10 - Comme Creads, solliciter et valoriser une communauté

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Il n’est pas forcément besoin de développer un graphe complexe, à l’instar de Netflix, pour tirer parti de la puissance de la foule. Solliciter une communauté en lui lançant un défi ou en lui posant une question – ce qu’on appelle le crowdsourcing – est aussi très efficace pour innover ou résoudre un problème. Encore faut-il s’y atteler avec méthode et éthique. Comme l’a appris Creads, une start-up parisienne créée en 2008 (37 personnes, près de 2 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2013), qui fait appel à une communauté de designers graphiques (50 000 personnes référencées, dont 20 000 ont déjà participé à une compétition) pour répondre aux projets de communication visuelle de ses clients : logos, affiches, étiquettes...

L’idée à retenir : Pour s’appuyer durablement sur une communauté pour innover, il faut apprendre à la valoriser.

Le modèle consiste à ne rémunérer – à partir de 600 euros – que le projet retenu pour l’appel à projets et à ne défrayer que les finalistes (cinq ou six candidats par brief client sur une vingtaine en moyenne). Il n’est donc pas sans soulever les foudres des professionnels et de certains graphistes indépendants qui refusent de travailler pour rien. "Mais personne ne les oblige à participer. La plupart de nos designers sont des indépendants, non parisiens, isolés, qui travaillent de chez eux, et certains en complément d’une activité salariée. On leur donne accès à des briefs de grands comptes qu’ils n’auraient jamais vus", explique Ronan Pelloux, le cofondateur de Creads.

L’agence de communication participative a développé d’autres modèles de compétition où chaque participant présélectionné est rémunéré (100 euros). Elle permet aussi aux graphistes de se constituer un book professionnel et d’être repérés par d’éventuels clients. Mais tout comme les concours d’innovation auprès des étudiants, ces appels à la foule doivent être encadrés et respecter des règles. Car pour perdurer, il faut faire vivre et valoriser sa communauté. Les designers français sont ainsi très cotés à l’étranger, notamment par les clients japonais de Creads. Alors pas question de casser les prix ni de délocaliser la production, "comme le font la plupart des concurrents anglo-saxons, qui délocalisent jusqu’au Bangladesh, observe Ronan Pelloux. Avec d’autres agences françaises, comme eYeka, et même allemandes, nous souhaiterions développer un label de fair crowdsourcing." Des bonnes pratiques que les entreprises qui décident de louer la plate-forme de Creads pour leurs propres compétitions ou animation de communauté devront respecter.

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