-19 a entraîné une augmentation inédite des commandes en ligne, notamment pour les distributeurs et spécialistes alimentaires. Le confinement, la fermeture de certains commerces et les règles de distanciations sociale qui s’appliquent désormais ont initié des changements dans les comportements d’achat des consommateurs.

Ocado estime à raison que ces changements sont pérennes, ce qui explique le montant élevé de cette levée de fonds. Pour Tim Steiner, fondateur et dirigeant de l’entreprise, "la crise actuelle se révèle être le catalyseur d’une accélération permanente et significative qui [selon nous] redessinera l'industrie alimentaire mondiale". Créé en 2000, Ocado est particulièrement exposé par ces changements, car il est progressivement devenu un expert de la logistique au travers d’entrepôts ultra-robotisés. Selon lui, six minutes suffisent à préparer une commande d'une cinquantaine d'articles.

Un savoir-faire qu’il a réussi à vendre à certains distributeurs traditionnels soucieux de rattraper leur retard sur le digital. En France, c’est le Groupe Casino qui lui a fait confiance pour son entrepôt de 36 000 m², situé à Fleury-Mérogis, et opérationnel ce mois de juin. Au Royaume-Uni, l’alliance avec Marks & Spencer a pris la forme d’une coentreprise. Pour ces distributeurs, l’enjeu est également de ne pas perdre la bataille de l’e-commerce face à Amazon bien que les résultats de la firme de Seattle soient encore bien en-deçà de ses attentes sur l’alimentaire, même aux Etats-Unis.

Seule ombre au tableau pour Ocado, et non des moindres : il ne sera pas rentable avant 2024, selon un rapport de S&P Global Market Intelligence. Une pression non négligeable en sachant qu'il emploie plus de 15 000 personnes, principalement au Royaume-Uni.