Monnaie numérique de banque centrale : Le G7 s'accorde sur des lignes directrices

Le G7 et leurs banques centrales ont publié une série de recommandations pour la mise en œuvre des monnaies numériques de banques centrales. L'objectif est de soutenir l'innovation dans ce secteur tout en évitant la déstabilisation du système monétaire et financier.  

Monnaie numérique de banque centrale : Le G7 s'accorde sur des lignes directrices © Unsplash

Les ministres des Finances du G7 – qui regroupe Allemagne, Canada, États-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni – et leurs banques centrales se sont accordés sur un cadre autour des monnaies numériques de banques centrales (MNBC), peut-on lire dans un communiqué publié ce jeudi 14 octobre 2021.

Pour rappel, à la différence d'une cryptomonnaie qui s'échange de pair à pair en dehors d'un système centralisé, une monnaie numérique de banque centrale n'est qu'une représentation virtuelle d'une monnaie fiduciaire pilotée par ladite banque centrale.


Des avantages mais des risques
"L'innovation dans la monnaie et les paiements numériques a le potentiel d'apporter des avantages significatifs, mais soulève aussi d'importantes questions de politique publique et de réglementation", écrit le Royaume-Uni, pays qui préside le G7 en 2021. 

Dans son rapport, le G7 réaffirme l'importance pour les MNBC de ne pas "nuire à la capacité des banques centrales de remplir leurs fonctions de stabilité monétaire et financière". Il ajoute "qu'aucun projet mondial de 'stablecoin' ne devrait commencer à fonctionner tant qu'il ne répondra pas de manière adéquate aux exigences légales, réglementaires et de surveillance pertinentes".

Les MNBC doivent être résilientes aux cyberattaques
Des normes rigoureuses de confidentialité, de protection des données des utilisateurs et de transparence sur la façon avec laquelle les données seront sécurisées et utilisées sont essentielles, indique le G7 dans son rapport. Il en est de même pour la sécurité informatique : "tout écosystème de MNBC doit être sécurisé et résilient aux cybermenaces, à la fraude et aux autres risques opérationnels".

Par ailleurs, les systèmes de MNBC devront coexister avec les moyens de paiement existants et devront fonctionner dans un cadre ouvert, ajoutent les représentants des sept pays. Ainsi, les projets qui souhaitent recourir aux services d'acteurs privés – pour fournir des interfaces de paiement par exemple – doivent s'assurer que la transparence et la concurrence sont pleinement respectées. 

Les lignes directrices du G7 ne sont pas contraignantes. Mais elles pourront servir de référence pour de futures législations nationales, européennes ou internationales.

Plusieurs projets déjà lancés
Plusieurs projets de monnaies publiques sont en cours de test. Début mai, les Etats-Unis ont annoncé le lancement de cinq projets pilotes autour d'une MNBC. Financés par Accenture et chapeautés par la Digital Dollar Foundation, ils impliquent des sociétés financières, des retailers et des ONG. En juin, ce sont la Banque de France, son homologue suisse et la Banque des règlements internationaux (BRI) qui ont lancé le projet "Jura", dédié aux paiements transfrontaliers.

Le coup d'envoi du projet d'euro numérique a quant à lui été donné en juillet dernier. Une généralisation éventuelle n'aurait pas lieu avant 2026, mais c'est aujourd'hui que les décisions se prennent. Au Forum Fintech organisé cette semaine par l'AMF et l'ACPR, le président de l'Autorité des marchés financiers, Robert Ophèle, a déclaré qu'il était "urgent de passer à l'action" au sujet des MNBC.