En Corée du Sud, Google laisse les développeurs utiliser des systèmes de paiement alternatifs

Conformément à une nouvelle loi, Google permet désormais aux développeurs d'applications de proposer un système de paiement alternatif sur le Play Store en Corée du Sud. En revanche, ils n'échapperont pas à un prélèvement fixé à 11% à partir du 1er janvier 2022, précise la firme de Mountain View. Apple, également visé par cette législation, campe sur ses positions. 

En Corée du Sud, Google laisse les développeurs utiliser des systèmes de paiement alternatifs © Unsplash

Google annonce dans un billet de blog publié le 3 novembre 2021 que les développeurs peuvent désormais utiliser d'autres systèmes de paiement sur le Play Store en Corée du Sud. Des détails sur la mise en œuvre de ce changement doivent être publiés "dans les semaines et mois à venir".

Encadrer la monopole
Le Parlement sud-coréen a adopté le Telecommunications Business Act fin août 2021. Ce texte, entré en vigueur à la mi-septembre, interdit Google et Apple d'obliger les développeurs d'applications à utiliser uniquement leurs systèmes de paiement propriétaires. Ce faisant, ils échappent à la fameuse taxe de 30%  –  15% dans certains cas –  prélevée sur tous les revenus générés via les paiements depuis les smartphones leur permettant de toucher l'intégralité des revenus.

Mais il faut préciser que les systèmes de paiement alternatifs n'échapperont pas à tout prélèvement. En effet, Google prévoit une réduction de 4%. Par conséquent, les développeurs taxés à 30% le seront à 26% en utilisant un autre système de paiement et ceux à 15% seront prélevés à hauteur de 11%.

A noter qu'à partir du 1er janvier 2022, sur le Play Store, les applications fonctionnant sur un modèle d'abonnement seront soumises à un prélèvement de 15%, quel que soit leur chiffre d'affaires sur la plateforme et ce dès le premier euro. Les applis de vente de livres numériques, et de musique en streaming, pourront bénéficier d'un taux plancher de 10% à certaines conditions.

Apple tient tête à la Corée du Sud
Apple et Google étaient tenus de présenter leur plan de mise en conformité avec cette loi à la Commission coréenne des communications (KCC). C'est chose faite pour Google. Sans surprise, c'est plus compliqué du côté d'Apple qui tient tête au régulateur sud-coréen en affirmant que sa politique respecte déjà la nouvelle loi. Il a annoncé le 22 octobre 2021 que les développeurs pouvaient désormais informer leurs utilisateurs de l'existence de moyens de paiement alternatifs en dehors de l'App Store. A ceci près qu'ils ne peuvent pas le faire au sein de leur application directement mais par email ou via leur site web. 

Mais ce changement n'est pas suffisant d'après le KCC qui réclame un système offrant une plus grande flexibilité dans les méthodes de paiement, rapporte Reuters. Si Apple ne se soumet pas à cette injonction, il risque d'être condamné au paiement d'une amende, a averti l'autorité.