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1200 postes menacés chez HP en France

Dans le cadre de son plan de transformation, le groupe informatique HP aurait identifié jusqu'à 1200 postes sur des métiers en déclin. Près de 420 d’entre eux pourraient disparaître d’ici fin 2016. Seront-ils remplacés par autant de postes sur des métiers d’avenir ? Pas si sûr.
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1200 postes menacés chez HP en France
1200 postes menacés chez HP en France © D.R.

La transformation de HP en France, lancée en janvier 2013 par son PDG Gérald Karsenti, entre dans le concret. Les 4800 salariés du groupe dans l’Hexagone commencent à être notifiés de leur situation d’emploi dans l’entreprise. D’ici à la fin de la semaine, certains d’entre eux vont apprendre que leurs postes sont menacés car ils se situent sur des métiers soit en décroissance, soit sensibles (pas encore en décroissance mais susceptibles de le devenir). Combien sont-ils? La direction, que nous avons sollicitée pour une interview, n'a pas encore répondu à notre demande. Les chiffres diffèrent d'un syndicat à l'autre. Ils vont de 800 postes selon la CFTC à 1200 selon la CFE-CGC. "Ces postes risquent d’être supprimés à plus ou moins long terme", craint Jean-Paul Vouiller, délégué CFTC.

Mais Christophe Hagenmuller, délégué CFE-CGC, se veut rassurant. "Ces 1200 postes n’ont pas vocation à disparaître totalement, estime-t-il. Du moins pas d’ici fin 2016. Au pire des cas, 419 d’entre eux pourraient être supprimés dans les deux ans et demi." HP dispose en effet d’un accord de Gpec (Gestion prévisionnelle de l’emploi et des compétences) signé le 6 juin 2014 par la direction et les syndicats CFTC, CFE-CGC, CFDT et Unsa. Cet accord limite la réduction annuelle d’emploi à 3,5 % de l’effectif, soit 150 postes par an. La direction a déjà lancé un PSE pour la suppression, d’ici octobre 2014, de 119 postes parmi les 700 en décroissance. "Elle pourrait enchaîner avec un PSE de 150 postes en 2015 et un autre de même nombre en 2016, pronostique Christophe Hagenmuller. C’est possible mais rien ne dit que ceci se fera."

Une cartographie annuelle des compétences et des postes

Depuis 2013, le groupe est engagé dans une série de plans de réduction de près de 50 000 emplois dans le monde d’ici à fin 2015. En France, Gérald Karsenti a fait le choix de jouer la carte de la transformation en lançant son plan stratégique Challenge 2017 qui vise à croître deux fois plus vite que le marché. L’accord Gpec, qu’il a réussi à arracher à quatre des cinq syndicats représentatifs (la CGT refuse de le signer), constitue la clé de voûte de son plan. "Il doit permettre la mise en place d’une gestion anticipative et préventive des ressources humaines, en fonction des contraintes de l’environnement économique et des choix stratégiques de l’entreprise, commente-t-il dans une réponse écrite à notre demande. Il va notamment s’agir de former et préparer les collaborateurs concernés à assumer de nouvelles responsabilités sur des secteurs en forte croissance tels que le cloud, le Big Data, la mobilité et la sécurité des systèmes d’information."

Comme les autres vétérans de l’informatique, HP est confronté à une grande mutation du marché qui l’oblige à adapter ses compétences et ses métiers. Jean-Paul Vouiller salue l’effort de l’entreprise pour aider les salariés à anticiper l’évolution de leur emploi. "La direction a fait un énorme travail de cartographie des métiers et des postes ", se félicite-t-il. Pas moins de 152 métiers ont été répertoriés et ventilés dans six catégories en fonction de l’évolution du marché : en décroissance (15 % des postes), sensibles (8 %), stables (64 %), en tension (2 %), en croissance (11 %) et émergents (1 %). Cette cartographie sera revue tous les ans. "Il est possible que des postes aujourd’hui sensibles deviennent demain en décroissance, explique le délégué CGE-CGC. Tout dépendra de l’évolution du marché." Les occupants de postes en décroissance disposent d’une panoplie de dispositifs dans l’accord Gpec pour anticiper leur évolution. Ils peuvent faire jouer la mobilité interne, moyennant une formation, vers des postes d’avenir, ou partir à l’extérieur dans le cadre d’un PSE comme celui en cours uniquement sur la base du volontariat.

Crainte de délocalisation

La suppression de postes en décroissance sera-t-elle compensée par la création de postes en tension, en croissance ou émergents ? Les syndicats s’interrogent. Certes, HP doit renforcer ses équipes dans le cloud, le Big Data, la mobilité et la cybersécurité. Rien que dans le cloud, il est prévu de doubler cette année les effectifs à 30 personnes. "Mais la direction refuse de s’engager sur un volume de création d’emploi, regrette Luc Randon, délégué CFDT. C’est le grand manque à l’accord Gpec."

De son côté, Christophe Hagenmuller suspecte la direction de vouloir délocaliser, d’une manière déguisée, l’emploi. "Ce n’est pas un hasard si les postes identifiés en décroissance sont à faible valeur ajoutée et peuvent être occupés à distance, commente-t-il. C’est qu’ils sont facilement délocalisables dans des pays à faibles coûts de main-d’œuvre comme la Roumanie, la Bulgarie ou même l’Espagne. C’est une réalité. HP dispose aujourd’hui d’une dizaine de hubs de services dans ces pays. Au détriment de la France considérée par le groupe comme un pays trop cher."

Ridha Loukil

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1 commentaire

CFTC HP
18/06/2014 14h35 - CFTC HP

Le titre ne correspond pas à l'article, à l'introduction de l'article et aux autres articles toujours valables Pas de suppressions d’emplois supplémentaires chez HP France Un plan social de 119 postes chez HP en France

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